Version positive

L’aviez-vous remarqué ?

La négation envahit nos dialogues et nos lectures. Depuis que je fais cet effort de tourner mes phrases positivement (et en prime j’enrichis le vocabulaire de Cadet), je constate que le discours ambiant est farci de « ne pas ». Le cerveau (surtout celui des enfants) semble avoir quelques difficultés à traiter ce genre d’informations négatives. C’est Isabelle Filliozat qui aborde ce sujet dans « J’ai tout essayé!« .

C’est un exercice qui demande une attention particulière, quand la formule négative fait partie de notre vie de tous les jours.

Quelques pistes de Working Mama pour changer ses tournures du quotidien : ici.

J’entends déjà les réfractaires au changement : » encore une nouvelle mode! » Peut-être. C’est encore plus à la mode de déclarer que toute volonté de changer est une mode. Les prises de conscience ont cette faculté de naître toutes petites et de prendre une belle ampleur avec le temps. Il y a de la marge avant que le « ne pas » disparaisse. Inutile de fonder un club pour sa protection ! De toutes façons, des tournures négatives sont indispensables. Je remplace très peu le « je ne sais pas » à l’oral, sauf parfois par « mystère et boules de gomme » mais ça donne trop d’indices sur mon âge mental. A l’écrit, je préfère « je l’ignore ».

Ce qui m’agace le plus c’est quand quelqu’un demande : « tu ne veux pas ceci ou cela ? (pour le coup, mon cerveau n’entend que ca !!) Déjà la forme interrogative a disparu…Maintenant je réponds systématiquement « tu viens de décider pour moi. » Est-ce si compliqué de dire : « Veux-tu ceci ou cela ? »

Tout ça pour en revenir à une publication sur Instagram, dans laquelle je répondais que même quand je lis des histoires, je reformule.

Petit exemple d’un livre sur le pot que j’ai trouvé particulièrement inadapté aux enfants concernés, car plein de négation, de « il faut » et de « tu dois » ! Je précise que l’idée est à des lieues de plagier, hein. Inutile de me dénoncer auprès de la maison d’édition, je ne commercialise rien. Je l’utilise à des fins personnelles. Merci de votre tolérance.

Voilà l’idée : (quelques pages du livre « non ! je ne veux pas le pot » chez Fleurus.)

J’ai aussi converti toutes les phrases négatives des « Leo et Popi », mais chuuuuuut !

J’en ai profité pour transformer les félicitations par des encouragements. Est-ce un exploit de faire caca et pipi dans le pot ou les WC ? Pour ma part, j’exprime ma joie de voir mon enfant grandir mais je m’abstiens de lui décerner une médaille à chaque fois… J’encourage en cas d’échec, car oui l’échec fait partie de la vie. C’est l’échec qui permet d’affiner sa perception vers la réussite. Souvenons-nous de son acquisition de la marche, c’est le meilleur exemple : il tombe un nombre incalculable de fois et il se remet debout tout autant, sans hésiter.

Qu’en pensez-vous ? Avez-vous pris cette habitude ? Constatez-vous des changements ?

Dans ma pratique de mère et d’EJE, le constat est remarquable : je répète moins !!

Lecture 8. Puni-cagibi !

Le mois d’août a été tellement chaud que je n’ai eu aucun courage de finir un livre sérieux. Même à temps partiel, j’étais trop cuite pour finir la soirée avec un bouquin qui demande réflexion.

Récemment, j’ai reçu un livre jeunesse des années 90. La première fois que je l’ai vu, c’était en faisant un tri dans un tas de vieilleries pour vider la réserve d’un EAJE. Le titre m’avait consternée. Pour « rire » je l’avais lu à une collègue et je l’avais caché dans le tas de livres trop abîmés pour être entre les mains d’enfants de moins de 3 ans. Et puis, je l’ai oublié.

En faisant des recherches de livres d’occasion sur différents thèmes, je l’ai reconnu. J’ai voulu lire les commentaires sur le net. Ça m’a donné envie de l’acquérir. Tellement étonnée que les uns adorent et les autres détestent. Pour 2 francs six sous, le voilà dans ma petite collection (qui commence à s’agrandir, oups) !

En lisant, je me suis surprise à sourire. L’enfant de cette histoire est, comme la majorité des enfants, vraiment attachant, chiant, attachiant. Son imagination n’a aucune limite, sinon celles du cagibi. Ses idées pour s’y faire envoyer frôlent l’ingéniosité.

Comme il est fait mention ouvertement de ce qui se nomme Violence Éducative Ordinaire, en 2018, j’en profite pour blablater sur ce sujet sulfureux. C’est suffisamment grave, puisque ce pourrait être l’origine de plusieurs formes de violence, voire de la Violence tout court.

Simon se fait PUNIR par retrait dans une toute petite pièce sombre, un placard. Je doute que ce soit pour qu’il se calme et réfléchisse, c’est simplement une mise à l’écart. J’ignore son âge, il me semble jeune, il parle de manière compréhensible. Tout le long de l’histoire Simon est chez lui, avec ses parents. Entre ses parents et lui, il y a très peu de dialogues, à part « vilain garçon, puni-cagibi ! »

Les parents sauvent presque la mise en s’infligeant la même punition, de leur plein gré, mais Simon finit par les faire craquer. Cela dit, cet enfant est souvent seul. Qu’il soit envoyé dans le salon, la salle de bains ou les toilettes, il n’y aucun mots mis sur les actes et leurs conséquences, aucun accompagnement. Il est libre de faire les pires expériences possibles. Logique.

C’est ça qui est formidable dans les histoires, TOUT EST POSSIBLE mais s’il fallait préciser : TOUT EST IRRÉEL !

Je suppose que des enfants qui ont le temps de faire des « bêtises » aussi élaborées sont silencieux pendant un temps suffisamment suspect. Dans ma vie de mère, le silence est une alarme, autant que les cris. Au moindre doute, je bondis. Surtout à partir du moment où bébé/Chérubin se déplace. Je me souviens avoir visionné des vidéos des « pires bêtises » d’enfants et c’est difficile de garder son sérieux. Quand deux enfants se sont dessinés sur tout le corps et que leur papa essaie une tentative d’autorité alors qu’il est plié de rire, c’est communicatif ! Combien de temps il leur a fallut à ces deux chenapans pour être recouverts de feutre/peinture (j’ai oublié) des pieds à la tête ?!

Des bêtises ou des expériences ?

Junior bis a demandé à ce que je lui lise l’histoire deux fois. Il a fait peu de commentaires. Il a dit qu’à l’école il y avait des punitions mais à la maison « vous me puniez pas« . J’ai expliqué que nous préférions dialoguer, expliquer et lui demander de réparer quand c’est possible. A l’école, la menace c’est d’aller dans le bureau d’Untel…parce que c’est le directeur ? parce que c’est un homme ? Je me souviens, en EAJE, je proposais aux enfants (les plus grands) qui avaient atteint leur seuil de tolérance des temps collectifs, d’aller dans le bureau d’Unetelle, la directrice. J’expliquais que le trajet permettrait de se détendre et que je resterais avec lui ou elle pour discuter à 3. Jamais je ne parlais de punition. Au contraire, c’était une opportunité de sortir d’une émotion envahissante et de poser des mots. Ils finissaient par réclamer d’aller discuter avec Unetelle et moi dès qu’ils sentaient que c’était difficile pour eux.

En France, la punition est une valeur-sûre. C’est dommage et dommageable car la sanction est bien plus constructive. Ici ce qu’en dit Jean Epstein.

Punir un enfant de moins de 5 ans (immaturité du cerveau) s’avère comme pisser dans un violon et même pire puisque lourd de conséquences sur la construction identitaire, l’estime de soi et la confiance en les autres. Punir après 5 ans ne semble jamais porter de fruits que ceux de la rancœur. Personne ne pourra dire qu’il l’ignorait.

 

 

Quand je veux, je peux. Vraiment ?

⚠Blabla dans lequel je me la raconte encore plus que d’habitude. Bienvenue autour de mon nombril !

« Quand on veut, on peut » est un lieu commun qui m’horripile. Quand on PEUT, on veut, serait légèrement plus juste. J’ignorais pourquoi l’entendre m’exaspérait, jusqu’à ce qu’une collègue me corrige inlassablement :

« Arrête de dire « on ». C’est qui « on » ? « On » c’est un con ! » Le fameux YakafocON. J’ai fini par comprendre. Elle a raison. Pour qui se prend t-il « on » ?

ON, c’est le roi du réseau social. Il sait tout, il réussit tout et s’il y arrive, alors tout le monde peut y arriver. Le contexte ? Quel contexte ? La volonté suffit toujours pour y arriver. Tout le monde le sait. Les circonstances ? Quelles circonstances ? Les autres ne veulent pas ? On s’en fout, on peut quand même. Des obstacles ? Mais non ! On les contourne, on saute par dessus, on les évite, on leur fonce dans le lard ! La loi ? Quelle loi ? Go, go go !

« On » n’a aucun crédit et il se mêle pourtant de tout, sans y être invité.

Il est partout, à toutes les sauces :

–  » on a toujours fait comme ça ! » oui, et bien le changement, c’est maintenant et ça peut faire du bien. L’ouverture d’esprit n’est pas une fracture du crâne.

–  » on a toujours le choix », oui mais, c’est moi qui ai toujours le choix, même celui de ne pas faire de choix. « On », il ne sait rien de la situation.

– « on l’a toujours su » : ça c’est le pompon ! et pourquoi t’as rien dit « on », hein ?!!

–  » quand on aime, on a toujours 20 ans » etc. Ah, tiens, je demanderai à des seniors, par curiosité.

« Quand on veut, on peut », c’est un brin culpabilisant si jamais j’ai quelques difficultés à y arriver…mais qu’est-ce que je fais de travers, pourquoi je n’y arrive pas ? Tout le monde y arrive ! (FAUX). Pour en revenir à mon nombril, j’ai mis (asseyez-vous, c’est choquant ce que je m’apprête à révéler) 6 ans à obtenir mon permis B. 4 passages d’examen pour la conduite…pourtant je voulais, je voulais, je voulais mais je ne pouvais pas. Bigre, ma seule volonté était insuffisante. Mon porte-feuille était en alarme constante. La banque s’est mise à voir rouge…et je ne pouvais pas. Ma détermination était mise à rude épreuve. Avant que le code soit caduque, j’ai réussi ! Est-ce que j’ai tout d’un coup voulu, plus que les autres fois ? Qui peut savoir ? (A mon humble avis, l’inspecteur était juste conciliant ; les trois précédents ne voulaient pas.)

Nous savons pourtant que trop de stress est dangereux. ça nuit à la santé. Restons calmes.

Chi va piano, va sano,
va lontano.

Attention : rien à voir avec la Procrastination, dont je suis une fervente pratiquante. Je suis en master, j’arrive bientôt au doctorat. Je fais les choses quand je le sens, souvent, toujours au dernier moment. J’agis plus efficacement dans l’urgence pour les petites choses.

Donc, quand JE veux, je peux. Bah voyons. Dans mon quotidien personnel, il s’est avéré que pour y arriver, il fallait vraiment faire un grand grand détour. Alors oui, c’est possible, mais rarement dans l’immédiat, voire jamais. Quelle que soit notre détermination, quelle que soit notre quota de patience. Et puis, nous ne sommes jamais seuls, n’est-ce pas ? Alors si je veux mais que d’autres ne veulent pas ? « Comment qu’on fait, hein ? » Dans mon quotidien professionnel, c’est pire : quand c’est légal, nécessaire, vital, ça bloque…vive le système D. Sauf que la débrouille, ça va un temps. C’est loin d’être viable ad vitam æternam et l’impasse est au bout.

 

Tout vient à point à qui sait attendre ? Oui et non. Non, car sans un minimum d’action, « On » peut attendre longtemps. Oui, car, parfois, il n’y a qu’à attendre, ça peut se débloquer. Il y a des rouages qui sont hors de notre portée. Comme par miracle, quelqu’un passe par là et ça…….bouge !!!!

Bref, « on », c’est du vent.

Même dans la blague du phare à on, il fait un bide.

Et à vous, qu’est-ce qu’il vous inspire « on » ?

(allo, allo, y’a encore des lecteurs sur la toile ?)

Le mythe de la mère parfaite…

…et par opposition celui de la « mère normale ».

Sans entrer dans le débat sur la normalité, je pose simplement la question : « qu’est-ce que la normalité ? » D’un point de vue psychologique, c’est loin d’être une évidence.

D’après une définition concise :

Normalité, État, caractère de ce qui 
est conforme à la norme,
à ce qui est considéré comme l'état
normal.
Norme, Règle, principe, critère 
auquel se réfère
tout jugement : Se fonder sur la 
norme admise dans une société.
Normal,qui est conforme à une moyenne
considérée comme une norme,
qui n'a rien d'exceptionnel.

La mère normale aurait donc le don de passer totalement inaperçue, fondue dans la masse…ou bien si ça se trouve, elle n’existe pas. Elle semble conformiste, fidèle aux principes, aux règles et elle n’a rien d’exceptionnel, la pauvre… Autant chercher une aiguille dans une botte de foin.

Au tour de la perfection :

Perfection, État de quelqu'un, 
de quelque chose qui est 
parfait en son genre.

A priori, elle existe au pays de la Théorie. Dans la réalité, ça dépend bien de ce que chacun, chacune considère être parfait. LA nuance c’est la subjectivité. Ce qui est parfait pour moi, semble ne pas l’être chez ma voisine, ni chez ma sœur, par exemple.

C’est l’été, j’avais besoin de tongs pas chères, alors j’ai feuilleté le magazine qui allait avec :

Biba de juillet 2018

Il y a encore du chemin à parcourir pour sortir des clichés. Cela dit, c’est la manne de la presse féminine : le cliché, le préjugé, l’idée-reçue, le potin mondain etc. Sinon ça n’aurait rien de croustillant. Comme je lis ça à la plage, je trouve qu’il y a suffisamment de sable pour que ça grince croustille. C’est peut-être sur le ton de l’humour, même s’il n’y en a aucune mention.

Déjà que la femme parfaite est une connasse,  (je ne l’ai pas lu) j’imagine ce que peut représenter la mère parfaite dans l’imaginaire fantasmatique des gens. Il parait d’ailleurs qu’elle est une mytho. Logiquement, elle est irréelle. C’est une créature fantasmagorique.

Elle est affublée des pires qualités (mignon oxymoron), la pauvre. Si j’ai bien compris, un de ses attributs le plus épouvantable c’est l’organisation avec un exécrable soupçon de remise en question. Mince de mince, elle les aligne, c’est monstrueux. Elle a l’outrecuidance d’avoir une personnalité, des principes éducatifs, une libido de championne, une maitrise d’elle-même en société et des goûts personnels…et en plus elle est sobre…franchement quelle indécence. (Mode ironie activé)

Par curiosité, pour me situer dans la norme/perfection, j’ai entouré les phrases qui me correspondent à peu près, les autres sont hors de contexte me concernant. Résultat : soit je souffre d’une double personnalité, soit je suis parfaitement normale. Ironie truculente.

Cette page semble s’adresser aux lectrices normales, de fait je suppose que le « des autres », « nous » par opposition à « celles qui se la racontent », les englobe toutes. Quid des mères parfaites alors ? Ah, suis-je bête, elles ne lisent sûrement pas ce genre de magazines ! En plus, on parle d’elles dans leur dos. Cool. La lectrice normale donne dans la médisance. C’est vrai que c’est une norme chez Des femmes (vous noterez que j’ai évité d’écrire Les femmes).

Ce qui me surprend le plus sur cette page, c’est le manque cruel de contexte. ça balance comme ça, gratuitement. C’est aussi une norme chez des êtres humains. C’est même un sport national sur les réseaux sociaux. J’ignore qui se situe en tête du palmarès.

S’il fallait imager avec une figure existante la mère normale (ou indigne ?), je pencherai pour Florence Foresti (dans son spectacle Mother fucker, sûrement très inspiré de son quotidien) + sa parodie de Bref :

J’illustrerai la mère parfaite par Kate Middleton alias la duchesse de Cambridge, parfaite épouse du prince William et parfaite mère de George, Charlotte et Louis….Famille que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam, sauf ce que veulent en dire les médias.

Soyons honnête, nous sommes toutes un peu des deux. Aucune des mères que je connais ou que j’ai rencontré ne se situe dans une seule colonne. Quel est l’intérêt de se cracher dessus ? C’est usant ces sempiternelles géguerres entre sein et biberon, perfection et normalité, poussette et portage, gnagnagna… si nous pouvions éviter la guerre civile, ce serait chouette. Nous sommes des mères, point barre. (oui et des pères, évidemment. Cela dit le seul cliché que je connaisse est celui de « papa poule ». Je n’en ai jamais rencontré non plus.)

@jout : le pompon dans ce magazine ressemble assez à l’expression « c’est l’hôpital qui se fout de la charité » dans le sens où, une mère normale (comme nous, les autres) parvient difficilement à perdre le poids des grossesses, alors que dans ce magazine, soit il n’y a que des nullipares (non ce n’est pas une insulte) aux corps sublimes, soit les mères ont un corps parfait…cherchez l’erreur. Dans ce numéro, je n’ai vu aucune primipare enrobée de 4kg en trop, par grossesse. CF : la magnifique Natalie Portman en 4ème de couverture (on dit comme ça pour un magazine ?) avec 2 enfants à son actif. Aucun gramme en trop sur ses cuisses n’est visible. C’est sans aucun doute une mère parfaite ou retouchée, qui sait ?

Pour finir, une vidéo qui résume bien l’idée, si vous l’avez ratée : (je vais faire ma chieuse, mais porter « face au monde« , c’est mal.)

Semaine mondiale de l’allaitement 2018

Encore l’allaitement !!!!???

oui !!!!

C’est la Semaine mondiale de l’allaitement maternel 2018. Du 1 au 7 août.

C’est un sujet que j’aborde régulièrement et sur lequel j’échange volontiers sur Instagram (seul réseau qui a encore ma sympathie). Des réseauteurs expriment souvent une lassitude, un ras le bol d’en entendre parler tous les 4 matins. A grand renfort de  » y’a pas de quoi en faire des tonnes… » « On fait pas tout un foin du lait industriel ! » Bah si justement, mais c’est devenu normal, ça se voit moins. Ça se nomme : publicité… Feuilletez donc un magazine (surtout pour parents) et constatez le nombre de pub de préparations lactées…

{Ces réseauteurs sont libres de changer de lecture et de passer leur chemin. Tout comme ma plus grande intolérance est la fumée de cigarette : mon système respiratoire la hait, mais je ne perds plus mon temps à râler. Je cherche un autre endroit…

C’est le gêné qui s’en va, sauf quand la loi lui donne raison.}

Pour précision, la promotion de l’allaitement au sein a pour vocation d’informer et non de convaincre, ni de vendre quoi que ce soit. En effet, quand une mise au sein se déroule idéalement, il n’y a RIEN à acheter (rien en plus d’une alimentation équilibrée). C’est important de le signifier. De plus, je ne gagne rien non plus à rejoindre cette cause. Aucune mère d’ailleurs. Malgré les 80 € le litre de lait, cet or liquide nous rapporte 0€ puisque si nous le pouvons, nous devons le DONNER aux lactariums (en France).

Il faut savoir que mondialement, l’allaitement au sein recule. C’est loin d’être positif. La raison principale est le manque d’informations, la disparition d’une forme de transmission et la circulation d’idées fausses, surtout dans les pays dits « modernes ». Hélas ça se répand comme de la mauvaise graine dans les pays qui savaient faire, avant qu’on ne mette notre nez dedans. Les mères se sentent trop souvent isolées, épuisées, découragées. Elles abandonnent rapidement ou n’essaient même pas ce qui leur semble, de prime abord, compliqué et exténuant. Alors qu’il n’y a rien de plus simple, quand on est bien informée et accompagnée.

Récemment sur un réseau social, à l’occasion de la semaine de l’allaitement, j’ai lu le commentaire d’une maman quelque peu désabusée qui répondait à la publication d’une photo d’un livre traitant de l’allaitement dit long en Occident et du coallaitement (l’allaitement long expliqué à mon psy…) En résumé, elle ironisait en posant les questions suivantes :
« quel autre mammifère coallaite, et quel autre mammifère donne encore son lait quand son petit mange déjà comme un adulte ? ».

J’ai interprété cela comme un défi de prouver que l’être humain fait bien selon sa nature.
Quand je me pose des questions, je cherche systématiquement la réponse. Je me permets rarement d’énoncer des faits sans m’être un minimum informée. Ces questions m’ont parues pertinentes. Après recherches, voilà ce que j’ai trouvé pour ceux que ça intéresse de faire le parallèle avec notre condition de mammifère.

« Tous les mammifères sont allaités dès leur naissance ; la période de sevrage et la composition du lait dépendent de l’espèce en question et de la vitesse de croissance des petits. Outre l’apport énergétique, le lait a pour fonction de réguler le système immunitaire du bébé et d’aider au développement du reste du corps. (Source : intra-science.com)

En coallaitement, j’ai trouvé :  » À la naissance, le bébé kangourou s’attache de façon permanente à une seule glande mammaire et y restera environ 100 jours. Si la mère kangourou a deux bébés d’âges différents, chaque glande mammaire produira un lait qui sera adapté à l’âge du bébé qui la tétera. »

Au sujet des petits qui diversifient leur alimentation et continuent de téter :  » L’éléphanteau tète le lait de sa mère activement pendant 2 ans. Vers l’âge de 4 ans, son alimentation est de plus en plus variée et il dépend déjà beaucoup moins du lait de sa mère. Il est habituellement complètement sevré à 5 ans. »

Sources: bienvivrelallaitement.allaitement-et-mammiferes/

C’était un petit tour d’horizon des mammifères les plus connus. Je suis sûre que si je continues de chercher, je trouverai d’autres données, notamment chez nos cousins les primates.

Petit macaque

Pour aller plus loin :

www.lllfrance.org/coallaitement

Pour en revenir aux idées reçues et tenaces, celle qui circule le plus et fait de gros ravages est celle du « pas assez de lait ».  C’est une terrible légende urbaine, un genre d’hoax qui persiste. C’est très rare de manquer de lait. Si la mise au sein démarre mal, il y a une multitudes de raisons qui feront croire à une insuffisance de lait or il ne s’agit quasiment jamais d’un manque mais d’un départ raté. Dû souvent à un mauvais positionnement du bébé et/ou de la mère et/ou un frein de langue et/ou d’un allaitement à heures fixes etc.

La Leche League laisse à disposition énormément de ressources sur le site internet. Il est aussi possible de les contacter pour des conseils et des informations précises.

C’est une cause qui me tient à coeur. Nourrir son bébé au sein n’a rien d’inné. Ça s’apprend. Pour apprendre, l’idéal est d’être entourée, d’observer d’autres mères et leur poser des questions. Transmettre est vital.

Lectures 7. Philosophie et essai politique

Ce mois-ci j’ai beaucoup lu pour moi. C’est une période estivale propice aux lectures légères mais pas que.

Je vous partage un coup de cœur qui a peu à voir avec la petite enfance, sauf le personnage principal   : une sorte de « petit prince » du 21ème siècle. J’ai trouvé ce livre apaisant et puissant.

Extrait :

"Je méditai un temps leurs paroles 
avant de murmurer :"Ainsi, dans 
le pays des hommes, certains 
décident pour d'autres de la 
conduite à suivre. 
Ça veut dire que ces autres
ne sont pas capables de 
se diriger eux mêmes."(p.66)

 

La lecture, petite enfance, du mois est un essai politique, d’une pertinence saisissante. Je découvre cet auteur avec gratitude. Jesper Juul est un grand monsieur et sûrement une belle personne. Peut-être qu’un jour la France s’en inspirera et par extension le monde entier…on peut rêver.

Pour répondre à la question du titre, je crierai un grand oui !! Est-ce bien le cas de tous nos politiques ? Se poser la question est légitime. Nous sommes finalement loin d’être soutenus dans cette démarche…que nous soyons professionnels du secteur médical, social ou petite enfance. Ce serait du déni de ne pas s’en rendre compte. A réfléchir sérieusement et rapidement, afin de passer à l’action.

Voulons-nous vraiment des enfants forts et en bonne santé ?

Extrait de la critique de culturemania :

"Le message de Jesper Juul 
(qui n'a rien à voir avec le rappeur,
non, non, non...)est clair : 
aujourd’hui le modèle éducatif, 
qu’il soit dans les foyers 
ou dans les écoles de l’état, 
ne permet pas aux enfants 
d’avoir une estime de soi 
assez solide pour être heureux 
et en bonne santé, et donc 
de construire une société
à cette image. Il rappelle
que le système scolaire  a été
pensé il y a des années et des
années et qu’il n’est plus
du tout adapté ni aux connaissances
que nous avons du développement
des enfants, ni à leur soif 
innée d’apprendre, 
ni au monde que beaucoup
d’entre nous veulent construire. 
Il dénonce les états d’Europe qui 
n’ont toujours par compris 
le lien entre la façon dont
la société traite
les enfants et le taux de
maladies psychosociales
en constante augmentation. 
Il souligne que ces mêmes états
s’inquiètent de la hausse 
des coûts de la santé et
des affaires sociales alors même
qu’ils ne prennent pas conscience
que ces coûts seraient 
ô combien diminués
si l’éducation, l’école et 
la prévention étaient de bonne qualité.

Je garde le contenu de ces deux lectures dans ma tête et mon cœur en étant sûre que ma pratique s’en imprègne déjà.  Je me contente de partager mes ressentis après lecture. Si ça donne envie, tant mieux.

Quelques passages :

Belles lectures d’été à toutes ET tous ! (Je vous épargne l’écriture inclusive, ça m’est illisible.)

La magicienne sans pouvoirs magiques

« Conte » (parce qu’il y a  une magicienne) inspiré d’une journée particulièrement folklorique.

Il était une fois une magicienne de la société occidentale moderne …
[Pour situer le contexte : c’était durant sa formation qu’elle a cru qu’elle apprenait la magie. Elle a pensé qu’elle pourrait se servir de toutes les solutions proposées et apprises au pays de la Théorie simplement en pointant sa baguette avec une jolie formule magique. Erreur de débutante. Ce qu’elle a constaté, c’est que la théorie ne sort, pour ainsi dire, jamais des frontières de son pays. Le crédo « en Théorie, tout se passe bien » est véridique, surtout parce qu’en Théorie, il ne se passe rien.
Elle a aussi appris à faire illusion, et encore quand ça fonctionne…l’illusion est un art très peu abordé en formation. C’est sur le terrain que ça se corse quand YakafaukON oblige à développer des stratégies d’illusionnistes. Illusionniste, c’est un autre métier, ça mérite d’être souligné.]

Après sa formation, elle a vite constaté que le pays de la Pratique était fort fort lointain, et surtout à des lieues de celui de la Théorie. Elle avait pourtant lu, dans tous ses livres de magie, qu’il était de l’autre côté du long fleuve tranquille de la Vie. Soi-disant sur l’autre rive. Il suffisait, naguère, de traverser à gué, puis sur un radier, puis sur une planche. Avec le temps la traversée s’est faite sur une passerelle, puis sur pont, puis sur un viaduc…vous aurez compris, les deux rives se sont complètement perdues de vue. Tous ces constats ne l’ont jamais empêchée de rester convaincue qu’elle était magicienne. Sortie diplômée de l’école des magiciens, à priori c’est normal. Tous ses collègues se sentaient prêts et motivés, comme elle.

…Au début de sa « carrière », elle se rendait à son travail, tous les jours, avec bonne humeur et légèreté, jusqu’au jour où elle se rendit compte que sa baguette n’avait aucun pouvoir. Rien, nada, queue dalle…Elle a d’abord pensé qu’elle (la baguette, pas la magicienne ; enfin, pas encore) était en panne. A tort. Finalement, à chaque fois qu’elle avait obtenu un résultat en l’utilisant, c’était simplement grâce à ses compétences professionnelles. Sans magie, aucune. Elle savait réfléchir et agir en fonction des situations simples et même complexes.

Quelle désillusion, tout de même, de posséder un outil inutile quoi qu’accessoirement très joli. Et en même temps, quelle révélation !

Il parait que pour tout problème il y a une solution et s’il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème. C’est bien joli, mais c’est complétement faux. Qui a pondu cette ineptie, au fait ? La magicienne a rencontré, en très peu de temps, des tas de problématiques sans aucune solution envisageable. Non par manque de recherches, de motivation ou d’une éventuelle absence de connaissances…non, non. Aucun « abracadabra » ne fonctionnait. Elle travaillait en équipe, elle n’était jamais seule. Les magiciens du 21ème siècle  travaillent en groupe. Personne ne trouvait de solution. Or il y avait immanquablement un problème, toujours. Elle a tenté l’illusionnisme, sans trop de succès, ça passe quelques temps et puis ça finit par s’effondrer avec pertes et fracas. Avait –elle seulement envie de faire illusion ? C’est comme une imposture de se faire passer pour quelqu’un d’autre. Elle s’y sentait obligée. Cest qu’il FAUT faire bonne figure dans la société occidentale moderne, sous peine de réprimandes.
Pour finir, elle a découvert, durant un long processus usant, une nuance stupéfiante. Il y avait un problème, car rien ni personne n’avait intérêt à ce qu’une solution soit trouvée. Aucun intérêt à ce que les choses changent. La magicienne se retrouvait face à un mur comme un bouclier anti-magie, avec tous ceux qu’elle accompagnait, bon an mal an, depuis des années. Il y avait le choix entre rester devant le mur et se lamenter ou le longer pour trouver une brèche ou faire demi-tour. Tout a été essayé. Chacun qui se retrouve devant ce mur, même avec de la magie sous le coude, décide de la suite des événements. Lorsqu’il y a une brèche, c’est seulement le début d’un parcours du combattant digne des 12 travaux d’Astérix et de l’obtention d’un papier chez les Vogons (cf : le guide du voyageur galactique)

Le laisser passer A38

Quelqu’un a dit un jour à la magicienne que la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Merci bien. Elle avait déjà
remarqué qu’un fleuve est surtout impétueux. Ainsi va la vie. Elle en a déduit que c’est plus simple de suivre le courant que d’essayer de le remonter, surtout à la nage (on n’est pas des saumons)… A chacun de prendre la décision de regagner la rive,
n’importe laquelle, avant de se noyer. Quand on est épuisé, on échoue là où le courant nous porte : Théorie ou Pratique.

La magicienne de ce conte occidental et moderne, s’est faite une raison. Elle tentera tout ce qu’il est impossible de faire sans baguette, grâce à la magie que peut apporter la Vie.

Parfois il y a une issue et s’il n’y en a pas il reste la possibilité de casser le mur. Les plus téméraires peuvent escalader le mur après y avoir fait pousser du lierre…et en s’armant de patience ! Ou alors il suffit de mener sa barque et de rester sur le fleuve à admirer les deux rives, quand on s’en approche. Accoster de temps à autre pour trouver de la nourriture. Mais en restant sur le fleuve, ça sert à quoi d’être une magicienne ? En plus sans pouvoirs magiques ?

Fin

Shrek

Loin de moi la prétention de me faire passer pour une conteuse. J’écris pour faire un peu de place dans mon cerveau, qui mouline sans arrêt. C’est presque thérapeutique. Je le partage car je lis énormément de textes qui me font du bien et que d’autres ont gentiment mis à disposition de tous sur le net.

Chèvrerie du bois d’Amon/Alpes-Maritimes

Sortie organisée par des collègues. Je les ai accompagné en tant que professionnelle. J’ai enfin repris une activité d’EJE et je suis enthousiaste ! Comme à chaque début de contrat. Celui-ci est à durée déterminée, par choix. Je n’en dirai pas plus, j’ai remarqué que trop en dire peut porter préjudice.

Je reviens sur le lieu de la sortie car j’ai trouvé le concept vraiment bien pensé et très agréable à vivre. C’est une ferme avec essentiellement des chèvres, mais aussi des chevaux, des poneys, des ânes, des vaches, quelques moutons et trois chiens de berger doux comme des agneaux mais hyper-vigilants. Édith et Pascal sont chevrière et chevrier diplômés.

La journée avec les familles s’est déroulée selon une journée-type proposée sur leur site internet, avec des aménagements selon le public accueilli. Les propriétaires s’adaptent avec facilité et avec le sourire. Ils sont à l’écoute, passionnés donc passionnants, pédagogues et le tout avec humour !

Nous avons commencé par une présentation des personnes, des lieux, des animaux et nous avons parcouru le domaine. Tous les animaux ont reçu notre visite et l’aide des volontaires pour le nettoyage, nourrissage et « câlinage ». Je ne suis pas experte en bien-être des animaux alors mon point de vue reste subjectif : j’ai trouvé les lieux bien entretenus et les animaux semblaient paisibles. Je n’ai ressenti aucun moment de stress durant notre présence sur place tout au long de la journée ; même quand un cheval  a profité de l’absence d’électricité dans les clôtures pour faire une escapade.

Le temps semble s’accélérer avec toutes ces tâches à accomplir auprès des animaux. Nous sommes vite arrivés à l’heure du pique-nique sans nous en rendre compte. La traite des chèvres était prévue dans la matinée. Elle a été reporté après le déjeuner pour le confort des enfants affamés. C’est que ça creuse de travailler à la ferme !

Édith et Pascal ont mangé avec nous. Ce qui a rendu le déjeuner convivial. A la fin du repas, les fromages nous ont été présentés et une dégustation a été proposée. Je serai encore partiale car j’apprécie beaucoup le fromage de chèvre mais comme tous les fromages, je les trouve très souvent trop salés. Les fromages qu’Édith fabriquent sont, sur ce point, parfaits à mon palais. Ils sont salés juste comme j’aime. Elle a confirmé que n’aimant pas le sel, elle en met à peine et ça se sent ! Les plus récalcitrants des enfants se sont laissés convaincre de goûter et ont aimé ! Réussite digne d’un exploit.  Elle nous a aussi présenté les savons de sa confection, au lait d’ânesse et de chèvre.

L’après-midi a débuté par la traite. Les enfants ont pu participer activement. La présentation était pédagogique, ludique et pratique. Quand l’enfant expérimente, il apprend. Le lait a été goûté et validé à l’unanimité. Pascal a expliqué que le moindre doute et la dégustation refusée par un chien de berger l’obligerait à jeter tout le lait de la traite. Les trayons sont donc inspectés un à un (en cas de blessure) et nettoyés. Le lait est ensuite filtré (poils des mamelles, paille etc). Toutes les étapes jusqu’à la fabrication du fromage ont été abordées. Édith a pris le relais pour qu’à notre tour, nous fabriquions du fromage… enfin les enfants, qui ont moins rechigné à mettre les mains dans le lait caillé. Chacun est reparti avec son petit fromage et son diplôme de fermier, tout fiers de la journée passée en plein air et dans la bonne humeur.

Petit bémol, notre journée était trop longue pour les plus jeunes (moins de 3 ans). Ils s’en sont donné à cœur joie. La fatigue s’est faite sentir dans l’après-midi, sans possibilité de repos autre que la poussette canne (refus catégorique) ou à bras, mais au bout d’un moment, ça fatigue l’adulte qui s’y colle. L’idéal aurait été d’avoir un porte-bébé physiologique. Ils se sont, quasiment, tous endormis dans le car pour le trajet du retour.

Tous ont dit être ravis de cette journée passée au soleil, dans un environnement naturel en compagnie de tous ces animaux. Je partage ce ressenti. C’est la vie d’être dehors, de s’occuper d’une manière complète : physiquement et mentalement. Et c’est sûrement gratifiant de profiter des résultats de son travail quotidien. Je recommande ce genre de sortie. C’est une belle échappée du quotidien, surtout pour des citadins en manque de nature. ça reconnecte à l’essentiel. Un grand merci à Édith et Pascal pour leur transmission !

-Qu’avez-vous préféré durant cette journée ? -le traaaaaaacteeeeeeur !

Lecture 6. Écoutez-moi grandir, Sophie Marinopoulos

  

Livre encensé par les pros de la petite enfance :

« On devrait le distribuer aux
parents dans les maternités, 
l’offrir aux jeunes diplômés 
des métiers de la Petite Enfance 
et le remettre aux nouvelles 
assistantes maternelles en même
temps que leur agrément. 
Ce livre est de santé publique ! 
(…)
On sourit beaucoup, on rit 
parfois, on opine, 
et surtout on réfléchit ! 
Ce petit ouvrage devrait trouver
sa place dans la bibliothèque 
de tous les pros ! Car son 
auteur a raison : « Ce livre, 
c’est de la prévention. Il parle
de santé psychique et 
d’éducation ». Ce qui est tout 
aussi important et essentiel 
que la santé physique, nous le
savons tous désormais. »

Mon avis est mitigé. Ce livre ne m’a rien appris, ni rien permis de mieux comprendre. J’ai apprécié le lire car le style est fluide et agréable. Jusqu’à la page 32, c’est un joli voyage dans le monde intra-utérin et les premiers moments de vie d’un petit d’homme. Dès la page 33, j’ai eu des difficultés à le lire, par manque d’attention et d’intérêt (l’intérêt est mon moteur, comme nombre d’entre nous)

En tant que mère, je le trouve léger et simpliste. En tant que pro, même s’il pose des bases, il reste succinct. En prime, il contient quelques jugements, à peine dissimulés bien que très bien emballés. Certaines idées amenées par Elisabeth, de la part de Mme Marinopoulos, me sont légèrement écœurantes, tout de même, surtout dans la « pensée » d’un nourrisson. Ça se veut « ouvert » mais je l’ai ressenti « fermé ».

A sa lecture, j’ai souvent tiqué. Bébé Elisabeth omet de préciser que chaque enfant va à son rythme puisque chacun est différent. Si nous naissions tous identiques en matière de tempérament, de caractère, de vécu in-utéro et de contexte de naissance, alors oui ce qu’elle dit pourrait s’appliquer à d’autres bébés, qu’elle appelle ses « collègues »…or c’est loin d’être le cas. J’aurai préféré que ce soit précisé, car je l’ai compris comme une généralité.

Au sujet du sommeil, j’ai rencontré des bébés [en fait, un seul en vrai. Je ne compte pas les bébés déjà résignés par un dressage à la « Ferber » ; à mon tour d’être subjective !! et un fictif : « Thomas n’a peur de rien »] qui aimaient dormir seuls, dans leur espace. Cela dit, c’est une minorité. Le contraire est plus largement répandu. Après avoir passé 9 mois « collé-serré » comme le dit bébé Elisabeth, être seul c’est compliqué.

Qu’elle décrète que peu importe le lait qu’elle boit, l’important c’est d’être nourrie. Évidemment nous sommes tous d’accord…le choix (parce qu’il existe) reste celui de la mère (en accord ou non avec le père) d’allaiter au sein ou au biberon. Je doute que ce soit judicieux de l’avoir ainsi exprimé. C’est très subjectif. Elisabeth aime les deux, le sein et le biberon (aucune précision sur ce qu’il y a dans le biberon). Pour le risque de confusion sein-tétine, c’est dommage. Si un sevrage est prévu, c’est déjà plus logique .

C’est un écueil de ce livre, il est sujet à interprétation.

Concernant les pleurs, pour un nourrisson, attendre est difficile, c’est observable chez la majorité des bébés. Elisabeth dit que ça lui arrive de pleurer pour pleurer, pour rien…enfin si j’ai bien compris. C’est une championne dans plusieurs catégories car elle aime être seule « pour un laps de temps raisonnable » dès ses premiers jours de vie…elle aime attendre, elle aime tous les laits (?) et elle accepte le biberon sans sourciller.

Le plus gênant (pour moi) sont les comparaisons de son « autonomie » avec celle de ses « collègues » et notamment de sa cousine. A côté, elle le dit « je suis un génie ». La cause du « retard » des autres est identifiée de manière trop ciblée comme étant un refus des adultes de les laisser grandir. Je constate qu’on pourrait penser, une fois de plus, que c’est la faute à… la mère !

Finalement, Elisabeth vit dans une famille presque idéale, comme il en existe peu, voire pas du tout : sa croissance est parfaite (sauf au début, elle prend peu de poids (encore cette obsession du poids ; alors qu’un nourrisson nourri au sein a une croissance différente d’un nourrisson nourri au lait en poudre). Ses parents ont quelques désaccords mais comprennent vite et rectifient parfaitement le tir. Ou alors s’agit-il d’une belle vitrine qui cache les coulisses de l’arrière-boutique ?

Faire parler un bébé, c’est original et touchant. Cela comporte le risque de penser que tout ce qui est relaté par ce charmant bébé concerne tous les bébés, toutes les mères, tous les pères etc.

Comme tout ce qui se dit au sujet de pratiques dites de « maternage », des propos peuvent être mal interprétés. Mes yeux d’EJE se sont écarquillés plusieurs fois pour retrouver leur taille normale quelques lignes ou pages plus loin…trop loin pour éviter les confusions, si j’avais été une jeune mère.

Préciser et même répéter que les ressentis d’Elisabeth n’appartiennent qu’à elle, m’aurait un peu plus rassurée quant à l’impact que peut avoir ce livre sur de jeunes parents déboussolés.

Le message à retenir demeure important en direction des adultes :

les parents savent, ils peuvent se faire confiance et surtout,

la croissance psychologique des bébés est tout aussi importante, sinon plus, que la physiologique.

Je suis bien contente de l’avoir emprunté dans une bibliothèque. Son court format m’a permis de le lire deux fois avant de le rendre, pour être sûre de mon avis. Il est resté incertain et le malaise ressenti à la première lecture n’a pas été dissipé à la seconde. Je suis loin de partager l’encensement de mes collègues du site « les professionnels de la petite enfance ». D’ailleurs j’ai du mal à le comprendre. Je m’en passerai facilement dans ma « carrière » et ma bibliothèque. Je suis allée lire d’autres avis et d’autres ont été déçus, comme moi.

Si vous l’avez lu, je serai curieuse de savoir ce que vous en avez pensé.

Lectures 5. Dans la peau d’un parent indigne, mais doté d’humour.

Je connais mal la Perfection, je n’y suis jamais allée. J’en ai une vague idée, tellement floue que souvent c’est comme un mirage. Je connais mieux la Théorie, le pays où tout est censé se passer bien, mais l’abîme le fossé à traverser est périlleux glissant. De toute façon, comme je réside au pays des Bisounours, mes ressentis sont un peu biaisés.

Ce blabla risque de surprendre. Certains se demanderont si je suis en train de basculer du côté obscur de la Force. Non, non, je suis simplement allée y faire un tour. C’est toujours constructif d’explorer la part d’ombre de l’humanité (et la sienne par la même occasion). ça l’est d’autant plus quand on parvient à en revenir.

Il s’agit d’Humour…plus subjectif que ça, y’a les Goûts et les Croyances. Ça ne devrait pourtant jamais virer au pugilat…L’Humour c’est un peu comme la Religion, on s’aperçoit vite qu’il y a des humours. Le rire était censé rassembler (il le fait. Sous forme de clans), mais voilà, comme les religions, il finit par diviser…bref, je m’égare.

J’avais lu, il y a quelques années, No Kid : Quarante raisons de ne pas avoir d’enfant. Dans mon souvenir, c’était drôle mais j’étais déjà mère. J’ai fini le livre sans être convaincue de me contenter d’un seul enfant.

Ce coup-ci j’en ai lu 4 d’un coup. Un genre de petite overdose d’humours.

Livre 1. Cocoricoooo. Même si son nom a des sonorités anglo-saxonnes, peut-être écossais ou irlandais, Marion McGuinness est française. En tous cas, elle vit en France. Je suivais sa page dédiée au blog Maxi best of Mcmaman sur Facebook. A l’époque (ok d’accord, c’était en 2013) je comprenais mal son humour. Et puis à cause de mon sens du détail, je me suis pris la tête… « Les enfants sont formidables » est paru en 2015 (oui je lis rarement les livres à leur parution). J’y ai lu les mêmes anachronismes. Donc, message personnel à Mme McGuiness :

"la DDASS s'appelle l'ASE 
depuis 1983 
(loi de décentralisation).

Aparté : l’humoriste la Bajon fait la même « erreur » dans son spectacle bidonnant « Vous couperez ».(Avec plaisir pour la découverte, elle me fait pleurer de rire.)

Et sinon, c'est plus juste 
de parler d'accueil 
petite enfance
que de garderie."

Ça reste un livre hilarant. Son style est agréable à lire. Difficile de ne pas se reconnaître en tant qu’enfant et/ou parent. Par contre, dire que l’enfant n’a aucun humour, je trouve que c’est injuste et inexact. J’en ai rencontré des centaines et ils ont bel et bien de l’humour. Un humour bien à eux. Un humour qui les rassemble (lui au moins !!). Sauf quelques rares exceptions ; j’en parle parce que je faisais partie, déjà enfant, de cette catégorie à ne rien comprendre à l’humour, pourtant dit « universel » du fameux, « pipi caca prout » ! Mon fils aîné n’a jamais compris non plus. Résultat, nous sommes passablement agacés par l’ardeur du Cadet à traverser cette période qui nous semble « intermilooooonnnngue ».

Livre 2. « Dors ! »La traduction française a gardé le niveau de grossièreté. Cela dit, j’exagère, pour beaucoup de gens, c’est du langage courant. Best-seller polémique Outre-Altantique…il y a 7 ans. Je n’en avais jamais entendu parler. C’est une réalité, le sommeil des enfants peut souvent virer au drame familial cauchemar. Écrire ou chanter est un exutoire et si ça fait rire tant mieux. Pour les curieux sur Europe 1.fr. Je le trouve moins drôle que « mange ! »

Livre 3. Dans la même veine, le titre sur l’alimentation et du fameux « mange ! ». Chez les enfants, c’est récurrent d’en parler. J’ai gagné le gros lot, mes deux fils ont joué sur les deux tableaux ! Miam miam. A leur décharge, j’ai fais suer mes parents, donc je paie. C’est sûrement la monnaie de ma pièce… de théâtre (une vraie comédie à table, d’après mon père). C’est mon préféré, surtout les illustrations.

Livre 4. Un guide au titre encore plus croustillant que celui pour embobiner son enfant. Dommage, je me suis ennuyée en le lisant. C’est le portrait en 7 profils, de la majorité des parents d’hier, d’aujourd’hui et de demain. J’y ai reconnu les miens et j’y ai constaté les conséquences. Finalement, le contenu est juste caustique. Peut-être, en avais-je déjà marre de ce type de lecture ? Au bout d’un moment, c’est devenu lassant. J’ai eu du mal à finir.

Comment traumatiser votre enfant…

C’était une parenthèse lecture amusante. Je cherche d’autres titres à présenter ici. Sans retours de lecteurs, c’est moins motivant, à vrai dire. Je pense que ce site me sert plus de carnet de bord que je partage. Tant pis pour l’interactivité.

Mange !