Le mythe de la mère parfaite…

…et par opposition celui de la « mère normale ».

Sans entrer dans le débat sur la normalité, je pose simplement la question : « qu’est-ce que la normalité ? » D’un point de vue psychologique, c’est loin d’être une évidence.

D’après une définition concise :

Normalité, État, caractère de ce qui 
est conforme à la norme,
à ce qui est considéré comme l'état
normal.
Norme, Règle, principe, critère 
auquel se réfère
tout jugement : Se fonder sur la 
norme admise dans une société.
Normal,qui est conforme à une moyenne
considérée comme une norme,
qui n'a rien d'exceptionnel.

La mère normale aurait donc le don de passer totalement inaperçue, fondue dans la masse…ou bien si ça se trouve, elle n’existe pas. Elle semble conformiste, fidèle aux principes, aux règles et elle n’a rien d’exceptionnel, la pauvre… Autant chercher une aiguille dans une botte de foin.

Au tour de la perfection :

Perfection, État de quelqu'un, 
de quelque chose qui est 
parfait en son genre.

A priori, elle existe au pays de la Théorie. Dans la réalité, ça dépend bien de ce que chacun, chacune considère être parfait. LA nuance c’est la subjectivité. Ce qui est parfait pour moi, semble ne pas l’être chez ma voisine, ni chez ma sœur, par exemple.

C’est l’été, j’avais besoin de tongs pas chères, alors j’ai feuilleté le magazine qui allait avec :

Biba de juillet 2018

Il y a encore du chemin à parcourir pour sortir des clichés. Cela dit, c’est la manne de la presse féminine : le cliché, le préjugé, l’idée-reçue, le potin mondain etc. Sinon ça n’aurait rien de croustillant. Comme je lis ça à la plage, je trouve qu’il y a suffisamment de sable pour que ça grince croustille. C’est peut-être sur le ton de l’humour, même s’il n’y en a aucune mention.

Déjà que la femme parfaite est une connasse,  (je ne l’ai pas lu) j’imagine ce que peut représenter la mère parfaite dans l’imaginaire fantasmatique des gens. Il parait d’ailleurs qu’elle est une mytho. Logiquement, elle est irréelle. C’est une créature fantasmagorique.

Elle est affublée des pires qualités (mignon oxymoron), la pauvre. Si j’ai bien compris, un de ses attributs le plus épouvantable c’est l’organisation avec un exécrable soupçon de remise en question. Mince de mince, elle les aligne, c’est monstrueux. Elle a l’outrecuidance d’avoir une personnalité, des principes éducatifs, une libido de championne, une maitrise d’elle-même en société et des goûts personnels…et en plus elle est sobre…franchement quelle indécence. (Mode ironie activé)

Par curiosité, pour me situer dans la norme/perfection, j’ai entouré les phrases qui me correspondent à peu près, les autres sont hors de contexte me concernant. Résultat : soit je souffre d’une double personnalité, soit je suis parfaitement normale. Ironie truculente.

Cette page semble s’adresser aux lectrices normales, de fait je suppose que le « des autres », « nous » par opposition à « celles qui se la racontent », les englobe toutes. Quid des mères parfaites alors ? Ah, suis-je bête, elles ne lisent sûrement pas ce genre de magazines ! En plus, on parle d’elles dans leur dos. Cool. La lectrice normale donne dans la médisance. C’est vrai que c’est une norme chez Des femmes (vous noterez que j’ai évité d’écrire Les femmes).

Ce qui me surprend le plus sur cette page, c’est le manque cruel de contexte. ça balance comme ça, gratuitement. C’est aussi une norme chez des êtres humains. C’est même un sport national sur les réseaux sociaux. J’ignore qui se situe en tête du palmarès.

S’il fallait imager avec une figure existante la mère normale, je pencherai pour Florence Foresti (dans son spectacle Mother fucker, sûrement très inspiré de son quotidien) + sa parodie de Bref :

J’illustrerai la mère parfaite par Kate Middleton alias la duchesse de Cambridge, parfaite épouse du prince William et parfaite mère de George, Charlotte et Louis….Famille que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam, sauf ce que veulent en dire les médias.

Soyons honnête, nous sommes toutes un peu des deux. Aucune des mères que je connais ou que j’ai rencontré ne se situe dans une seule colonne. Quel est l’intérêt de se cracher dessus ? C’est usant ces sempiternelles géguerres entre sein et biberon, perfection et normalité, poussette et portage, gnagnagna… si nous pouvions éviter la guerre civile, ce serait chouette. Nous sommes des mères, point barre. (oui et des pères, évidemment. Cela dit le seul cliché que je connaisse est celui de « papa poule ». Je n’en ai jamais rencontré non plus.)

@jout : le pompon dans ce magazine ressemble assez à l’expression « c’est l’hôpital qui se fout de la charité » dans le sens où, une mère normale (comme nous, les autres) parvient difficilement à perdre le poids des grossesses, alors que dans ce magazine, soit il n’y a que des nullipares (non ce n’est pas une insulte) aux corps sublimes, soit les mères ont un corps parfait…cherchez l’erreur. Dans ce numéro, je n’ai vu aucune primipare enrobée de 4kg en trop, par grossesse. CF : la magnifique Natalie Portman en 4ème de couverture (on dit comme ça pour un magazine ?) avec 2 enfants à son actif. Aucun gramme en trop sur ses cuisses n’est visible. C’est sans aucun doute une mère parfaite ou retouchée, qui sait ?

Pour finir, une vidéo qui résume bien l’idée, si vous l’avez ratée : (je vais faire ma chieuse, mais porter « face au monde« , c’est mal.)

Semaine mondiale de l’allaitement 2018

Encore l’allaitement !!!!???

oui !!!!

C’est la Semaine mondiale de l’allaitement maternel 2018. Du 1 au 7 août.

C’est un sujet que j’aborde régulièrement et sur lequel j’échange volontiers sur Instagram (seul réseau qui a encore ma sympathie). Des réseauteurs expriment souvent une lassitude, un ras le bol d’en entendre parler tous les 4 matins. A grand renfort de  » y’a pas de quoi en faire des tonnes… » « On fait pas tout un foin du lait industriel ! » Bah si justement, mais c’est devenu normal, ça se voit moins. Ça se nomme : publicité… Achetez donc un magazine pour parents et constatez le nombre de pub pour préparations lactées…

{Ces réseauteurs sont libres de changer de lecture et de passer leur chemin. Tout comme ma plus grande intolérance est la fumée de cigarette : mon système respiratoire la hait, mais je ne perds plus mon temps à râler. Je cherche un autre endroit…

C’est le gêné qui s’en va, sauf quand la loi lui donne raison.}

Pour précision, la promotion de l’allaitement au sein a pour vocation d’informer et non de convaincre, ni de vendre quoi que ce soit. En effet, quand une mise au sein se déroule idéalement, il n’y a RIEN à acheter (rien en plus d’une alimentation équilibrée). C’est important de le signifier. De plus, je ne gagne rien non plus à rejoindre cette cause. Aucune mère d’ailleurs. Malgré les 80 € le litre de lait, cet or liquide nous rapporte 0€ puisque si nous le pouvons, nous devons le DONNER aux lactariums (en France).

Il faut savoir que mondialement, l’allaitement au sein recule. C’est loin d’être positif. La raison principale est le manque d’informations, la disparition d’une forme de transmission et la circulation d’idées fausses, surtout dans les pays dits « modernes ». Hélas ça se répand comme de la mauvaise graine dans les pays qui savaient faire, avant qu’on ne mette notre nez dedans. Les mères se sentent trop souvent isolées, épuisées, découragées. Elles abandonnent rapidement ou n’essaient même pas ce qui leur semble, de prime abord, compliqué et exténuant. Alors qu’il n’y a rien de plus simple, quand on est bien informée et accompagnée.

Récemment sur un réseau social, à l’occasion de la semaine de l’allaitement, j’ai lu le commentaire d’une maman quelque peu désabusée qui répondait à la publication d’une photo d’un livre traitant de l’allaitement dit long en Occident et du coallaitement (l’allaitement long expliqué à mon psy…) En résumé, elle ironisait en posant les questions suivantes :
« quel autre mammifère coallaite, et quel autre mammifère donne encore son lait quand son petit mange déjà comme un adulte ? ».

J’ai interprété cela comme un défi de prouver que l’être humain fait bien selon sa nature.
Quand je me pose des questions, je cherche systématiquement la réponse. Je me permets rarement d’énoncer des faits sans m’être un minimum informée. Ces questions m’ont parues pertinentes. Après recherches, voilà ce que j’ai trouvé pour ceux que ça intéresse de faire le parrallèle avec notre condition de mammifère.

« Tous les mammifères sont allaités dès leur naissance ; la période de sevrage et la composition du lait dépendent de l’espèce en question et de la vitesse de croissance des petits. Outre l’apport énergétique, le lait a pour fonction de réguler le système immunitaire du bébé et d’aider au développement du reste du corps. (Source : intra-science.com)

En coallaitement, j’ai trouvé :  » À la naissance, le bébé kangourou s’attache de façon permanente à une seule glande mammaire et y restera environ 100 jours. Si la mère kangourou a deux bébés d’âges différents, chaque glande mammaire produira un lait qui sera adapté à l’âge du bébé qui la tétera. »

Au sujet des petits qui diversifient leur alimentation et continuent de téter :  » L’éléphanteau tète le lait de sa mère activement pendant 2 ans. Vers l’âge de 4 ans, son alimentation est de plus en plus variée et il dépend déjà beaucoup moins du lait de sa mère. Il est habituellement complètement sevré à 5 ans. »

Sources: bienvivrelallaitement.allaitement-et-mammiferes/

C’était un petit tour d’horizon des mammifères les plus connus. Je suis sûre que si je continues de chercher, je trouverai d’autres données, notamment chez nos cousins les primates.

Petit macaque

Pour aller plus loin :

www.lllfrance.org/coallaitement

Pour en revenir aux idées reçues et tenaces, celle qui circule le plus et fait de gros ravages est celle du « pas assez de lait ».  C’est une terrible légende urbaine, un genre d’hoax qui persiste. C’est très rare de manquer de lait. Si la mise au sein démarre mal, il y a une multitudes de raisons qui feront croire à une insuffisance de lait or il ne s’agit quasiment jamais d’un manque mais d’un départ raté. Dû souvent à un mauvais positionnement du bébé et/ou de la mère et/ou un frein de langue et/ou d’un allaitement à heures fixes etc.

La Leche League laisse à disposition énormément de ressources sur le site internet. Il est aussi possible de les contacter pour des conseils et des informations précises.

C’est une cause qui me tient à coeur. Nourrir son bébé au sein n’a rien d’inné. Ça s’apprend. Pour apprendre, l’idéal est d’être entourée, d’observer d’autres mères et leur poser des questions. Transmettre est vital.

Lectures 7. Philosophie et essai politique

Ce mois-ci j’ai beaucoup lu pour moi. C’est une période estivale propice aux lectures légères mais pas que.

Je vous partage un coup de cœur qui a peu à voir avec la petite enfance, sauf le personnage principal   : une sorte de « petit prince » du 21ème siècle. J’ai trouvé ce livre apaisant et puissant.

Extrait :

"Je méditai un temps leurs paroles 
avant de murmurer :"Ainsi, dans 
le pays des hommes, certains 
décident pour d'autres de la 
conduite à suivre. 
Ça veut dire que ces autres
ne sont pas capables de 
se diriger eux mêmes."(p.66)

 

La lecture, petite enfance, du mois est un essai politique, d’une pertinence saisissante. Je découvre cet auteur avec gratitude. Jesper Juul est un grand monsieur et sûrement une belle personne. Peut-être qu’un jour la France s’en inspirera et par extension le monde entier…on peut rêver.

Pour répondre à la question du titre, je crierai un grand oui !! Est-ce bien le cas de tous nos politiques ? Se poser la question est légitime. Nous sommes finalement loin d’être soutenus dans cette démarche…que nous soyons professionnels du secteur médical, social ou petite enfance. Ce serait du déni de ne pas s’en rendre compte. A réfléchir sérieusement et rapidement, afin de passer à l’action.

Voulons-nous vraiment des enfants forts et en bonne santé ?

Extrait de la critique de culturemania :

"Le message de Jesper Juul 
(qui n'a rien à voir avec le rappeur,
non, non, non...)est clair : 
aujourd’hui le modèle éducatif, 
qu’il soit dans les foyers 
ou dans les écoles de l’état, 
ne permet pas aux enfants 
d’avoir une estime de soi 
assez solide pour être heureux 
et en bonne santé, et donc 
de construire une société
à cette image. Il rappelle
que le système scolaire  a été
pensé il y a des années et des
années et qu’il n’est plus
du tout adapté ni aux connaissances
que nous avons du développement
des enfants, ni à leur soif 
innée d’apprendre, 
ni au monde que beaucoup
d’entre nous veulent construire. 
Il dénonce les états d’Europe qui 
n’ont toujours par compris 
le lien entre la façon dont
la société traite
les enfants et le taux de
maladies psychosociales
en constante augmentation. 
Il souligne que ces mêmes états
s’inquiètent de la hausse 
des coûts de la santé et
des affaires sociales alors même
qu’ils ne prennent pas conscience
que ces coûts seraient 
ô combien diminués
si l’éducation, l’école et 
la prévention étaient de bonne qualité.

Je garde le contenu de ces deux lectures dans ma tête et mon cœur en étant sûre que ma pratique s’en imprègne déjà.  Je me contente de partager mes ressentis après lecture. Si ça donne envie, tant mieux.

Quelques passages :

Belles lectures d’été à toutes ET tous ! (Je vous épargne l’écriture inclusive, ça m’est illisible.)

La magicienne sans pouvoirs magiques

« Conte » (parce qu’il y a  une magicienne) inspiré d’une journée particulièrement folklorique.

Il était une fois une magicienne de la société occidentale moderne …
[Pour situer le contexte : c’était durant sa formation qu’elle a cru qu’elle apprenait la magie. Elle a pensé qu’elle pourrait se servir de toutes les solutions proposées et apprises au pays de la Théorie simplement en pointant sa baguette avec une jolie formule magique. Erreur de débutante. Ce qu’elle a constaté, c’est que la théorie ne sort, pour ainsi dire, jamais des frontières de son pays. Le crédo « en Théorie, tout se passe bien » est véridique, surtout parce qu’en Théorie, il ne se passe rien.
Elle a aussi appris à faire illusion, et encore quand ça fonctionne…l’illusion est un art très peu abordé en formation. C’est sur le terrain que ça se corse quand YakafaukON oblige à développer des stratégies d’illusionnistes. Illusionniste, c’est un autre métier, ça mérite d’être souligné.]

Après sa formation, elle a vite constaté que le pays de la Pratique était fort fort lointain, et surtout à des lieues de celui de la Théorie. Elle avait pourtant lu, dans tous ses livres de magie, qu’il était de l’autre côté du long fleuve tranquille de la Vie. Soi-disant sur l’autre rive. Il suffisait, naguère, de traverser à gué, puis sur un radier, puis sur une planche. Avec le temps la traversée s’est faite sur une passerelle, puis sur pont, puis sur un viaduc…vous aurez compris, les deux rives se sont complètement perdues de vue. Tous ces constats ne l’ont jamais empêchée de rester convaincue qu’elle était magicienne. Sortie diplômée de l’école des magiciens, à priori c’est normal. Tous ses collègues se sentaient prêts et motivés, comme elle.

…Au début de sa « carrière », elle se rendait à son travail, tous les jours, avec bonne humeur et légèreté, jusqu’au jour où elle se rendit compte que sa baguette n’avait aucun pouvoir. Rien, nada, queue dalle…Elle a d’abord pensé qu’elle (la baguette, pas la magicienne ; enfin, pas encore) était en panne. A tort. Finalement, à chaque fois qu’elle avait obtenu un résultat en l’utilisant, c’était simplement grâce à ses compétences professionnelles. Sans magie, aucune. Elle savait réfléchir et agir en fonction des situations simples et même complexes.

Quelle désillusion, tout de même, de posséder un outil inutile quoi qu’accessoirement très joli. Et en même temps, quelle révélation !

Il parait que pour tout problème il y a une solution et s’il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème. C’est bien joli, mais c’est complétement faux. Qui a pondu cette ineptie, au fait ? La magicienne a rencontré, en très peu de temps, des tas de problématiques sans aucune solution envisageable. Non par manque de recherches, de motivation ou d’une éventuelle absence de connaissances…non, non. Aucun « abracadabra » ne fonctionnait. Elle travaillait en équipe, elle n’était jamais seule. Les magiciens du 21ème siècle  travaillent en groupe. Personne ne trouvait de solution. Or il y avait immanquablement un problème, toujours. Elle a tenté l’illusionnisme, sans trop de succès, ça passe quelques temps et puis ça finit par s’effondrer avec pertes et fracas. Avait –elle seulement envie de faire illusion ? C’est comme une imposture de se faire passer pour quelqu’un d’autre. Elle s’y sentait obligée. Cest qu’il FAUT faire bonne figure dans la société occidentale moderne, sous peine de réprimandes.
Pour finir, elle a découvert, durant un long processus usant, une nuance stupéfiante. Il y avait un problème, car rien ni personne n’avait intérêt à ce qu’une solution soit trouvée. Aucun intérêt à ce que les choses changent. La magicienne se retrouvait face à un mur comme un bouclier anti-magie, avec tous ceux qu’elle accompagnait, bon an mal an, depuis des années. Il y avait le choix entre rester devant le mur et se lamenter ou le longer pour trouver une brèche ou faire demi-tour. Tout a été essayé. Chacun qui se retrouve devant ce mur, même avec de la magie sous le coude, décide de la suite des événements. Lorsqu’il y a une brèche, c’est seulement le début d’un parcours du combattant digne des 12 travaux d’Astérix et de l’obtention d’un papier chez les Vogons (cf : le guide du voyageur galactique)

Le laisser passer A38

Quelqu’un a dit un jour à la magicienne que la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Merci bien. Elle avait déjà
remarqué qu’un fleuve est surtout impétueux. Ainsi va la vie. Elle en a déduit que c’est plus simple de suivre le courant que d’essayer de le remonter, surtout à la nage (on n’est pas des saumons)… A chacun de prendre la décision de regagner la rive,
n’importe laquelle, avant de se noyer. Quand on est épuisé, on échoue là où le courant nous porte : Théorie ou Pratique.

La magicienne de ce conte occidental et moderne, s’est faite une raison. Elle tentera tout ce qu’il est impossible de faire sans baguette, grâce à la magie que peut apporter la Vie.

Parfois il y a une issue et s’il n’y en a pas il reste la possibilité de casser le mur. Les plus téméraires peuvent escalader le mur après y avoir fait pousser du lierre…et en s’armant de patience ! Ou alors il suffit de mener sa barque et de rester sur le fleuve à admirer les deux rives, quand on s’en approche. Accoster de temps à autre pour trouver de la nourriture. Mais en restant sur le fleuve, ça sert à quoi d’être une magicienne ? En plus sans pouvoirs magiques ?

Fin

Shrek

Loin de moi la prétention de me faire passer pour une conteuse. J’écris pour faire un peu de place dans mon cerveau, qui mouline sans arrêt. C’est presque thérapeutique. Je le partage car je lis énormément de textes qui me font du bien et que d’autres ont gentiment mis à disposition de tous sur le net.

Chèvrerie du bois d’Amon/Alpes-Maritimes

Sortie organisée par des collègues. Je les ai accompagné en tant que professionnelle. J’ai enfin repris une activité d’EJE et je suis enthousiaste ! Comme à chaque début de contrat. Celui-ci est à durée déterminée, par choix. Je n’en dirai pas plus, j’ai remarqué que trop en dire peut porter préjudice.

Je reviens sur le lieu de la sortie car j’ai trouvé le concept vraiment bien pensé et très agréable à vivre. C’est une ferme avec essentiellement des chèvres, mais aussi des chevaux, des poneys, des ânes, des vaches, quelques moutons et trois chiens de berger doux comme des agneaux mais hyper-vigilants. Édith et Pascal sont chevrière et chevrier diplômés.

La journée avec les familles s’est déroulée selon une journée-type proposée sur leur site internet, avec des aménagements selon le public accueilli. Les propriétaires s’adaptent avec facilité et avec le sourire. Ils sont à l’écoute, passionnés donc passionnants, pédagogues et le tout avec humour !

Nous avons commencé par une présentation des personnes, des lieux, des animaux et nous avons parcouru le domaine. Tous les animaux ont reçu notre visite et l’aide des volontaires pour le nettoyage, nourrissage et « câlinage ». Je ne suis pas experte en bien-être des animaux alors mon point de vue reste subjectif : j’ai trouvé les lieux bien entretenus et les animaux semblaient paisibles. Je n’ai ressenti aucun moment de stress durant notre présence sur place tout au long de la journée ; même quand un cheval  a profité de l’absence d’électricité dans les clôtures pour faire une escapade.

Le temps semble s’accélérer avec toutes ces tâches à accomplir auprès des animaux. Nous sommes vite arrivés à l’heure du pique-nique sans nous en rendre compte. La traite des chèvres était prévue dans la matinée. Elle a été reporté après le déjeuner pour le confort des enfants affamés. C’est que ça creuse de travailler à la ferme !

Édith et Pascal ont mangé avec nous. Ce qui a rendu le déjeuner convivial. A la fin du repas, les fromages nous ont été présentés et une dégustation a été proposée. Je serai encore partiale car j’apprécie beaucoup le fromage de chèvre mais comme tous les fromages, je les trouve très souvent trop salés. Les fromages qu’Édith fabriquent sont, sur ce point, parfaits à mon palais. Ils sont salés juste comme j’aime. Elle a confirmé que n’aimant pas le sel, elle en met à peine et ça se sent ! Les plus récalcitrants des enfants se sont laissés convaincre de goûter et ont aimé ! Réussite digne d’un exploit.  Elle nous a aussi présenté les savons de sa confection, au lait d’ânesse et de chèvre.

L’après-midi a débuté par la traite. Les enfants ont pu participer activement. La présentation était pédagogique, ludique et pratique. Quand l’enfant expérimente, il apprend. Le lait a été goûté et validé à l’unanimité. Pascal a expliqué que le moindre doute et la dégustation refusée par un chien de berger l’obligerait à jeter tout le lait de la traite. Les trayons sont donc inspectés un à un (en cas de blessure) et nettoyés. Le lait est ensuite filtré (poils des mamelles, paille etc). Toutes les étapes jusqu’à la fabrication du fromage ont été abordées. Édith a pris le relais pour qu’à notre tour, nous fabriquions du fromage… enfin les enfants, qui ont moins rechigné à mettre les mains dans le lait caillé. Chacun est reparti avec son petit fromage et son diplôme de fermier, tout fiers de la journée passée en plein air et dans la bonne humeur.

Petit bémol, notre journée était trop longue pour les plus jeunes (moins de 3 ans). Ils s’en sont donné à cœur joie. La fatigue s’est faite sentir dans l’après-midi, sans possibilité de repos autre que la poussette canne (refus catégorique) ou à bras, mais au bout d’un moment, ça fatigue l’adulte qui s’y colle. L’idéal aurait été d’avoir un porte-bébé physiologique. Ils se sont, quasiment, tous endormis dans le car pour le trajet du retour.

Tous ont dit être ravis de cette journée passée au soleil, dans un environnement naturel en compagnie de tous ces animaux. Je partage ce ressenti. C’est la vie d’être dehors, de s’occuper d’une manière complète : physiquement et mentalement. Et c’est sûrement gratifiant de profiter des résultats de son travail quotidien. Je recommande ce genre de sortie. C’est une belle échappée du quotidien, surtout pour des citadins en manque de nature. ça reconnecte à l’essentiel. Un grand merci à Édith et Pascal pour leur transmission !

-Qu’avez-vous préféré durant cette journée ? -le traaaaaaacteeeeeeur !

Lecture 6. Écoutez-moi grandir, Sophie Marinopoulos

  

Livre encensé par les pros de la petite enfance :

« On devrait le distribuer aux
parents dans les maternités, 
l’offrir aux jeunes diplômés 
des métiers de la Petite Enfance 
et le remettre aux nouvelles 
assistantes maternelles en même
temps que leur agrément. 
Ce livre est de santé publique ! 
(…)
On sourit beaucoup, on rit 
parfois, on opine, 
et surtout on réfléchit ! 
Ce petit ouvrage devrait trouver
sa place dans la bibliothèque 
de tous les pros ! Car son 
auteur a raison : « Ce livre, 
c’est de la prévention. Il parle
de santé psychique et 
d’éducation ». Ce qui est tout 
aussi important et essentiel 
que la santé physique, nous le
savons tous désormais. »

Mon avis est mitigé. Ce livre ne m’a rien appris, ni rien permis de mieux comprendre. J’ai apprécié le lire car le style est fluide et agréable. Jusqu’à la page 32, c’est un joli voyage dans le monde intra-utérin et les premiers moments de vie d’un petit d’homme. Dès la page 33, j’ai eu des difficultés à le lire, par manque d’attention et d’intérêt (l’intérêt est mon moteur, comme nombre d’entre nous)

En tant que mère, je le trouve léger et simpliste. En tant que pro, même s’il pose des bases, il reste succinct. En prime, il contient quelques jugements, à peine dissimulés bien que très bien emballés. Certaines idées amenées par Elisabeth, de la part de Mme Marinopoulos, me sont légèrement écœurantes, tout de même, surtout dans la « pensée » d’un nourrisson. Ça se veut « ouvert » mais je l’ai ressenti « fermé ».

A sa lecture, j’ai souvent tiqué. Bébé Elisabeth omet de préciser que chaque enfant va à son rythme puisque chacun est différent. Si nous naissions tous identiques en matière de tempérament, de caractère, de vécu in-utéro et de contexte de naissance, alors oui ce qu’elle dit pourrait s’appliquer à d’autres bébés, qu’elle appelle ses « collègues »…or c’est loin d’être le cas. J’aurai préféré que ce soit précisé, car je l’ai compris comme une généralité.

Au sujet du sommeil, j’ai rencontré des bébés [en fait, un seul en vrai. Je ne compte pas les bébés déjà résignés par un dressage à la « Ferber » ; à mon tour d’être subjective !! et un fictif : « Thomas n’a peur de rien »] qui aimaient dormir seuls, dans leur espace. Cela dit, c’est une minorité. Le contraire est plus largement répandu. Après avoir passé 9 mois « collé-serré » comme le dit bébé Elisabeth, être seul c’est compliqué.

Qu’elle décrète que peu importe le lait qu’elle boit, l’important c’est d’être nourrie. Évidemment nous sommes tous d’accord…le choix (parce qu’il existe) reste celui de la mère (en accord ou non avec le père) d’allaiter au sein ou au biberon. Je doute que ce soit judicieux de l’avoir ainsi exprimé. C’est très subjectif. Elisabeth aime les deux, le sein et le biberon (aucune précision sur ce qu’il y a dans le biberon). Pour le risque de confusion sein-tétine, c’est dommage. Si un sevrage est prévu, c’est déjà plus logique .

C’est un écueil de ce livre, il est sujet à interprétation.

Concernant les pleurs, pour un nourrisson, attendre est difficile, c’est observable chez la majorité des bébés. Elisabeth dit que ça lui arrive de pleurer pour pleurer, pour rien…enfin si j’ai bien compris. C’est une championne dans plusieurs catégories car elle aime être seule « pour un laps de temps raisonnable » dès ses premiers jours de vie…elle aime attendre, elle aime tous les laits (?) et elle accepte le biberon sans sourciller.

Le plus gênant (pour moi) sont les comparaisons de son « autonomie » avec celle de ses « collègues » et notamment de sa cousine. A côté, elle le dit « je suis un génie ». La cause du « retard » des autres est identifiée de manière trop ciblée comme étant un refus des adultes de les laisser grandir. Je constate qu’on pourrait penser, une fois de plus, que c’est la faute à… la mère !

Finalement, Elisabeth vit dans une famille presque idéale, comme il en existe peu, voire pas du tout : sa croissance est parfaite (sauf au début, elle prend peu de poids (encore cette obsession du poids ; alors qu’un nourrisson nourri au sein a une croissance différente d’un nourrisson nourri au lait en poudre). Ses parents ont quelques désaccords mais comprennent vite et rectifient parfaitement le tir. Ou alors s’agit-il d’une belle vitrine qui cache les coulisses de l’arrière-boutique ?

Faire parler un bébé, c’est original et touchant. Cela comporte le risque de penser que tout ce qui est relaté par ce charmant bébé concerne tous les bébés, toutes les mères, tous les pères etc.

Comme tout ce qui se dit au sujet de pratiques dites de « maternage », des propos peuvent être mal interprétés. Mes yeux d’EJE se sont écarquillés plusieurs fois pour retrouver leur taille normale quelques lignes ou pages plus loin…trop loin pour éviter les confusions, si j’avais été une jeune mère.

Préciser et même répéter que les ressentis d’Elisabeth n’appartiennent qu’à elle, m’aurait un peu plus rassurée quant à l’impact que peut avoir ce livre sur de jeunes parents déboussolés.

Le message à retenir demeure important en direction des adultes :

les parents savent, ils peuvent se faire confiance et surtout,

la croissance psychologique des bébés est tout aussi importante, sinon plus, que la physiologique.

Je suis bien contente de l’avoir emprunté dans une bibliothèque. Son court format m’a permis de le lire deux fois avant de le rendre, pour être sûre de mon avis. Il est resté incertain et le malaise ressenti à la première lecture n’a pas été dissipé à la seconde. Je suis loin de partager l’encensement de mes collègues du site « les professionnels de la petite enfance ». D’ailleurs j’ai du mal à le comprendre. Je m’en passerai facilement dans ma « carrière » et ma bibliothèque. Je suis allée lire d’autres avis et d’autres ont été déçus, comme moi.

Si vous l’avez lu, je serai curieuse de savoir ce que vous en avez pensé.

Lectures 5. Dans la peau d’un parent indigne, mais doté d’humour.

Je connais mal la Perfection, je n’y suis jamais allée. J’en ai une vague idée, tellement floue que souvent c’est comme un mirage. Je connais mieux la Théorie, le pays où tout est censé se passer bien, mais l’abîme le fossé à traverser est périlleux glissant. De toute façon, comme je réside au pays des Bisounours, mes ressentis sont un peu biaisés.

Ce blabla risque de surprendre. Certains se demanderont si je suis en train de basculer du côté obscur de la Force. Non, non, je suis simplement allée y faire un tour. C’est toujours constructif d’explorer la part d’ombre de l’humanité (et la sienne par la même occasion). ça l’est d’autant plus quand on parvient à en revenir.

Il s’agit d’Humour…plus subjectif que ça, y’a les Goûts et les Croyances. Ça ne devrait pourtant jamais virer au pugilat…L’Humour c’est un peu comme la Religion, on s’aperçoit vite qu’il y a des humours. Le rire était censé rassembler (il le fait. Sous forme de clans), mais voilà, comme les religions, il finit par diviser…bref, je m’égare.

J’avais lu, il y a quelques années, No Kid : Quarante raisons de ne pas avoir d’enfant. Dans mon souvenir, c’était drôle mais j’étais déjà mère. J’ai fini le livre sans être convaincue de me contenter d’un seul enfant.

Ce coup-ci j’en ai lu 4 d’un coup. Un genre de petite overdose d’humours.

Livre 1. Cocoricoooo. Même si son nom a des sonorités anglo-saxonnes, peut-être écossais ou irlandais, Marion McGuinness est française. En tous cas, elle vit en France. Je suivais sa page dédiée au blog Maxi best of Mcmaman sur Facebook. A l’époque (ok d’accord, c’était en 2013) je comprenais mal son humour. Et puis à cause de mon sens du détail, je me suis pris la tête… « Les enfants sont formidables » est paru en 2015 (oui je lis rarement les livres à leur parution). J’y ai lu les mêmes anachronismes. Donc, message personnel à Mme McGuiness :

"la DDASS s'appelle l'ASE 
depuis 1983 
(loi de décentralisation).

Aparté : l’humoriste la Bajon fait la même « erreur » dans son spectacle bidonnant « Vous couperez ».(Avec plaisir pour la découverte, elle me fait pleurer de rire.)

Et sinon, c'est plus juste 
de parler d'accueil 
petite enfance
que de garderie."

Ça reste un livre hilarant. Son style est agréable à lire. Difficile de ne pas se reconnaître en tant qu’enfant et/ou parent. Par contre, dire que l’enfant n’a aucun humour, je trouve que c’est injuste et inexact. J’en ai rencontré des centaines et ils ont bel et bien de l’humour. Un humour bien à eux. Un humour qui les rassemble (lui au moins !!). Sauf quelques rares exceptions ; j’en parle parce que je faisais partie, déjà enfant, de cette catégorie à ne rien comprendre à l’humour, pourtant dit « universel » du fameux, « pipi caca prout » ! Mon fils aîné n’a jamais compris non plus. Résultat, nous sommes passablement agacés par l’ardeur du Cadet à traverser cette période qui nous semble « intermilooooonnnngue ».

Livre 2. « Dors ! »La traduction française a gardé le niveau de grossièreté. Cela dit, j’exagère, pour beaucoup de gens, c’est du langage courant. Best-seller polémique Outre-Altantique…il y a 7 ans. Je n’en avais jamais entendu parler. C’est une réalité, le sommeil des enfants peut souvent virer au drame familial cauchemar. Écrire ou chanter est un exutoire et si ça fait rire tant mieux. Pour les curieux sur Europe 1.fr. Je le trouve moins drôle que « mange ! »

Livre 3. Dans la même veine, le titre sur l’alimentation et du fameux « mange ! ». Chez les enfants, c’est récurrent d’en parler. J’ai gagné le gros lot, mes deux fils ont joué sur les deux tableaux ! Miam miam. A leur décharge, j’ai fais suer mes parents, donc je paie. C’est sûrement la monnaie de ma pièce… de théâtre (une vraie comédie à table, d’après mon père). C’est mon préféré, surtout les illustrations.

Livre 4. Un guide au titre encore plus croustillant que celui pour embobiner son enfant. Dommage, je me suis ennuyée en le lisant. C’est le portrait en 7 profils, de la majorité des parents d’hier, d’aujourd’hui et de demain. J’y ai reconnu les miens et j’y ai constaté les conséquences. Finalement, le contenu est juste caustique. Peut-être, en avais-je déjà marre de ce type de lecture ? Au bout d’un moment, c’est devenu lassant. J’ai eu du mal à finir.

Comment traumatiser votre enfant…

C’était une parenthèse lecture amusante. Je cherche d’autres titres à présenter ici. Sans retours de lecteurs, c’est moins motivant, à vrai dire. Je pense que ce site me sert plus de carnet de bord que je partage. Tant pis pour l’interactivité.

Mange !

Lectures 4. Satomi Ichikawa

Pour avril, je lis plusieurs livres en rapport avec la petite enfance mais je n’ai aucune inspiration pour partager leur contenu.

Ce manque d’idées m’a donné  envie de changer un peu. Je préfère partager ce que m’inspire une autrice jeunesse japonaise.

Je n’ai jamais lu ni vu d’albums de cette autrice dans les EAJE où j’ai travaillé. Peut-être parce que ça semble s’adresser aux enfants de plus de 3 ans. C’est dommage comme restriction. Cadet a apprécié toutes les histoires dès ses 2 ans. J’ai entendu parler de Satomi Ichikawa dans une vidéo d’Amélie Blot de Famille épanouie.

Je ne me souviens plus quand les animaux humanisés ont commencé à m’agacer. Sûrement déjà avec l’aîné quand je regardais, avec lui, les zouzous. Autant je conçois que les animaux communiquent, que nous pouvons les comprendre et que les dessins animés nous proposent une traduction instantanée…autant les personnages comme Petit Ours brun, l’âne Trotro ou encore Tchoupi,  sortis de leur environnement réel et calqué sur un mode de vie complètement humain, bah ça me gonfle. Cadet de 4 ans croient qu’ils vivent vraiment comme nous…et pourtant je lui explique et je choisis des livres avec des personnages humains le plus souvent possible. Il a aussi vu des dessins animés tels que Zou, Pepa pig and co qui ont augmenté sa confusion. C’était temporaire mais ça l’a dérangé. Il demandait souvent pourquoi ces cochons ne vivent pas dans une porcherie, par exemple. Malgré mes explications sur le côté imaginaire de l’inventeur de ces personnages, il a eu des difficultés à faire la part des choses et beaucoup plus avant ses 4 ans.

Suite à la vidéo d’Amélie, j’ai trouvé plusieurs livres (11 titres) d’occasion de Satomi Ichikawa. Nous avons  agrandi notre bibliothèque d’histoires un peu plus réalistes pour cette période, très terre à terre, de Cadet.

Je n’ai rien contre le monde imaginaire, bien au contraire. J’observe néanmoins une période, chez l’enfant, pendant laquelle ça devient compliqué de s’identifier à  une tortue (Franklin/Benjamin) qui fait ses lacets alors qu’elle ne porte pas de chaussures…

C’est presque un défi à chaque fois que nous allons à la médiathèque pour trouver des livres qui racontent des histoires de petits d’hommes avec des préoccupations spécifiquement humaines.

Avec Satomi Ichikawa tout nous fait voyager : les lieux de ses histoires, ses textes, ses personnages et leur culture  et ses magnifiques illustrations. Elle nous transporte en Afrique, en Asie, en Amérique du sud…J’apprécie beaucoup et ça s’est transmis à mon fils surtout durant  sa période « réaliste ».

C’est important, à mon sens, d’être à l’écoute des envies et/ou des préoccupations des enfants concernant la lecture de contes et histoires. Ils vivent toutes sortes d’émotions et ils peuvent avoir besoin de s’identifier à des personnages qui vivent soit les mêmes, soit d’autres complètement différentes. Ça les rassure et ça leur ouvre des horizons culturels variés. D’après moi c’est un des objectifs de la littérature jeunesse. Le choix des histoires ne peut donc se focaliser sur un même genre, avec toujours les mêmes personnages.

Quels auteurs remportent du succès chez vous ou sur votre lieu de travail ?

Les sports d’hiver avec un 4 ans

Ça fait quelques jours que je suis à la montagne en famille. Ce matin, l’homme qui partage ma vie m’a dit « tu devrais écrire sur les sports d’hiver. Ton ressenti est unique mais sûrement partagé »… Il a utilisé d’autres mots, mais c’est ce que j’ai compris.

J’ai toujours aimé la montagne…en été. Ma première fois en hiver, c’était pour mes 30 ans. J’ai commencé par une semaine de cours de ski à l’ESF. Un calvaire pour moi. Je n’ai jamais eu aucun attrait ou intérêt pour les sports de glisse, encore moins en milieu hostile, froid. Pour accepter de débuter, j’ai fait un effort incommensurable et surtout je voulais savoir ce que mon fils aîné allait vivre… il l’a mieux vécu que moi et pourtant ses débuts ont été très compliqués  d’après notre entourage. J’ai su que je ne remettrai jamais plus mes pieds dans des chaussures de  torture ski dès que je les ai essayées. Je me suis mise en mode automatique à chaque cours pendant 5 jours. Ensuite je n’ai plus voulu en entendre parler. J’ai quand même essayé le snowboard quelques années plus tard. Étonnée et agréablement surprise, j’ai découvert  qu’éprouver du plaisir sur la neige était possible.

Tout ça pour dire qu’en tant que mère, je comprends mal que l’on inflige cet apprentissage aux jeunes enfants. Ça a été le cas pour mon fils aîné. On ne lui a pas trop expliqué ce qui l’attendait. Il avait 6 ans. Il a fini par apprécier le ski quand il a arrêté les cours collectifs, des années plus tard.

Le Cadet a demandé à skier dès ses 3 ans…alors à 4 ans, le voilà sur des skis et il adore ça. J’ai eu quelques réticences alors son père a choisi l’ESI…c’est une école de ski qui se veut moins « scolaire ». Et en effet,  c’est très très différent et assez bluffant car dès le premier jour il a pris le tire-fesse ! Les premiers temps, je regardais l’enclos des piou piou et je me disais qu’eux au moins ils étaient en sécurité, encadrés, même s’ils étaient 15. Avec Cadet ils étaient 6 pour le week-end de Pâques, puis ils ont été 3. Ils ont progressé à toute vitesse. En 3 jours, ils savent tourner, freiner et s’arrêter. Alors que j’ai galéré une semaine entière pour éviter de tomber. Ils s’éclatent déjà alors que je n’y ai pris aucun plaisir. Les enfants ont des ressources naturelles stupéfiantes. Je suis scotchée. Le moniteur est d’un calme olympien, un moine zen sur ski. Il est aussi super cool. Les enfants sont là pour s’amuser. Je n’ai jamais trouvé le ski amusant. Jamais.

Aujourd’hui encore quand je regarde les skieurs, je ne comprends pas. Toute cette énergie pour se préparer, enfiler, porter et surtout marcher avec tout cet attirail…monter, descendre, remonter, se les geler, redescendre, tomber… je suis ébahie par ce va et viens et ces files d’attente. Ça me dépasse.

J’accompagne ma famille pour profiter des paysages et du bon air. Les balades en raquettes m’ont réconciliées avec la montagne en hiver. Mes plus chouettes expériences ont été le snowboard sur de la poudreuse et une balade en chiens de traîneaux.

En tant qu’EJE, d’après mes observations et mon expérience sur le terrain en saison d’hiver, emmener des enfants de moins de 3 ans à la montagne en hiver, c’est éprouvant. On passe son temps à les habiller, les déshabiller, les rhabiller, les moucher, les consoler, les réchauffer, leur mettre de la crème solaire, leur remettre leur masque ou lunettes… Qu’ils soient en crèche ou chez les piou-piou, pour la plupart, ils pleurent, ils sont fatigués, ils ont froid, ils veulent rester avec leurs parents et ils ont faim… qu’ils apprécient ou non le ski ou la luge !

Peut-être que je suis câblée pour être à l’écoute du mal-être de mes contemporains, surtout celui des enfants. Peut-être que ma mission est d’ouvrir  les yeux de certains adultes sur ce que l’on exige des autres, en général. C’est ce que je vois en premier lieu, le malaise des uns et le déni des autres.

J’ignore s’il y a un âge idéal pour commencer un sport de glisse d’hiver. Je suis simplement convaincue que l’ENVIE de l’enfant ou de l’individu est essentielle pour que cela soit et reste un plaisir. Parce qu’on est d’accord que cela est un loisir ?! Par définition, un loisir est plaisant. L’enfant apprend si c’est amusant, sinon il subit. Les adultes choisissent déjà  énormément pour les enfants alors si on pouvait les laisser vivre parfois, ils nous en seront reconnaissant.

Avez-vous des expériences de sports d’hiver avec vos enfants ? Je serai ravie de les lire en commentaires.

 

Lecture 3. Comment embobiner votre enfant

"Ce sont malheureusement les 
choses les plus simples:
se laver, s’habiller,
manger, se coucher ou 
aller chez le médecin, 
qui provoquent les crises 
les plus courantes. 
Aux accès d’autorité 
ou aux crises de nerfs,
les deux auteurs proposent
l’alternative de transformer
le conflit en jeu, en ruse,
en secret ou en complicité,
afin d’obtenir plus ou moins
le résultat escompté dans 
un délai décent et sans aller 
jusqu’à la fessée… avec, 
pour l’enfant, la satisfaction 
d’obéir sans avoir l’air de céder !
Il n’est pas impossible même
que tous les protagonistes 
passent un bon moment à 
transformer le bain, le 
dîner ou le brossage des 
dents en moment de franche
rigolade !"

Après le continuum, j’avais besoin d’une lecture plus légère. Avec les 15 jours de vacances, j’ai moins lu.

J’ai retrouvé un livre acheté il y a des années, jamais lu. Je me souviens en avoir discuté avec Jérémy, EJE, sur Facebook. Il trouvait le titre peu engageant. C’est exactement le genre de titre qui attire mon attention comme « Sein ou biberon, choisis ton camp ! » Ça m’interpelle. Ça me donne envie d’y jeter un œil.

J’admets que la définition d’embobiner est peu flatteuse « (Figuré) (Populaire) Entortiller quelqu’un par des cajoleries ou des raisonnements captieux ; tromper. » C’est la traduction de « how to con your kid » to con=duper.

Les enfants méritent mieux que d’être trompés ou dupés.

J’ai été EJE aux 6/7 ans de mon fils aîné. Je n’ai jamais ressenti le besoin de l’embobiner. D’un tempérament proche du mien : calme en surface, introverti mais pouvant être sociable, compréhensif et patient en apparence, nous cohabitons avec aisance.

Pour le Cadet, c’est une autre paire de manches. De caractère opposé. J’ai l’impression d’avoir engendré un extra-terrestre…Déterminé, moteur,  jovial, bruyant, bon vivant. Il a choisi la colère comme moyen de communication extrême et s’en sert trop souvent à mon goût. Du coup, j’ai appris à ruser malgré moi. J’avoue , j’avais un peu pratiqué sur le terrain… en dernier recours avec des tempéraments… explosifs. Le but c’est d’éviter l’explosion, on est d’accord ? De l’enfant et accessoirement du parent. Pour cela, il s’agit d’apprendre à déminer, donc à identifier les déclencheurs, à les anticiper et enfin à les étouffer dans l’œuf. Je parle des explosions inutiles, celles pour un oui ou un non. Je pense qu’il y a des colères utiles, celles pour exprimer une émotion. Quand un enfant explose à chaque contrariété, c’est extrêmement fatigant pour l’enfant autant que pour l’adulte.

De prime abord, je me suis dit que les deux auteurs étaient un peu tarés, fadas à côté de la plaque. En fait, ils sont américains, culturellement largement plus détendus que les français. Ils adorent les félicitations « good boy/girl ; good job ! » alors que l’excès de félicitations a aussi son coté obscur. Je constate, aujourd’hui, que de nombreux adultes exigeraient presque une médaille à chaque passage du balai, linge étendu et autres exploits accomplis surtout pour les tâches ménagères !!! [Aparté : vivre en famille, c’est être partenaires les uns des autres et non des assistants qui mériteraient une prime pour leurs bons et loyaux services.]

Reste qu’obéir me semble  complètement inapproprié concernant le quotidien avec des enfants. Je galère moi-même avec l’éducation que j’ai reçue et qui m’a façonnée. Bien sûr, obtempérer et obéir illico presto en font partie. J’ai bien du mal à m’en dépêtrer. Pourtant je suis convaincue qu’un enfant n’a pas à obéir. Il participe. Il est sur Terre pour vivre et c’est l’adulte qui lui explique les règles du jeu pour rester en vie dans le respect des autres et de son environnement… Ah pardon, je confonds avec la vie au pays des Bisounours !

J’ai donc été agréablement surprise par la bienveillance, très présente, malgré le ton parfois décalé et l’utilisation d’un vocabulaire négatif : obéir (participer), idiot (farfelu), ruser (détourner l’attention) . Je suppose que c’est de l’humour parce que ça m’a, parfois, fait rire mais je ne suis pas une référence en la matière. A la lecture de ce livre, j’ai trouvé des astuces vraiment bien pensées et que je mettrais en pratique, tels que les espaces de coopération, les espaces neutres, la musique pour les tâches ménagères etc. D’autres sont du pur bon sens et gagneraient à être plus répandues comme cesser de forcer au bisou pour les bonjour et au revoir, apprendre à respirer pour se détendre etc. Quelques astuces me paraissent un peu tirées par les cheveux, comme gronder et punir « le meuble qui a fait mal ». J’ai quand même des réticences à mentir à mon enfant. Son imaginaire est suffisamment riche, inutile d’en rajouter une couche. Donc, non la crème solaire ne lui donnera aucun pouvoir magique !

Autre astuce positive : compter se fait sur le ton de la compétition envers soi-même (battre son propre record). Rien de menaçant à effectuer une fois que le parent a fini de compter jusqu’à 3 ou 10, par exemple. Les auteurs mettent un point d’honneur à ce que cela montre une notion du temps qui passe, sans punition à la clé.

Les thèmes qui m’intéressaient le plus se trouvent à la fin du livre. Disciplinée en lecture, je l’ai lu dans l’ordre. Arrivée au chapitre  des fameux repas et coucher, j’ai souvent écarquillé les yeux !

En intro, je cite « quand il est question de nourriture, les enfants sont fourbes« . Hum hum ! Selon la définition, c’est une performance très adulte, il me semble. Je comprends mal comment l’appétit, qui est, tout de même, absolument subjectif, pourrait rendre un enfant « sournois, vicieux, qui fait les choses dans le dos, qui arrive à ses fins par la tromperie ».

Plus loin : « c’est une mauvaise idée de manger devant la télé mais écouter de la musique pendant le repas convient tout à fait. Laissez votre enfant choisir ce qu’il a envie d’écouter. » Sur le principe, c’est assez évident mais concernant Cadet, si je lui demande son avis, nous écouterions AC/DC en permanence, donc non merci.

Je me rends compte que je mets en pratique plusieurs de leurs suggestions, comme faire participer son enfant à la préparation du repas. Hélas, ça ne change quasiment rien à la sélection alimentaire de Cadet. Il y a d’autres propositions qui m’ont bien fait rire, tellement j’imagine mal mon fils « se faire avoir » ainsi ! Par exemple, que je nomme les brocolis « bébés arbres », non seulement ça pourrait l’étonner, car ni les arbres ni les bébés ne se mangent, mais en plus, le goût restera le même, hein ! Au milieu de tous ces conseils farfelus, celui d’utiliser une marionnette me semble judicieux ; une sorte de médiation. J’ai aussi remarqué que des enfants changent complètement leur comportement quand une marionnette s’adresse à eux. Pour quelles raisons ? Mystère non élucidé. Par contre, proposer une cuillère du plat et une cuillère de glace/dessert, l’une après l’autre ou lire/raconter une histoire, ce sera sans moi. La conclusion du chapitre repas m’a rassurée « Ne faites pas du repas un combat. les enfants ne dépériront pas. » Au sujet du coucher, j’ai moins grincé des dents, c’est déjà plus sensé.

J’arrête ici de dévoiler le contenu du livre. C’est mieux de le lire. Je peux le prêter (j’ai gribouillé dedans, je le garde) si vous êtes dans le 06.