Lecture 1. Manuel de survie

J’ai mis un peu de temps à le lire. Ça se lit autrement qu’un roman et j’en ai lu 3 en même temps que ce manuel.

Pour les + de ce livre, j’aime :

– son format. Idéal dans un sac.
– sa structure  : pratique à utiliser avec son index et sa table des matières détaillés.
– son ton : il est juste. Je ne saurai argumenter. C’est un ressenti. Écrire à 4 demande sûrement des consensus. Le résultat ressemble à la neutralité de la Suisse. C’est impartial.
– ses illustrations : pas pour leur style, mais pour leur présence. Mes yeux ont apprécié.


– son contenu : clair, concis. Exactement ce que je recherche pour un manuel de survie. Si nous avons besoin d’approfondir, des références sont proposées. Je suis restée sur ma faim pour le « parler bambin » mais l’essentiel est expliqué.

Pour les – :
– l’allaitement, que ce soit pour les parents ou pour les professionnels, est à peine effleuré. Je sais que le rôle de l’EJE est concentré sur l’enfant. Pour ceux qui me connaissent, c’est un sujet que j’ai à coeur. Sûrement parce que je ne souhaite à personne de vivre mon expérience difficile.

[Aparté :  C’est-à-dire de tirer son lait à la va-vite durant une pause déjeuner d’1h. Selon mon ancien employeur, tirer son lait ce n’était pas allaiter donc je n’avais pas le droit à l’heure, (2 fois 1/2h) en dehors de la pause légale. Des fois que je revende le lait tiré au marché noir ou que j’en fasse du fromage que je serai allée vendre au marché de Forville (marché cannois). A 80 € le litre, j’aurai été riche. Sauf que si je n’avais pas été aussi épuisée, j’aurai préféré avoir un surplus et le donner à un lactarium. …Oui j’avoue que cet épisode me reste en travers de la gorge,  quand j’y repense, car c’était vraiment de la mauvaise foi et un cruel manque d’humanité. Disons que la fatigue engendrée n’est pas étrangère au burn-out qui, inévitablement, a suivi…]
Je trouve donc cela dommage que cette information soit la grande oubliée de ce manuel. De manière concise, il me semble important que les parents et les professionnels sachent ceci :

 "Art. L 1225-30.
 Pendant une année à compter
 du jour de la naissance,
 la salariée allaitant son 
enfant dispose à cet effet
 d’une heure par jour durant
 les heures de travail.
 Art. L 1225-31.
 La salariée peut allaiter 
son enfant dans
 l’établissement."

Pour en savoir plus : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F1769

C’est un détail qui avait, selon moi, toute sa place dans le chapitre « législation », après le congé parental.

Aucun autre point négatif pour ma part. A part une incompréhension du choix de l’ordre des thèmes notamment l’entretien d’embauche entre les chapitres de l’observation et de la distance professionnelle puis la Validation des Acquis et de l’Expérience au milieu de la bientraitance et de la co-éducation dans la partie « cadre ». J’aurai bien lu « qu’est-ce que le lien d’attachement ? » et  « quelle place pour les câlins, bisous et surnoms ? » après la distance professionnelle au lieu de quitter les « transmissions »  (page 325) qui évoquent la co-éducation (page 229) et la distance professionnelle (page 213),  par exemple. Ce qui me fait dire qu’un manuel ne se lit vraiment pas comme un roman !

Je suis la dernière à avoir une logique dans mes pensées et mes écrits donc ce n’est pas une critique, c’est un simple constat.

Je trouve l’écriture inclusive illisible mais en dessous du paragraphe sur les « qualités requises en tant qu’éducateur de jeunes enfants » (p250), il est écrit  » il faut savoir être créative ». Je sais que le métier est majoritairement féminin. Dans ce cas, c’est plus français de choisir soit le féminin, soit le masculin.

Concernant le chapitre pratique, je trouve dommage que les pistes proposées soient souvent tournées en mode négatif quand on sait que le « ne pas » se faufile difficilement jusqu’au cerveau.

Concernant le secret professionnel évoqué à la fin du chapitre des transmissions, il me semble que la législation évoquée, page 33, parle de discrétion concernant les Auxiliaires de puériculture et les Éducateurs de Jeunes Enfants .

Pour les câlins et bisous, je comprends le positionnement proposé mais je maintiens que ce que l’adulte ne VEUT PAS importe autant que ce l’enfant VEUT.  En pratique, il y a des situations dans lesquelles je peux refuser un bisou, parce que ça me déplaît. Je l’explique à l’enfant et il comprend. A la place je propose un moment sur mes genoux et contre moi, si l’enfant est d’accord. Le bisou n’a pas à avoir le monopole quand un enfant a besoin d’être rassuré ou consolé. Apprendre le consentement, c’est aussi du respect réciproque entre tous les individus.

En conclusion, j’ai appris des choses et j’en ai revues d’autres. Comme je ne sais rien « par cœur » et que j’en apprends tous les jours, ce livre est donc un genre de pense – bête (non péjoratif).

Sans parler de « bible du pro de la petite enfance », je dirai que c’est un manuel utile, une sorte de référentiel. Indispensable ? Je ne sais pas. Comme il regroupe de nombreuses infos importantes, il pourrait le devenir. Quand internet  ou d’autres titres sont inaccessibles, il le sera, c’est certain puisque je peux le mettre dans mon sac !

Cela dit, le monde de la petite enfance est mobile. Pour certains thèmes, ce livre aura peut-être, régulièrement, besoin d’une mise à jour.

Dans tous les cas, je remercie les auteures pour leur investissement, leur professionnalisme et ce partage.

Ce livre a toute sa place dans mon sac D’EJE.

Mes compétences sont disponibles, qui en veut !!??

Je suis EJE de formation. Pour des raisons personnelles, il m’est impossible d’exercer sur le terrain avec les quotas actuels. Je suis même écœurée d’avoir exercé dans ces conditions. Quand j’y pense, j’ai la nausée. Après 1 an, de repos forcé, je suis prête à mettre en pratique mes savoir-être et savoir-faire ailleurs qu’en EAJE (« mais t’es folle, tu te grilles dans le milieu… » « Oui, enfin, pour ce qui m’est proposé, je m’en remettrai »).

Je suis à la recherche d’une voie professionnelle qui me permettrait de proposer mes compétences, à ceux qui en ont besoin, telles que je les porte, sans avoir à me transformer en wonder-woman (et non, je n’ai pas eu la chance de grandir sur l’île de Themyscira, comme la belle princesse Diana).

Ça me plairait d’accompagner des enfants « porteurs de handicaps mentaux » à l’école maternelle/primaire ou même en institut. Le terme c’est auxiliaire de vie scolaire (AVS) ou autre chose (ça change tout le temps). J’ai postulé récemment. Il m’a été demandé une lettre de motivation (manuscrite, à envoyer par mail !!). J’en ai marre de ces procédures à la noix. Si je postule, c’est que je suis motivée, rencontrons-nous afin d’en discuter de vive voix. Oui je sais, je suis hors critères (CUI CUI et trucs machins) mais j’ai envie de dire, on s’en fout, non ? J’ai envie, c’est tout. Oui, je sais, je ne suis ni précaire, ni sous-diplômée, mais… est-ce tout ce qui est recherché pour accompagner des enfants à forts besoins ?? Et cette histoire de fin des contrats aidés… où est la logique avec la promesse que tous les enfants auront leur AVS à la rentrée ? Nous sommes le 19 septembre 2017, et si j’en crois BMFTV, « 3500 élèves sont privés d’école, faute de personnel… » Pardon ? Faute de quoi ? Et moi, je suis du vent dans la plaine ? Je suis sûre que nous sommes nombreux à attendre un hypothétique « poste ». Si quelqu’un cherche, je vis dans le 06, près de Cannes. Pour me contacter, il est possible de me laisser un commentaire sous cet écrit.

Ça me plairait aussi d’accompagner des enfants dits « lambdas », de tous âges, dans leur découverte de la vie. Avec des horaires « humains », au plus proche de leur rythme. J’imagine un lieu de vie dans lequel, le petit déjeuner aurait lieu quand les enfants ont faim, pour la plupart après 9h. Commencer la journée par un moment convivial, quel idéal ! Continuer avec une matinée en extérieur, au jardin, à la ferme, à la pêche, en forêt, au marché… ; préparer le déjeuner ensemble ; profiter d’un temps de pause, calme, lecture, jeux de société et enfin terminer l’après-midi par du bricolage, de la pâtisserie, l’entretien des parties communes…de la méditation selon les besoins, une collation si nécessaire et fin de la journée avec jeux libres jusqu’au départ avec les familles. Y’a de quoi s’occuper et apprendre les choses essentielles de la vie. Dans tous ces moments, il y a du concret et en faire l’expérience permet d’assimiler des notions plus aisément. Le bien-être à l’école, est-ce que je rêve ? Qu’est-ce que j’attends pour créer cette « école » alternative, me direz-vous ? Et oui, bonne question, qu’attends-je ? Seule, je sais que j’aurai du mal à y arriver, chacun a des épaules plus ou moins larges. Ma carrure est toute mince et a assez de fardeaux à porter. Alors, je n’ai aucune honte à dire que OUI j’aurai besoin d ‘aide ! de conseils avisés, de guidance de personnes qui sont dans l’aventure…toussa toussa. Oui c’est un appel.

Pour faire un peu CV et lettre de motivation, voici la liste de mes compétences acquises au cours de mes dix années d’expérience, à domicile, en saison en EAJE, en EAJE municipaux…et avant le DE, en groupe scolaire auprès d’enfants porteurs de handicaps mentaux ( en CLIS et UPI).

  • Accueil, encadrement, de jeunes enfants, d’enfants polyhandicapés et porteurs de handicaps mentaux. Accompagnement en lien avec les familles.
  • Proposition de médiations et actions éducatives pour favoriser le développement global de l’enfant.
  • Travail et encadrement d’équipe éducative ; élaboration et conduite de projets.

A part cet encart politiquement correct, je sais observer finement, écouter attentivement, échanger calmement, réfléchir tranquillement mais aussi urgemment. Je sais analyser des situations. Je sais rédiger des écrits (projets, compte-rendus…). Je suis dans une optique de bienveillance (ni laxiste, ni permissive), même si je suis loin d’être parfaite. C’est un de mes défis professionnels.

Mes qualités et mes défauts sont visibles rapidement sur le terrain, dans la mesure où je suis entière, honnête même si parfois réservée. Je dirai ce que j’ai à dire au moment opportun. J’attends, en retour, que l’on me dise aussi ce qu’il y a à me dire. C’est la base de la communication car les « non-dits » et même les « on-dit » c’est pénible et lourds de conséquence et de temps perdu.

 

Ah oui, et je m’appelle Mickaëlla.

Ravie d’avance ! Nice to meet you !

Le métier d’Éducateur de Jeunes Enfants est-il en danger ?

Cette question, je me la pose depuis un moment suite à diverses lectures, notamment sur le net et les réseaux sociaux.

Encore plus depuis la parution récente de ces articles :

FIN EJE

Un dossier intitulé « Est ce la fin des EJE » est paru dans EJE Journal n°53 (Juin / Juillet 2015)

Une collègue a partagé une synthèse sur son site : la fin des EJE ?

Ce serait dommage qu’un métier si peu connu disparaisse…ou alors ce serait une fin logique, comme son arrivée, dans le silence et l’ignorance… Les EJE œuvrent dans l’invisible et crient à la reconnaissance. Le but de mon site se situe dans le même axe.

Parce que :

la formation est utile,

le métier est essentiel,

la spécificité est primordiale !

J’ai cessé de m’inquiéter, le jour où j’ai compris que je pouvais agir. S’il y a besoin je passerai à l’action pour cette cause. Pour le moment, il est difficile de réellement savoir à quelle sauce l’avenir des métiers du social sera agrémenté. Tout peut encore changer. Aux prochaines élections notamment… ou pas.

J’avoue qu’il y a des périodes sombres où je me sens, personnellement, totalement inutile. Chaque jour, je me lève en me disant que le peu que je dis, le trop que je pense, ce que j’écris quand je prends le temps…Tout cela ne change absolument rien au quotidien des enfants accueillis en structure petite enfance. Rien. Rien contre l’immobilisme de certains politiques. Rien contre des pratiques de professionnels d’un autre temps qui clament haut et fort : « on a toujours fait comme ça », « qu’est-ce qu’on se prend la tête aujourd’hui pour s’occuper des enfants !! », « avant on était plus spontanés et les enfants ont grandi sans traumatismes !! »…

fait comme ça

Une de mes collègues dit toujours que « on » est un con. Elle a raison.

En attendant, en agissant, je propose que chaque EJE qui le souhaite, fasse une sorte d’inventaire de ce que savent, comprennent, pensent leur entourage personnel et professionnel de leur métier. Avec un court questionnaire, comme support, par exemple.

Chacun le rédigera comme il le préférera. Je le prends comme un jeu, une interview, pour re-mettre à jour les connaissances de ceux qui m’entourent. D’abord je pose les questions, je prends les réponses, je rassemble les données comme ça me parle le mieux (tableau, résumé…) L’idéal est de ré-expliquer si nécessaire. Comme nous aurons « corrigé », il n’y aura pas besoin d’analyser les résultats puisqu’ils seront réactualisés dès la fin de la conversation, de l’échange.

Et puis la journée du Printemps de la petite Enfance peut servir à remettre les pendules à l’heure. Je suis toujours étonnée de constater le nombre de famille qui ne sait pas quel est mon rôle, ce que je fais au quotidien…

Voici les questions auxquelles je pense :

1. Qu’est-ce qu’un Éducateur de Jeunes Enfants ?

2. Quel est son rôle ?

3. Où travaille t-il ?

4. Quelle tranche d’âge d’enfants est concernée par ce métier ?

5. Que pensez-vous de sa place dans le secteur de la petite enfance, du social ?

Même si j’hésite à partir, changer de voie, j’essaie au mieux de tenter quelque chose.

« Parfois résister c’est rester, parfois résister c’est partir »…ChT-

Après tout, nous avons tout à y gagner. Qui ne tente rien n’a rien.

Cette réforme du tronc social est peut-être positive. Le changement fait toujours cet effet de crainte, parce que l’acquis est touché. En fait je ne sais pas, je ne sais rien. L’avenir nous le dira.

EJE ?

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Qu’es aquò ? Kesako ?

Je peaufinerai avec le temps mais aujourd’hui pas de définition toute faite ou tout droit sortie d’un site d’information.

Je préfère partager ce que j’en ai vu et expérimenté depuis 2004 (début de ma formation).

Avant de commencer ces études, je pensais qu’être éducateur de jeunes enfants c’était être présent au quotidien auprès de jeunes enfants et les accompagner pendant leur temps de présence sans leurs parents, c’est à dire prendre le relais. Les enfants ne peuvent pas vivre sans adultes et sans cadre. Y’a qu’à laisser faire pour voir très très vite ce que ça peut donner.

Huit ans après, je pense la même chose de ce métier avec plus de nuances et de responsabilités. Être éducateur de jeunes enfants c’est aussi être au service des familles, pas à leur disposition mais disponible pour :

  • accueillir,
  • rassurer,
  • répondre aux questions,
  • guider,
  • soutenir quand c’est demandé,
  • écouter,
  • échanger,
  • proposer…et c’est pareil pour l’enfant et le groupe, pour l’équipe de collègues.

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Tout ce qui est appris, questionné, argumenté pendant trois années de formation, est rendu public,  partagé et remis en question en permanence pour que ça évolue, ça se concrétise, ça se transforme en projets et pour constamment en évaluer la teneur.  

Rien n’est figé, tout est malléable dans le respect de chaque individu.

Collègues EJE, parents, familles,  ce que vous pensez, voyez, comprenez de ce métier m’intéresse. Vos commentaires sont les bienvenus, merci de faire vivre ce blog !

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Des hommes dans le milieu de la petite enfance ?

Sujet abordé le 30 Mars 2013 sur overblog

C’est une question qui m’intéresse depuis longtemps. Je n’ai jamais pris le temps d’écrire à ce sujet. Je suis convaincue que des hommes ont toute leur place dans le milieu de la petite enfance et ça me désole que certains traversent des expériences douloureuses…et se sentent obligés de changer de voie. Quand on prône la parité, l’égalité des sexes et que sais-je encore…quelle est la cohérence de ne voir que des femmes accompagner de jeunes enfants en collectivité ??

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Articles intéressants :

Des hommes à la crèche, c’est possible ?

Ronan, éducateur de jeunes enfants, un homme à la crèche.

La cause des hommes.

La petite enfance, clé de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Site d’un éducateur de jeunes enfants. Et son interview.

Être éducateur de jeunes enfants.

A vous de vous faire votre propre opinion.

Source de l’image mise en avant : Expérience EJE de Jérémy

 

Fête ceci, faites-cela !

D’après mon agenda, il y a une fête des grands-pères le 6 octobre. ?!

Je découvre cette année son existence…comme quoi…
Aucun grand-père ne s’est plaint depuis 2008, quelle chance !

grand pere

La fête…des mères, des pères, des grands-mères et des grands-pères…Pourquoi pas des oncles, tantes, cousins… ?

La saison des fêtes…c’est toute l’année en fait !  A croire que l’Humanité ne peut pas vivre sans ces temps datés. La vie serait morose, j’imagine. J’ai donc écrit un article sur les fêtes en structure petite enfance, les fêtes calendaires « laïco-religieuses ». J’avais fait l’impasse sur les ajouts de la République.

Dans ce billet, je parlerai en mon nom propre, sachant que les EJE ne partagent pas tous le même point de vue et encore moins tous les professionnels de la petite enfance. Petit rappel : j’ai grandi dans un environnement où le sens de la famille m’a échappé et peut-être le sens de la fête avec, mais je me soigne 😉

C’est mon histoire personnelle qui a en partie forgé mon caractère et façonné mon tempérament. Depuis toute petite,  j’ai peur des élans fêtards, bruyants, criards…rien que dans le vocabulaire choisi, il est évident que je ne suis pas remplie d’allégresse comme mes pairs quand « c’est la fête ! ». Les débordements sont synonymes, pour moi, de non-maîtrise. J’ai trop souvent vu associés l’alcool et le tabac, (sans parler d’autres substances illicites) à ces moments, soi-disant, joyeux…Finissant en débauche pathétique avec toutes sortes d’artifices et de superficialité. Je trouvais tout cet étalage « m’as-tu vu » vraiment anxiogène. Évidemment j’ai entendu toute ma vie les arguments « mais on s’amuse, détend-toi, lâche-prise… » Lâcher-prise, oui sans doute, mais pas à ce genre de fêtes.  D’ailleurs je m’égare et je digresse, désolée.

Pour en revenir au sujet initial, quelque soit la fête, dès lors qu’elle se répète d’année en année, elle m’embarrasse, me déconcerte. Paradoxalement, je suis émue que l’on puisse rassembler autant de personnes dans des moments solennels et/ou festifs, quand ils sont vécus avec sincérité, comme peuvent l’être, encore parfois Noël, la St Sylvestre, Pâques, les anniversaires, le carnaval

La fête des mères en tant qu’enfant m’a souvent parue comme une corvée. Il fallait trouver une idée de cadeau ou suivre des consignes. J’y trouvais peu d’intérêt. Je n’ai aucun souvenir des réactions de ma mère. En tant que mère, j’ai parfois été déçue par ce que ramenait mon fils. Surtout quand je remarquais qu’un adulte avait sûrement mis plus de cœur à l’ouvrage que lui ! Les finitions étaient loin d’être enfantines. C’est l’intention qui compte ? Justement, quelle est l’intention d’un enfant de moins de 3 ans, d’un enfant de moins de 7 ans, etc ? Faire plaisir à sa maman, son papa ? Sûrement. Encore que, qui en est sûr ? La question leur est-elle posée ? Personne n’a eu l’air de remarquer mon désintérêt total dans la fabrication de ces présents durant ma scolarité.

@jout anecdotique de 2016 : mon fils de 2 ans a refusé de participer à l’activité dont le résultat était prévu pour mon cadeau de fête des mères. L’assistante maternelle ne l’y a pas forcé. Il a l’âge de l’exploration, s’asseoir pour manger et goûter c’est suffisant pour lui. Il est moteur, déménageur et son grand jeu du moment c’est de tout répéter. Un soir, avant de le coucher après le je t’aime et le câlin, il a répété « je t’aime » et il a ajouté maman. Je crois que c’est mon plus beau cadeau de l’année.

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La fête des pères. Nous y voilà. C’est ici que les avis ont commencé à diverger. Comme s’il avait été nécessaire que cette fête soit instaurée pour remettre en question celle des mères. J’ai entendu des « mais si l’enfant n’a pas de père, de mère ? » On est au 21 ème siècle, tous les enfants ont un père et une mère ! Ah ? Pardon ! Autant et au temps pour moi (les 2 dans ce contexte sont valables), il s’agit d’un géniteur et d’une génitrice. Être père, être mère c’est finalement être présent dans la vie d’un enfant (même dans l’absence/en souvenir). C’est maintenant clair, ces fêtes prônent la parentalité sociale et pas forcément biologique. 

Professionnellement, même si j’ai un avis personnel net et précis, je trouve compliqué d’affirmer que je pense ainsi et pas autrement à une équipe. Les EJE dans leur mission se positionnent inévitablement. Ils s’adaptent par la même occasion. Il y a l’art et la manière de le faire. Partager, échanger sur les différences, penser au bien-être des enfants et choisir ce qui convient le mieux en fonction du projet pédagogique, c’est essentiel.  

A domicile, j’ai accompagné volontiers l’enfant qui m’a demandé un cadeau pour sa maman, son papa, son papi, sa mamie.

Il est des avis personnels qui peuvent devenir des avis professionnels ou pas. Être professionnel c’est être fiable. Ce qui fait de nous un individu c’est un tout, pas seulement une partie de nous. Quel serait l’intérêt de se rendre au travail  en laissant son vécu de parent au vestiaire ? C’est vrai que certaines personnes endossent presque un déguisement pour travailler. Je trouve que c’est dommage et même dommageable. Quand on nous prévient qu’il est convenu d’éviter de mélanger vie privée et vie professionnelle, c’est surtout concernant la vie intime et les commérages qui s’ensuivent mais pas la vie quotidienne. Surtout que nous passons le plus clair de notre temps au travail quand on en a un. A moins d’exceller dans le dédoublement de la personne, ce qui ferait de nous quelqu’un de potentiellement dangereux, il est compliqué d’enfiler la blouse du parfait EJE tous les matins de la semaine. Ah zut, encore une digression.

En conclusion, même si ce n’est pas ma tasse de thé de « faire la fête pour faire la fête », même si les fêtes instituées me dérangent, je suis ouverte à tout ce qui est pensé, proposé, créatif et bien vécu par tous. (lien inactif de Passerelle-eje) On m’objectera qu’il est difficile de satisfaire tout le monde. Pourtant il est possible de réfléchir à des projets moins orientés dans lesquels on peut tous se retrouver.

Le changement c’est dès 2013

Je me suis lancée en septembre 2012 via overblog (blog fermé) :

J’me lance !

Bonjour,

Je suis éducatrice de jeunes enfants. Ce métier est à peine connu ? C’est peu dire. Pourtant si on veut se renseigner, internet répond à bien des questions. Il y a pléthore de sites et de blog. Alors pourquoi pas le mien, mon expérience, mes doutes, mon évolution…? Le vécu peut aider à comprendre. Je pars de ce postulat. J’y vais !

Retour en arrière : 1ère expérience en collectivité = 2 mois dans les Alpes ou comment mettre en pratique de la théorie accumulée durant 3 années…loin de sa famille et dans un lieu inconnu.

montchavin

Retour positif. Enfin une expérience sur mon C.V, de quoi échanger durant un entretien. Du concret avec un groupe d’enfants et surtout des collègues, des EJE pour le meilleur et le moins bien aussi ! »

Et en février dernier sur blogspot.
Ma volonté, depuis, est d’avoir mon propre site, d’être indépendante en quelque sorte.
Je lis souvent que le métier d’Éducateur de Jeunes Enfants n’est pas connu et encore moins reconnu. Peut-être qu’il ne tient qu’aux EJE de changer la donne. Sacré défi ! Je tente l’aventure en parlant de mes ressentis et expériences de professionnelle mais aussi de mère. Je suis un individu, pas une machine. Quand je pars au travail, je n’enfile pas la blouse de la parfaite professionnelle, loin de là. Y’a pas de secret, elle n’existe pas la blouse, ni la perfection ! Je reste moi, en laissant ce que je peux de mes préoccupations au vestiaire. Tout ça pour dire que je ne propose rien d’autres que des pistes. Les solutions sont en chacun de nous.
Comme je sentais que j’atteignais les limites des hébergeurs de blogs,  je migre chez moi. Mon ambition commence ici sa route.

Mes premiers pas sont aussi hésitants que sur les autres hébergeurs. Il y a encore plus de fonctionnalités et de possibilités de personnaliser, c’est vertigineux ! Je tâtonne, j’expérimente, je cherche, je change…Comme pour toute nouveauté.

Je commencerai donc par rééditer des articles déjà parus, au fur et à mesure,  je fermerai les blogs quand j’aurai tout fini et je continuerai à écrire. Je reste à l’écoute de suggestions et avis différents. Je répondrai aussi régulièrement que possible à vos commentaires même si je suis moins disponible qu’auparavant. Je suis en contrat à durée déterminée d’encore quelques mois.
Bienvenue !!