Je suis sauvage et j’assume

et j’en suis fière par dessus le marché !

Pour expliquer le titre :

Hier, je disais bon courage à une amie pour sa rentrée car je ne survivrai pas dans un bureau avec un masque. Elle m’a répondue que j’étais sauvage quand j’ai précisé que je venais d’une autre planète et que j’étais incapable de m’habituer à quoi que ce soit de ce genre (= aux directives supérieures, contre mon gré). Elle a raison. Je suis sauvage, et venant d’elle c’est un compliment.

Pas plus tard qu’il y a quatre jours, je suis rentrée de quinze jours de vacances à la montagne. Ressourcée, revitalisée, prête pour la rentrée. Sauf que ma sauvagerie est rentrée avec moi. Forcément, c’est une étiquette qui me colle à la peau depuis que je suis enfant ! « Oh qu’elle est sauvage, en plus elle fait peur avec ses gros yeux bleus perçants ! »

Quels gros yeux ?!

Je me suis donc fâchée avec Des membres de ma famille (élargie) se sont emportés face à mon comportement qu’ils ont jugé insupportable. C’est assez courant. Je m’entends avec très très très peu de proches et moins proches depuis que j’exprime ce que je pense. @jout rectificatif : je suis suivie par un dentiste formidable. De loin le praticien le plus psychologue que j’ai rencontré dans le milieu médical. Quand j’ai raconté que je prenais confiance en moi, que je me sentais irritable etc (suite à son traitement), il m’a répondu : « vous pouvez être fière de vous, voyez-le de façon positive. Ils se sont fâchés avec vous, vous ne leur en voulez pas, ils ont besoin de temps pour intégrer votre saturation de leur négativité ».

Quand j’étais en mode « faux-self », pendant des années, j’ai essayé l’hypocrisie et je la déteste. A priori, j’ai lâché le faux-self, il y a quelques années déjà. Je suis maintenant moi, souvent sans filtre et parfois de manière sûrement trop spontanée… C’est à dire que j’oublie régulièrement de tourner ma langue sept fois dans ma bouche avant de l’ouvrir. Je précise que c’est surtout quand je ressens qu’on me prend pour une tarte à la poire et à la naïveté. Ça me gonfle tellement que ça sort tout seul et BAM dans ta tronche ! Oups, désolée… Enfin bon, il m’a semblée que tu l’as bien cherché et de facto trouvé.

Comme j’aime bien le sens des mots, voici une définition du dictionnaire du mot « sauvage » pour un être humain :  » Il se dit figurément de quelqu’un’e qui se plaît à vivre seul’e et qui, soit par bizarrerie, soit par timidité, soit par indépendance ombrageuse, évite la fréquentation du monde. »

ça s’approche de mon tempérament. Mais c’est inexact.

Je suis sauvage autrement.

« « Sauvage » peut désigner le genre de femme qui vit en liberté et qui en tant que telle n’appartient pas à l’expérience familière des hommes (qu’ils soient de sexe masculin ou féminin). Cela peut également renvoyer à des qualités qui n’ont pas été modifiées, travesties ou détournées par l’action ou l’intervention de l’homme, à comprendre au sens général de « la culture » et plus particulièrement des modèles comportementaux, spécialement pensés pour les femmes, que cette culture valorise, alimente et pérennise. »

Femmes sauvages

Et ça dérange qui ?

Les braves qui n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux.

J’entends souvent cet adjectif au sujet des jeunes enfants, quand ils ne veulent ni dire bonjour, ni faire de bisou, ni toucher, ni regarder etc. C’est mal connaître le destin tragique des vrais enfants sauvages, tel que celui de Victor de l’Aveyron.

L’enfant qualifié de sauvage » en 2020 et depuis trop longtemps est un enfant dit aussi « difficile », qui ne répond ni aux attentes de ses parents et surtout ni à celles de la société. Autant dire, qu’il n’existe pas ! Depuis quand un enfant sait se comporter en société si aucun adulte ne lui montre inlassablement, clairement et correctement ?

Claude Halmos : Parler d’enfant difficile, c’est nier la construction de l’enfant et le rôle qu’y jouent les parents. C’est typique de la psychiatrie dans laquelle nous sommes aujourd’hui. La psychiatrie classique considérait l’individu, sa construction, sa singularité… »

Les enfants difficiles n’existent pas.

Même si nous autres, individus dits « asociaux« , préférons éviter nos contemporains, c’est sans misanthropie. Me concernant, c’est simplement de l’introversion et une inaptitude à ressentir du bien-être avec plus d’un certain nombre de personnes sur un temps donné. Et puis, honnêtement, comme pour tout le monde, il y a des gens avec qui ça passe et d’autres avec lesquels ça casse. Les atomes crochus ne se commandent pas. Leur durée de vie peut être limitée dans le temps.

Je n’ai jamais compris ce qui dérange les autres au sujet de cette catégorie d’êtres humains réservés ? Quel est le problème ? Il arrive que nous soyons en désaccord, et alors ? C’est la vie d’avoir des avis différents, divergents, d’avoir des valeurs auxquelles on tient et de les exposer/partager. Franchement quand un proche me dit, par exemple « mon premier principe éducatif, c’est de ne pas me faire emmerder par les enfants » alors que ça fait quand même 13 ans que je suis éducatrice de jeunes enfants… Ce serait quoi : de la provocation, du mépris ? Je suis censée réagir comment ? Alors oui, étant hypersensible, le quart de tour est un peu mon mode de fonctionnement. Je cours de suite, suivie de près par la colère puis la fureur, surtout si la personne en question me casse les pieds depuis un moment déjà. (Oui, il me reste du temps pour travailler sur les émotions qui me traversent… Etant petite/jeune, je n’avais que le droit de me taire, alors aujourd’hui, ça sort.)

Je me souviens d’un professeur qui avait dit à mes camarades (même pas à moi directement) que j’étais trop sage et que je devrai profiter plus de la vie, du style sortir, m’amuser, fréquenter des garçons, sinon j’allais devenir nonne… Primo de quoi se mêlait-il ? Secondo que savait-il de ma notion de la vie, de l’amusement etc ? RIEN. Tertio, c’est quoi le problème de rentrer dans les Ordres religieux ? Mes parents, aussi réservés qu’ils soient, m’ont tout de même inculquer une base de respect de la singularité de chacun et donc d’éviter de prédire l’avenir des autres.

Pour conclure :

Bref, tout ça pour dire qu' »être sauvage », c’est simplement une caractéristique, qui peut être temporaire, comme une autre. Je ne me plains pas des gens extravertis ou bavards ou tactiles ou curieux, voire tout à la fois, même si le plus souvent, ils parviennent à me mettre mal à l’aise. J’arrive à vivre avec. Merci de penser à la réciprocité.

Et puis laissons les enfants tranquilles, ils apprennent grâce à l’exemple des adultes. Mes parents sont réservés. J’ai reçu une éducation colorée de cette teinte donc, je ne vais pas pouvoir vous faire un gros câlin, ni vous parler à cœur ouvert dans la minute de notre rencontre, voire pas dans les jours et semaines à venir. Je mets beaucoup plus de temps. Une relation se construit avec patience.

TIPPI
 » …l’enfant de la savane se considère comme “civilisée par obligation”. “J’entretenais un lien très particulier avec les animaux, que je mettais au même niveau que les êtres humains, se souvient-elle. Depuis dix ans, je suis coupée de mes racines. En ville, tout me paraît artificiel, il y a comme quelque chose qui sonne faux, contrairement à la vie dans la nature qui vous relie à l’essentiel et à l’intelligence de l’univers. Je souhaite de tout cœur retrouver cette pureté originelle.”

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