Lectures 5. Dans la peau d’un parent indigne, mais doté d’humour.

Je connais mal la Perfection, je n’y suis jamais allée. J’en ai une vague idée, tellement floue que souvent c’est comme un mirage. Je connais mieux la Théorie, le pays où tout est censé se passer bien, mais l’abîme le fossé à traverser est périlleux glissant. De toute façon, comme je réside au pays des Bisounours, mes ressentis sont un peu biaisés.

Ce blabla risque de surprendre. Certains se demanderont si je suis en train de basculer du côté obscur de la Force. Non, non, je suis simplement allée y faire un tour. C’est toujours constructif d’explorer la part d’ombre de l’humanité (et la sienne par la même occasion). ça l’est d’autant plus quand on parvient à en revenir.

Il s’agit d’Humour…plus subjectif que ça, y’a les Goûts et les Croyances. Ça ne devrait pourtant jamais virer au pugilat…L’Humour c’est un peu comme la Religion, on s’aperçoit vite qu’il y a des humours. Le rire était censé rassembler (il le fait. Sous forme de clans), mais voilà, comme les religions, il finit par diviser…bref, je m’égare.

J’avais lu, il y a quelques années, No Kid : Quarante raisons de ne pas avoir d’enfant. Dans mon souvenir, c’était drôle mais j’étais déjà mère. J’ai fini le livre sans être convaincue de me contenter d’un seul enfant.

Ce coup-ci j’en ai lu 4 d’un coup. Un genre de petite overdose d’humours.

Livre 1. Cocoricoooo. Même si son nom a des sonorités anglo-saxonnes, peut-être écossais ou irlandais, Marion McGuinness est française. En tous cas, elle vit en France. Je suivais sa page dédiée au blog Maxi best of Mcmaman sur Facebook. A l’époque (ok d’accord, c’était en 2013) je comprenais mal son humour. Et puis à cause de mon sens du détail, je me suis pris la tête… « Les enfants sont formidables » est paru en 2015 (oui je lis rarement les livres à leur parution). J’y ai lu les mêmes anachronismes. Donc, message personnel à Mme McGuiness :

"la DDASS s'appelle l'ASE 
depuis 1983 
(loi de décentralisation).

Aparté : l’humoriste la Bajon fait la même « erreur » dans son spectacle bidonnant « Vous couperez ».(Avec plaisir pour la découverte, elle me fait pleurer de rire.)

Et sinon, c'est plus juste 
de parler d'accueil 
petite enfance
que de garderie."

Ça reste un livre hilarant. Son style est agréable à lire. Difficile de ne pas se reconnaître en tant qu’enfant et/ou parent. Par contre, dire que l’enfant n’a aucun humour, je trouve que c’est injuste et inexact. J’en ai rencontré des centaines et ils ont bel et bien de l’humour. Un humour bien à eux. Un humour qui les rassemble (lui au moins !!). Sauf quelques rares exceptions ; j’en parle parce que je faisais partie, déjà enfant, de cette catégorie à ne rien comprendre à l’humour, pourtant dit « universel » du fameux, « pipi caca prout » ! Mon fils aîné n’a jamais compris non plus. Résultat, nous sommes passablement agacés par l’ardeur du Cadet à traverser cette période qui nous semble « intermilooooonnnngue ».

Livre 2. « Dors ! »La traduction française a gardé le niveau de grossièreté. Cela dit, j’exagère, pour beaucoup de gens, c’est du langage courant. Best-seller polémique Outre-Altantique…il y a 7 ans. Je n’en avais jamais entendu parler. C’est une réalité, le sommeil des enfants peut souvent virer au drame familial cauchemar. Écrire ou chanter est un exutoire et si ça fait rire tant mieux. Pour les curieux sur Europe 1.fr. Je le trouve moins drôle que « mange ! »

Livre 3. Dans la même veine, le titre sur l’alimentation et du fameux « mange ! ». Chez les enfants, c’est récurrent d’en parler. J’ai gagné le gros lot, mes deux fils ont joué sur les deux tableaux ! Miam miam. A leur décharge, j’ai fais suer mes parents, donc je paie. C’est sûrement la monnaie de ma pièce… de théâtre (une vraie comédie à table, d’après mon père). C’est mon préféré, surtout les illustrations.

Livre 4. Un guide au titre encore plus croustillant que celui pour embobiner son enfant. Dommage, je me suis ennuyée en le lisant. C’est le portrait en 7 profils, de la majorité des parents d’hier, d’aujourd’hui et de demain. J’y ai reconnu les miens et j’y ai constaté les conséquences. Finalement, le contenu est juste caustique. Peut-être, en avais-je déjà marre de ce type de lecture ? Au bout d’un moment, c’est devenu lassant. J’ai eu du mal à finir.

Comment traumatiser votre enfant…

C’était une parenthèse lecture amusante. Je cherche d’autres titres à présenter ici. Sans retours de lecteurs, c’est moins motivant, à vrai dire. Je pense que ce site me sert plus de carnet de bord que je partage. Tant pis pour l’interactivité.

Mange !

Lectures 4. Satomi Ichikawa

Pour avril, je lis plusieurs livres en rapport avec la petite enfance mais je n’ai aucune inspiration pour partager leur contenu.

Ce manque d’idées m’a donné  envie de changer un peu. Je préfère partager ce que m’inspire une autrice jeunesse japonaise.

Je n’ai jamais lu ni vu d’albums de cette autrice dans les EAJE où j’ai travaillé. Peut-être parce que ça semble s’adresser aux enfants de plus de 3 ans. C’est dommage comme restriction. Cadet a apprécié toutes les histoires dès ses 2 ans. J’ai entendu parler de Satomi Ichikawa dans une vidéo d’Amélie Blot de Famille épanouie.

Je ne me souviens plus quand les animaux humanisés ont commencé à m’agacer. Sûrement déjà avec l’aîné quand je regardais, avec lui, les zouzous. Autant je conçois que les animaux communiquent, que nous pouvons les comprendre et que les dessins animés nous proposent une traduction instantanée…autant les personnages comme Petit Ours brun, l’âne Trotro ou encore Tchoupi,  sortis de leur environnement réel et calqué sur un mode de vie complètement humain, bah ça me gonfle. Cadet de 4 ans croient qu’ils vivent vraiment comme nous…et pourtant je lui explique et je choisis des livres avec des personnages humains le plus souvent possible. Il a aussi vu des dessins animés tels que Zou, Pepa pig and co qui ont augmenté sa confusion. C’était temporaire mais ça l’a dérangé. Il demandait souvent pourquoi ces cochons ne vivent pas dans une porcherie, par exemple. Malgré mes explications sur le côté imaginaire de l’inventeur de ces personnages, il a eu des difficultés à faire la part des choses et beaucoup plus avant ses 4 ans.

Suite à la vidéo d’Amélie, j’ai trouvé plusieurs livres (11 titres) d’occasion de Satomi Ichikawa. Nous avons  agrandi notre bibliothèque d’histoires un peu plus réalistes pour cette période, très terre à terre, de Cadet.

Je n’ai rien contre le monde imaginaire, bien au contraire. J’observe néanmoins une période, chez l’enfant, pendant laquelle ça devient compliqué de s’identifier à  une tortue (Franklin/Benjamin) qui fait ses lacets alors qu’elle ne porte pas de chaussures…

C’est presque un défi à chaque fois que nous allons à la médiathèque pour trouver des livres qui racontent des histoires de petits d’hommes avec des préoccupations spécifiquement humaines.

Avec Satomi Ichikawa tout nous fait voyager : les lieux de ses histoires, ses textes, ses personnages et leur culture  et ses magnifiques illustrations. Elle nous transporte en Afrique, en Asie, en Amérique du sud…J’apprécie beaucoup et ça s’est transmis à mon fils surtout durant  sa période « réaliste ».

C’est important, à mon sens, d’être à l’écoute des envies et/ou des préoccupations des enfants concernant la lecture de contes et histoires. Ils vivent toutes sortes d’émotions et ils peuvent avoir besoin de s’identifier à des personnages qui vivent soit les mêmes, soit d’autres complètement différentes. Ça les rassure et ça leur ouvre des horizons culturels variés. D’après moi c’est un des objectifs de la littérature jeunesse. Le choix des histoires ne peut donc se focaliser sur un même genre, avec toujours les mêmes personnages.

Quels auteurs remportent du succès chez vous ou sur votre lieu de travail ?

Lecture 3. Comment embobiner votre enfant

"Ce sont malheureusement les 
choses les plus simples:
se laver, s’habiller,
manger, se coucher ou 
aller chez le médecin, 
qui provoquent les crises 
les plus courantes. 
Aux accès d’autorité 
ou aux crises de nerfs,
les deux auteurs proposent
l’alternative de transformer
le conflit en jeu, en ruse,
en secret ou en complicité,
afin d’obtenir plus ou moins
le résultat escompté dans 
un délai décent et sans aller 
jusqu’à la fessée… avec, 
pour l’enfant, la satisfaction 
d’obéir sans avoir l’air de céder !
Il n’est pas impossible même
que tous les protagonistes 
passent un bon moment à 
transformer le bain, le 
dîner ou le brossage des 
dents en moment de franche
rigolade !"

Après le continuum, j’avais besoin d’une lecture plus légère. Avec les 15 jours de vacances, j’ai moins lu.

J’ai retrouvé un livre acheté il y a des années, jamais lu. Je me souviens en avoir discuté avec Jérémy, EJE, sur Facebook. Il trouvait le titre peu engageant. C’est exactement le genre de titre qui attire mon attention comme « Sein ou biberon, choisis ton camp ! » Ça m’interpelle. Ça me donne envie d’y jeter un œil.

J’admets que la définition d’embobiner est peu flatteuse « (Figuré) (Populaire) Entortiller quelqu’un par des cajoleries ou des raisonnements captieux ; tromper. » C’est la traduction de « how to con your kid » to con=duper.

Les enfants méritent mieux que d’être trompés ou dupés.

J’ai été EJE aux 6/7 ans de mon fils aîné. Je n’ai jamais ressenti le besoin de l’embobiner. D’un tempérament proche du mien : calme en surface, introverti mais pouvant être sociable, compréhensif et patient en apparence, nous cohabitons avec aisance.

Pour le Cadet, c’est une autre paire de manches. De caractère opposé. J’ai l’impression d’avoir engendré un extra-terrestre…Déterminé, moteur,  jovial, bruyant, bon vivant. Il a choisi la colère comme moyen de communication extrême et s’en sert trop souvent à mon goût. Du coup, j’ai appris à ruser malgré moi. J’avoue , j’avais un peu pratiqué sur le terrain… en dernier recours avec des tempéraments… explosifs. Le but c’est d’éviter l’explosion, on est d’accord ? De l’enfant et accessoirement du parent. Pour cela, il s’agit d’apprendre à déminer, donc à identifier les déclencheurs, à les anticiper et enfin à les étouffer dans l’œuf. Je parle des explosions inutiles, celles pour un oui ou un non. Je pense qu’il y a des colères utiles, celles pour exprimer une émotion. Quand un enfant explose à chaque contrariété, c’est extrêmement fatigant pour l’enfant autant que pour l’adulte.

De prime abord, je me suis dit que les deux auteurs étaient un peu tarés, fadas à côté de la plaque. En fait, ils sont américains, culturellement largement plus détendus que les français. Ils adorent les félicitations « good boy/girl ; good job ! » alors que l’excès de félicitations a aussi son coté obscur. Je constate, aujourd’hui, que de nombreux adultes exigeraient presque une médaille à chaque passage du balai, linge étendu et autres exploits accomplis surtout pour les tâches ménagères !!! [Aparté : vivre en famille, c’est être partenaires les uns des autres et non des assistants qui mériteraient une prime pour leurs bons et loyaux services.]

Reste qu’obéir me semble  complètement inapproprié concernant le quotidien avec des enfants. Je galère moi-même avec l’éducation que j’ai reçue et qui m’a façonnée. Bien sûr, obtempérer et obéir illico presto en font partie. J’ai bien du mal à m’en dépêtrer. Pourtant je suis convaincue qu’un enfant n’a pas à obéir. Il participe. Il est sur Terre pour vivre et c’est l’adulte qui lui explique les règles du jeu pour rester en vie dans le respect des autres et de son environnement… Ah pardon, je confonds avec la vie au pays des Bisounours !

J’ai donc été agréablement surprise par la bienveillance, très présente, malgré le ton parfois décalé et l’utilisation d’un vocabulaire négatif : obéir (participer), idiot (farfelu), ruser (détourner l’attention) . Je suppose que c’est de l’humour parce que ça m’a, parfois, fait rire mais je ne suis pas une référence en la matière. A la lecture de ce livre, j’ai trouvé des astuces vraiment bien pensées et que je mettrais en pratique, tels que les espaces de coopération, les espaces neutres, la musique pour les tâches ménagères etc. D’autres sont du pur bon sens et gagneraient à être plus répandues comme cesser de forcer au bisou pour les bonjour et au revoir, apprendre à respirer pour se détendre etc. Quelques astuces me paraissent un peu tirées par les cheveux, comme gronder et punir « le meuble qui a fait mal ». J’ai quand même des réticences à mentir à mon enfant. Son imaginaire est suffisamment riche, inutile d’en rajouter une couche. Donc, non la crème solaire ne lui donnera aucun pouvoir magique !

Autre astuce positive : compter se fait sur le ton de la compétition envers soi-même (battre son propre record). Rien de menaçant à effectuer une fois que le parent a fini de compter jusqu’à 3 ou 10, par exemple. Les auteurs mettent un point d’honneur à ce que cela montre une notion du temps qui passe, sans punition à la clé.

Les thèmes qui m’intéressaient le plus se trouvent à la fin du livre. Disciplinée en lecture, je l’ai lu dans l’ordre. Arrivée au chapitre  des fameux repas et coucher, j’ai souvent écarquillé les yeux !

En intro, je cite « quand il est question de nourriture, les enfants sont fourbes« . Hum hum ! Selon la définition, c’est une performance très adulte, il me semble. Je comprends mal comment l’appétit, qui est, tout de même, absolument subjectif, pourrait rendre un enfant « sournois, vicieux, qui fait les choses dans le dos, qui arrive à ses fins par la tromperie ».

Plus loin : « c’est une mauvaise idée de manger devant la télé mais écouter de la musique pendant le repas convient tout à fait. Laissez votre enfant choisir ce qu’il a envie d’écouter. » Sur le principe, c’est assez évident mais concernant Cadet, si je lui demande son avis, nous écouterions AC/DC en permanence, donc non merci.

Je me rends compte que je mets en pratique plusieurs de leurs suggestions, comme faire participer son enfant à la préparation du repas. Hélas, ça ne change quasiment rien à la sélection alimentaire de Cadet. Il y a d’autres propositions qui m’ont bien fait rire, tellement j’imagine mal mon fils « se faire avoir » ainsi ! Par exemple, que je nomme les brocolis « bébés arbres », non seulement ça pourrait l’étonner, car ni les arbres ni les bébés ne se mangent, mais en plus, le goût restera le même, hein ! Au milieu de tous ces conseils farfelus, celui d’utiliser une marionnette me semble judicieux ; une sorte de médiation. J’ai aussi remarqué que des enfants changent complètement leur comportement quand une marionnette s’adresse à eux. Pour quelles raisons ? Mystère non élucidé. Par contre, proposer une cuillère du plat et une cuillère de glace/dessert, l’une après l’autre ou lire/raconter une histoire, ce sera sans moi. La conclusion du chapitre repas m’a rassurée « Ne faites pas du repas un combat. les enfants ne dépériront pas. » Au sujet du coucher, j’ai moins grincé des dents, c’est déjà plus sensé.

J’arrête ici de dévoiler le contenu du livre. C’est mieux de le lire. Je peux le prêter (j’ai gribouillé dedans, je le garde) si vous êtes dans le 06.

 

Lecture 2. Le concept du continuum

Pour être honnête, je souhaite lire ce livre depuis des années. Comme je suis sensible aux signes, aux circonstances et très à l’écoute de mon intuition, j’ai compris que les difficultés que j’ai eu à l’obtenir étaient un indice sur le fait que je n’étais pas prête à l’avoir entre mes mains ni à disposition de mon intellect. A la lecture, ça se confirme. Je le lis, à petites doses, depuis le début du mois. C’est ma lecture mensuelle sur le thème de la petite enfance. En fait, je le savoure et le crains à la fois. C’est une souffrance et une confirmation, une réelle douleur qui vient de très loin…

Cet écrit commence de manière peu objective. Je ne me gêne plus, sous couvert de pseudo-pudeur, pour exprimer mes ressentis. Après tout, si ça dérange, il suffit de cliquer sur une petite croix en haut à droite de l’écran. Mon avis, à chaud, serait personnel surtout que je suis bousculée depuis que je l’ai commencé. C’est bien la première fois, qu’un essai me fait cet effet. J’écris sans l’avoir terminé, afin d’apaiser mon rythme cardiaque.  Si vous êtes curieux de nature, je vous encourage à le lire, ça vaut vraiment le détour et la peine (si cela évoque quelque chose pour vous, vérifiez qu’il y a des mouchoirs à proximité). Par contre, c’est de l’ordre de l’observation et si vous cherchez un appui scientifique, vous serez déçus. Un compte-rendu/avis de ma part serait inutile, surtout qu’il y en a quelques-uns, très complets, sur le net :

Vers une parentalité naturelle

Un livre bouleversant (et c’est rien de l’écrire)

Filliozat contre Liedloff : personnellement, je m’en fous des « preuves » que ces deux auteures avancent ou non. C’est mon cœur qui a lu ce livre. Ma tête a laissé toute la place…et mes expériences d’enfant et de mère sont mes preuves concrètes.

Pour les anglophones : The Door Of Perception

Je continue ma lecture. Peut-être qu’un jour, je saurai en parler avec plus de recul. En attendant, je laisse au temps son travail d’intégration du concept que je ressens plutôt comme une façon de vivre qui m’est familière mais que je constate un peu ratée ou presque perdue…le fameux bonheur perdu que nombre d’entre nous recherche.

Pour le mois prochain, je tâcherai de sélectionner un livre plus « académique », conventionnel, au risque de m’ennuyer. Surtout qu’il y en a un autre qui attend depuis plus d’un an, celui de Céline Alvarez. Je l’ai commencé, je l’ai reposé, recommencé, rereposé. Re-vivre la scolarité « mouvementée » de mon fils aîné et celle du cadet qui commence tout juste, rend cette lecture vraiment difficile.

Lecture 1. Manuel de survie

J’ai mis un peu de temps à le lire. Ça se lit autrement qu’un roman et j’en ai lu 3 en même temps que ce manuel.

Pour les + de ce livre, j’aime :

– son format. Idéal dans un sac.
– sa structure  : pratique à utiliser avec son index et sa table des matières détaillés.
– son ton : il est juste. Je ne saurai argumenter. C’est un ressenti. Écrire à 4 demande sûrement des consensus. Le résultat ressemble à la neutralité de la Suisse. C’est impartial.
– ses illustrations : pas pour leur style, mais pour leur présence. Mes yeux ont apprécié.


– son contenu : clair, concis. Exactement ce que je recherche pour un manuel de survie. Si nous avons besoin d’approfondir, des références sont proposées. Je suis restée sur ma faim pour le « parler bambin » mais l’essentiel est expliqué.

Pour les – :
– l’allaitement, que ce soit pour les parents ou pour les professionnels, est à peine effleuré. Je sais que le rôle de l’EJE est concentré sur l’enfant. Pour ceux qui me connaissent, c’est un sujet que j’ai à coeur. Sûrement parce que je ne souhaite à personne de vivre mon expérience difficile.

[Aparté :  C’est-à-dire de tirer son lait à la va-vite durant une pause déjeuner d’1h. Selon mon ancien employeur, tirer son lait ce n’était pas allaiter donc je n’avais pas le droit à l’heure, (2 fois 1/2h) en dehors de la pause légale. Des fois que je revende le lait tiré au marché noir ou que j’en fasse du fromage que je serai allée vendre au marché de Forville (marché cannois). A 80 € le litre, j’aurai été riche. Sauf que si je n’avais pas été aussi épuisée, j’aurai préféré avoir un surplus et le donner à un lactarium. …Oui j’avoue que cet épisode me reste en travers de la gorge,  quand j’y repense, car c’était vraiment de la mauvaise foi et un cruel manque d’humanité. Disons que la fatigue engendrée n’est pas étrangère au burn-out qui, inévitablement, a suivi…]
Je trouve donc cela dommage que cette information soit la grande oubliée de ce manuel. De manière concise, il me semble important que les parents et les professionnels sachent ceci :

 "Art. L 1225-30.
 Pendant une année à compter
 du jour de la naissance,
 la salariée allaitant son 
enfant dispose à cet effet
 d’une heure par jour durant
 les heures de travail.
 Art. L 1225-31.
 La salariée peut allaiter 
son enfant dans
 l’établissement."

Pour en savoir plus : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F1769

C’est un détail qui avait, selon moi, toute sa place dans le chapitre « législation », après le congé parental.

Aucun autre point négatif pour ma part. A part une incompréhension du choix de l’ordre des thèmes notamment l’entretien d’embauche entre les chapitres de l’observation et de la distance professionnelle puis la Validation des Acquis et de l’Expérience au milieu de la bientraitance et de la co-éducation dans la partie « cadre ». J’aurai bien lu « qu’est-ce que le lien d’attachement ? » et  « quelle place pour les câlins, bisous et surnoms ? » après la distance professionnelle au lieu de quitter les « transmissions »  (page 325) qui évoquent la co-éducation (page 229) et la distance professionnelle (page 213),  par exemple. Ce qui me fait dire qu’un manuel ne se lit vraiment pas comme un roman !

Je suis la dernière à avoir une logique dans mes pensées et mes écrits donc ce n’est pas une critique, c’est un simple constat.

Je trouve l’écriture inclusive illisible mais en dessous du paragraphe sur les « qualités requises en tant qu’éducateur de jeunes enfants » (p250), il est écrit  » il faut savoir être créative ». Je sais que le métier est majoritairement féminin. Dans ce cas, c’est plus français de choisir soit le féminin, soit le masculin.

Concernant le chapitre pratique, je trouve dommage que les pistes proposées soient souvent tournées en mode négatif quand on sait que le « ne pas » se faufile difficilement jusqu’au cerveau.

Concernant le secret professionnel évoqué à la fin du chapitre des transmissions, il me semble que la législation évoquée, page 33, parle de discrétion concernant les Auxiliaires de puériculture et les Éducateurs de Jeunes Enfants .

Pour les câlins et bisous, je comprends le positionnement proposé mais je maintiens que ce que l’adulte ne VEUT PAS importe autant que ce l’enfant VEUT.  En pratique, il y a des situations dans lesquelles je peux refuser un bisou, parce que ça me déplaît. Je l’explique à l’enfant et il comprend. A la place je propose un moment sur mes genoux et contre moi, si l’enfant est d’accord. Le bisou n’a pas à avoir le monopole quand un enfant a besoin d’être rassuré ou consolé. Apprendre le consentement, c’est aussi du respect réciproque entre tous les individus.

En conclusion, j’ai appris des choses et j’en ai revues d’autres. Comme je ne sais rien « par cœur » et que j’en apprends tous les jours, ce livre est donc un genre de pense – bête (non péjoratif).

Sans parler de « bible du pro de la petite enfance », je dirai que c’est un manuel utile, une sorte de référentiel. Indispensable ? Je ne sais pas. Comme il regroupe de nombreuses infos importantes, il pourrait le devenir. Quand internet  ou d’autres titres sont inaccessibles, il le sera, c’est certain puisque je peux le mettre dans mon sac !

Cela dit, le monde de la petite enfance est mobile. Pour certains thèmes, ce livre aura peut-être, régulièrement, besoin d’une mise à jour.

Dans tous les cas, je remercie les auteures pour leur investissement, leur professionnalisme et ce partage.

Ce livre a toute sa place dans mon sac D’EJE.

Dernier coup de 💚 de 2017

Ma résolution d’acheter moins de livres neufs a été mise à rude épreuve quand j’ai vu ce titre ! J’ai donc cédé à la tentation pour finir cette année complexe sur une note positive.

Le voilà entre mes mains depuis quelques instants ! Il sent bon, il est beau, je l’aime déjà.

Le premier livre de Lire au Monde « Chez moi » est une pure merveille… les auteures continuent sur cette belle lancée de la douce bienveillance, de la tolérance et de l’amour. Voici réunis tous les ingrédients d’un Noël authentique comme j’en rêve.

« Pas d’étiquettes s’il vous plaît » restera en permanence dans mon sac d’EJE (d’ailleurs il va m’en falloir un plus grand et résistant). C’est une jolie pépite-outil dont j’espère faire l’usage qu’il mérite.

S’il vous tente, il me semble qu’il est encore temps pour l’avoir sous le sapin.

Bons moments de fin d’année à tous et à bientôt sur ce site !

Noël autrement en littérature jeunesse

 

Comme promis, je vous partage mon ressenti sur deux nouveaux petits formats que j’ai pu offrir à mon cadet sur le thème de Noël.

A part Michka (père Castor), nous n’avions aucun titre sur le sujet. A la bibliothèque, c’est difficile de trouver des titres sans la croyance au bonhomme blanc et rouge. Heureusement le cadet ne s’y intéresse, de loin, que maintenant.

Pour ceux qui me suivent, vous savez que je porte peu le père Noël dans mon cœur…surtout ce qu’il est devenu, un genre de symbole de la surconsommation… Trop loin du partage et de l’authenticité qu’il est censé véhiculer. Son existence imaginaire ne me pose aucun problème, en tant que personnage. C’est d’y faire croire et d’alimenter la crédulité des plus jeunes qui me dérangent.

Agathe le connait comme un personnage d’histoire mais elle sait qui apporte les cadeaux à Noël sous le sapin : sa famille. Cette histoire réunie toutes les valeurs de Noël auxquelles je crois, avec des jolis rituels.

Quant au Noël de Balthazar, outre le fait que sa peluche est vivante, (je suis souvent agacée par l’humanisation des animaux. Ils sont loin de nous ressembler, dans le sens où ils semblent respecter leur habitat et leur congénères…, mais je ne suis pas zoologue. C’est étonnant de la part de la « pédagogie » montessorienne que ce « doudou » soit personnifié.) c’est un livre qui m’a mis la larme à l’œil tellement donner est plus important que recevoir.

Je m’en tiens à mes ressentis, car le cadet les a écoutés comme il écoute toutes les histoires. Sa préférence est actuellement aux trains.

 

La passion du Livre

Quand on est EJE, je dis ON car je pense que nombreux sont les EJE à partager ce point de vue (pas tous, mais quelques-uns…) donc quand on est EJE, en général, on aime beaucoup beaucoup les livres.

Quand j’entends que « celui-ci » ou « celui-là » n’est pas/plus « adapté » et bien ça m’agace.
Dans le secteur jeunesse, je ne mets aucune tranche d’âge. Le lecteur, de sa naissance à sa mort, a la liberté de lire ce qu’il veut !!!

De quel droit un adulte déciderait à la place d’un enfant ? ça vous plairait que quelqu’un vous impose une lecture ? C’était déjà bien suffisant durant notre scolarité !

La lecture, les livres, ce n’est pas forcément par étape, par thème, par acquisition, par événement.

Par exemple, si un enfant veut lire cacaboudin

alors qu’il ne porte plus de couches depuis longtemps, pourquoi pas ? Quelle est la contre-indication ?

Un enfant a des questionnements, des envies qui nous échappent. Parfois, il les gère seul (au moyen d’histoires) et c’est très bien.

Je vous partage les droits des lecteurs selon Daniel Pennac :

droits_du_lecteur_de_Pennac

Belles lectures à tous !!!

Mon livre préféré en littérature jeunesse : (et Cadet de presque 4 ans, l’écoute avec plaisir depuis longtemps !)

y’a pas d’âge pour le plaisir de lire.

Place du handicap dans mon parcours

J’ai fait partie des étudiants dont la formation d’éducateur de jeunes enfants a duré 27 mois. Aujourd’hui après une réforme, c’est 6 mois de plus pour obtenir le diplôme d’Etat. La formation comporte une partie théorique et une autre pratique sous forme d’apprentissage en milieu professionnel.

Pendant ma formation, j’ai beaucoup réfléchi au choix des stages. On avait le droit à 3 vœux dans un ordre précis. Les miens ont été exaucés. Tous mes stages ont été formateurs, même quand ça ne s’est pas passé comme je l’aurai souhaité.

Aparté : Je me rends compte avec les problèmes que rencontrent aujourd’hui les étudiants à cause de la gratification des stages, que j’ai eu beaucoup de chance de tous les valider. La formation est d’ailleurs en danger si la loi n’est pas modifiée. Je ne suis pas trop les actualités à ce sujet mais j’espère que les étudiants des promotions en cours obtiendront gain de cause.

Durant la formation, il y a certaines notions que nous ne voyons pas de façon approfondie, telle que le handicap. Par manque de temps. Les stages sont aussi proposés pour répondre à cette lacune.

stage IEM

stage IEM

L’éducateur de jeunes enfants étant amené à travailler auprès de tous les enfants, il a toute sa fonction en milieu spécialisé. J’ai acquis cette conviction grâce à un stage. Le handicap dans la vie d’un enfant prend beaucoup d’espace. Pourtant l’enfant handicapé est avant tout un enfant. Notre rôle est de lui permettre de profiter de son enfance, presque comme les autres enfants de son âge. Nos propositions sont les mêmes, on les réfléchit et on les adapte.

Mon plus long stage s’est ainsi déroulé en Institut d’Education Motrice (IEM) avec des enfants en majorité infirmes moteurs cérébraux (IMC). C’est-à-dire en coque de maintien et en fauteuil roulant. La plupart des enfants ne sont pas autonomes, ne parlent pas (ou pas encore), ne se déplacent pas, mais ils communiquent. Ce fut le sujet de mon mémoire : la Communication Non Verbale.

J’ai été malmenée par la recherche de mon identité professionnelle. Il m’a fallu revoir mes objectifs et j’ai du élargir le sujet de mon mémoire à tous les enfants, pas seulement les enfants porteurs de handicaps. J’ai ainsi abordé le sujet en observant plus attentivement les bébés et les jeunes enfants qui ne parlent pas, durant un stage supplémentaire.

Tout ça pour dire que le handicap, dans notre métier, a sa place. Les concepts parcourus en formation seront revus et forcément approfondis en stage ou sur le terrain. C’est de toute façon une expérience qui mérite d’être vécue. Notre positionnement est parfois mis à mal. L’équipe de collègues devient pluridisciplinaire ce qui rend les échanges de points de vue variés et c’est très profitable à tous.

Aparté : « Être autiste ne signifie pas être inhumain. Cela signifie être étranger. Cela signifie que ce qui est normal pour les autres ne l’est pas pour moi et ce qui est normal pour moi ne l’est pas pour les autres. A certains égards je suis très mal équipé pour survivre dans ce monde comme un extraterrestre échoué sur la terre sans manuel d’orientation. Mais ma personnalité est intacte, ma conscience de moi n’est pas altérée. Je trouve beaucoup de sens et de valeur à ma vie et je n’ai aucune envie d’être guéri de moi-même.
Si vous voulez m’aider, n’essayez pas de me confiner à une mince partie du monde que vous pouvez changer pour me caser. Accordez moi la dignité de me rencontrer selon mes propres ter
mes.
Reconnaître que nous sommes également étrangers l’un à l’autre, que ma façon d’être n’est pas simplement une version déficiente de la vôtre.
Interrogez vous sur vos présupposés. Définissez vos mots. Travaillez avec moi à construire davantage de ponts entre nous. »

Jim Sinclair (personne autiste), citation tirée de ce lien : Récits de personnes autistes

Lecture : le voyage d’Anton

Anton

« les premières années de la vie d’Anton, atteint d’un syndrome neurologique le rendant différent des autres ».

Ou plutôt re-lecture. J’ai lu ce livre il y a dix ans de cela, quand il est sorti. Mon exemplaire est dédicacé par Anton, himself ! J’en suis très fière !

Je relis peu les livres bien rangés dans ma bibliothèque et je me rends compte que c’est dommage car il y a toujours quelque chose qui nous échappe à la première lecture. Je comprends d’autant plus ce besoin qu’ont les enfants de lire ou d’entendre raconter la même histoire, presque inlassablement…

L’émotion a été la même, je m’en souviens encore. Le message, par contre, a résonné bien plus fort !

J’ai fait la connaissance d’Anton quand il était dans la classe Arc-en-ciel. Sans diplôme ni formation, la directrice de l’école m’a accordée cette chance extraordinaire de travailler avec elle, son équipe et tous ces enfants. Durant ma présence dans ce groupe scolaire, ma vocation est née…elle a pris forme, elle était tapie en moi, attendant le déclic.

Toutes ces rencontres restent parmi mes plus beaux souvenirs. Des années intenses et bien remplies…mes collègues sont restés de très bons amis. Relire le voyage d’Anton m’a replongée dans ma vocation première : accompagner des enfants que l’on dit « en difficulté et différents »…plus je les fréquentais plus je pensais que c’était le monde qui avait des difficultés, et pas eux !

Et puis, je suis partie me former. La nécessité d’en savoir plus m’a donnée des ailes. Je suis retournée aux enfants lambda, si je puis dire. Un jour, je reviendrai vers la différence, en me demandant toujours « qu’est-ce donc que la normalité ? ».

C’est sa mère, Mariana Loupan, qui raconte ce parcours atypique, presque un voyage initiatique, dans lequel il y a un vrai voyage.

Extraits : « Pour nous, entendre parler d’école, c’était comme entendre parler du paradis, de quelque chose d’inaccessible  dont nous n’osions même pas rêver. Anton aurait le droit d’aller à l’école comme tout le monde ? Nous étions si épuisés par notre parcours du combattant, par l’hostilité et l’indifférence du système que l’idée même que notre fils ait des droits, nous avait échappé. A commencer par le droit à l’éducation. »

« C’est ce qui arrive souvent aux enfants comme Anton. Il parle peu, on lui parle moins. Il a du mal à tenir son crayon, on dit qu’il n’écrira pas. Il ne comprend pas une consigne, on n’insiste pas. On présume qu’il ne peut pas. On pose des limites. L’univers de l’enfant rétrécit, tout naturellement, et l’enfant reste sur le bas-côté. Je veux qu’on lui tende la main pour prendre la sienne, pour l’aider. Non pas pour lui donner des miettes. Je veux qu’il marche à côté des autres, la tête haute. »

« Parfois, une simple phrase peut changer le cours d’une vie. Pour moi, elle a été prononcée à Jérusalem, un matin de février 2000, par le professeur Reuven Feuerstein : « C’est à vous de choisir… ».