Comment parler à mon petit frère ?

Faut-il reprendre les formulations des enfants ? Faut-il corriger  leur français ?

Récemment, j’ai repris mon fils aîné, majeur et vacciné en conversation avec son frère, de bientôt 5 ans. Nous regardions plusieurs parapentistes prendre un courant ascendant. C’était un joli spectacle, de mon point de vue. Le petit frère, dans les bras de son grand frère, s’est exclamé : « c’est ridicule !!! ». Le grand, outré, (c’est ma perception) a répondu : « mais non, ce n’est pas ridicule !! » Comme je les ai entendus, je me suis permise de dire à l’aîné, qu’il pouvait parler à son frère, sans le reprendre.

Je ne reprends jamais les enfants. Je reformule pour qu’ils entendent comment je dis. J’ai donc suggéré au grand de proposer un mot qui lui semblait adapté, au lieu de corriger. C’était, de toute façon, son droit le plus absolu de trouver ce spectacle ridicule, mais je pense qu’il a confondu. Il a réclamé à faire du parapente dans la minute qui a suivie. L’aîné m’a alors demandée d’écrire un article sur comment parler à un enfant de 5 ans. Dans l’exemple du « c’est ridicule ! », j’aurai proposé sous forme de dialogue : « je trouve ça agréable à regarder, ça ressemble à une danse de parapentes, qu’en penses-tu ? ».

Exemples :

Mon cadet a une conjugaison toute personnelle. Il dit « je suitait coincé » ; ils sontaient partis ; ils ontaient malades… » A chaque fois, je redis : « oui, j’ai vu, tu étais coincé ; En effet, ils étaient partis avant nous ; C’est vrai, ils étaient tous malades » etc. J’ai des souvenirs désagréables de correction. Je ressentais que l’erreur était interdite et qu’il fallait surtout éviter de la redire, comme si c’était une énorme bêtise non-entendable ! Je doute que ce soit par la correction que j’ai appris. Par la lecture, sans doute et par l’écoute sûrement et puis le temps a fait son affaire.

Le plus simple pour s’adresser à un enfant :

Pour s’adresser à un enfant, la consigne positive est la plus efficace. Testée et approuvée par la plupart des personnes qui font cet effort !

Exemples illustrés de Bougribouillon  que je remercie infiniment de mettre des dessins sur des mots et des concepts parfois considérés comme contraignants. Or c’est tout l’inverse. ça facilite grandement la vie quotidienne.

En images :

  En effet, l’enfant est une personne qui traverse des émotions, de manière bien plus tempétueuse que les adultes. Jamais un enfant ne peut être considéré comme un mini-adulte et encore moins comme un sous-adulte. Il mérite d’être considéré comme un individu à part entière, tout simplement. Lui parler, c’est dire des mots qu’il peut comprendre, utiliser un vocabulaire à sa portée. Le bain de langage, c’est bien joli mais un flot de paroles, ça peut l’inonder. Un enfant ne comprend pas tout. Il comprendra le ton, l’intention, si elle est claire et éventuellement si c’est répété.

En conclusion, être authentique, bienveillant et simple, c’est la clé pour communiquer avec les autres, donc avec les enfants.