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Mon projet d’accueil/Agrément Assistante maternelle

Je m’appelle Mickaëlla. Mon âge n’a vraiment aucune importance. Un chéri, deux fils et un chat partagent ma vie.

Au départ c’était pour dépanner mon entourage élargi que j’ai fait la demande de l’agrément d’assistante maternelle. J’ai choisi d’ouvrir cet accueil à des familles aux besoins atypiques : atypismes (TSA,TDA, TDAH, DYS, HPI…pour les enfants diagnostiqués ou non, jusqu’à 7 ans) troubles, déficiences, handicaps non moteurs (à cause des escaliers). Je reste disponible pour des dépannages, des contrats courts, des remplacements d’assistant.e.s maternel.le.s absents, etc.

jouer !

Jean Epstein : « L’enfant apprend d’abord en aimant puis en explorant »

J’évoque ici les grandes lignes pour les parents qui cherchent sur internet. Je partage sur ce site les valeurs qui m’animent. J’en regroupe quelques-unes dans ce bla bla. Pour plus d’informations, je suis joignable par courriel : pmickaella@protonmail.com

Formation

Diplômée éducatrice de jeunes enfants en 2007. Mon expérience professionnelle s’est déroulée en multiaccueils et en accueil social.

Accompagnante périnatale en cours, certifiée en décembre 2021 si l’Univers le veut. Je le veux donc ça se fera.

Logement

Maison en location avec 3 chambres à l’étage. Un jardinet permet des temps en extérieur. Le lieu a été visité par une puéricultrice de la PMI et est en cours de validation aux critères du référentiel.

arroser les plantes
observer la faune
dans le lotissement

Etre assistante maternelle

J’ai suivi la formation obligatoire de 30 heures (pour les dispensées) et elle a été validée. J’ai mis à jour le PSC1 (premiers secours de base) en juin 2021.

Exercer en tant qu’assistante maternelle, c’est accueillir l’enfant et sa famille tels qu’ils sont, dans un lieu familial et sécurisant. Adapter l’accueil aux valeurs de la famille, en lien avec les miennes, dans une volonté de cohésion pour le bien-être de chacun et dans l’intérêt de l’enfant.

Mes valeurs

L’automie est essentielle dans ma pratique. L’enfant peut. Je suis toujours là s’il a besoin de moi, de ma présence, de ma parole et de mon regard. L’environnement est un lieu d’éveil au quotidien. L’enfant grandit avec le moins d’intervention possible. Son élan est protégé au maximum. L’enfant est libre de ses mouvements et de ses explorations puisque le cadre existe. Il découvre par lui-même en présence de l’adulte disponible.

Tout seul
imitation
exploration dans tous les sens

La place des parents dans l’accueil de l’enfant 

L’accueil se fait au plus près des demandes des parents en accord avec leurs valeurs et les miennes. Ils sont au coeur de cet accueil et je leur propose toujours d’échanger librement sur tous les sujets qui concernent leur enfant et son développement.

Le temps de faire connaissance

La « période d’adaptation« . C’est un temps pour lequel il est nécessaire de prendre le temps. L’enfant a besoin de repères dans un lieu et un entourage nouveau et inconnu, encore plus sans ses parents. Le temps de la transition dépend de l’enfant et de sa famille. Une progression est préférable. Prendre ce temps durant une période de disponibilité rend le tout plus serein. J’ai fait le choix d’accueillir un seul enfant afin de répondre à cette condition. Ce temps débute par la rencontre et se décline sur plusieurs temps d’accueil avec les parents et peu à peu sans les parents, sur des temps discutés au préalable.

Au quotidien

L’accueil à l’arrivée de la famille est l’occasion d’échanger. Sur l’état d’esprit de chacun : comment se sentent les parents et l’enfant ? Sur les anecdotes du quotidien que l’on souhaite partager. Sur les questions que chacun se pose. Sur le déroulé de la journée. Etc.

La vie est une source intarissable de découvertes. J’annonce donc que faire pour faire est selon moi contre-productif. Je ne serai pas la « nounou-activités ». Découvrir l’environnement prendra le temps nécessaire à l’enfant, il explorera tant qu’il en aura besoin. Avec des vêtements adaptés et une bonne lessive, tout est possible. Un enfant craint peu de choses. Ses limites sont surtout la peur des adultes. Sans le mettre en danger, un enfant peut évoluer dans l’herbe, l’eau, la terre par n’importe quelle météo. Là où je vis, il y a peu de chances de rester des jours enfermés dans la maison à cause du blizzard, par exemple. Le problème n’est jamais la météo mais l’équipement.

Bottes de pluie pour patauger
dans les flaques
exploration de la cuisine

Durant les premiers mois de sa vie, les découvertes d’un bébé sont essentiellement corporelles. Concrètement, l’espace est adapté aux besoins de l’enfant. Un tapis est installé au sol, sur lequel l’enfant est en mouvement en fonction de ses capacités qu’il découvre avec son corps, en présence de l’adulte qui lui parle et/ou l’observe. Je n’interviendrai pas physiquement dans des acquisitions qui se font sans aide : les mouvements, les différentes positions, les déplacements, etc. Selon son évolution, peuvent être ajoutés des objets de la vie quotidienne. Je suis ouverte à la présence de jouets en quantité raisonnable. Le bébé a rarement besoin d’être stimulé et il n’a jamais besoin d’être éveillé. La vie est un éveil à elle toute seule. Selon les âges, tout est adaptable en fonction des envies et de développement de l’enfant. Je suis formée pour répondre à ses besoins. A la moindre question, nous échangeons et nous adaptons.

Des textures variées
et surtout mes mains et pieds !
grandir en dormant

Les temps de repos

En fonction de son rythme, je propose des pauses, pour le sommeil ou un temps calme selon l’enfant. Un espace est dédié à ce temps selon les habitudes de l’enfant, en accord avec son développement. Je suis ouverte à différents couchages, dans la limite de mes capacités physiques. Tout se discute.

L’alimentation

Pour un bébé, les premiers temps, les repas sont fournis par les parents, qu’ils aient choisi l’allaitement au sein ou au biberon.

Au moment de l’introduction de l’alimentation solide, il est préférable que les parents suivent les recommandations de leur pédiatre ou médecin traitant et fournissent les repas en fonction du protocole choisi.

Quand l’enfant commence à exprimer son envie de manger comme les « grands », il est possible d’adapter le repas servi aux adultes aux besoins et à l’appétit de l’enfant. L’enfant grandit en imitant, il goûtera ou pas. Jamais il ne sera forcé, juste encouragé. A ce moment, je fournirai le repas, sauf si les parents préfèrent que l’enfant ait le sien.

Participer au repas
pâtisserie

Hygiène

Les lieux sont régulièrement nettoyés et rangés. Ni trop, ni pas assez mais selon le contenu de la journée. Par exemple, si nous avons fait un gâteau, alors la cuisine aura besoin d’un nettoyage spécifique.

Soins

Le respect de la motricité de l’enfant m’amène à accompagner ses mouvements pendant que je change sa couche. C’est un temps à part entière, qui prend le temps qu’il faut, en fonction de l’enfant qui prend conscience de son corps. Il a besoin d’être accompagné dans le respect de son bien-être. De l’eau et du savon neutre sur un gant sont utilisés à chaque change.

La maitrise des sphincters (acquisition de la continence) vient toujours de l’enfant. Ce sujet est ouvert à discussion et échanges. Chez moi il n’y aura pas d’accidents mais des oublis ou des fuites car il n’y aura aucun dommages. Illustration de Fanny Vella

Maladies et médicaments

La loi Asap, toute récente, est censée éclaircir ENFIN l’opacité de la médication par les personnels éducatifs. Alleluiah ? Je ne m’oppose pas à proposer du paracétamol à un enfant qui supporte mal la douleur et/ou la fièvre. Par contre, je ne suis pas infirmière. Un Protocole d’Accueil Individualisé rend l’accueil des enfants malades chroniques ou allergiques bien plus simples.

Lieux ressources

Je fréquente régulièrement la médiathèque. Je prendrai connaissance du programme du Relais Petite Enfance (RPE ex-Relais Assistant.e.s Maternel.le.s). Ma commune met à disposition une aire de jeux sécurisées, des espaces verts etc.

Médiathèque
et aire de jeux
avec le berger du village

Conclusion 

Mon expérience professionnelle, notamment dans l’écoute et observation active me permet de répondre au plus près des besoins de l’enfant et de sa famille.Les valeurs qui me sont chères sont la liberté, l’accès à l’autonomie, le savoir-être et la simplicité.

De la compagnie
la vie c’est aussi la fête !
Contempler la Méditerranée

Enfin des congés ! Suite et fin de cette journée que j’ai eu plaisir à me rappeler en tapant ces notes aujourd’hui :

L’AVIS DE MIRIAM RASSE AU SUJET DES STAGIAIRES ET DE LEUR IMPLICATION AUPRÈS DES ENFANTS ACCUEILLIS EN EAJE :

L’accueil des stagiaires se fait, par définition, sur un temps limité. La question est : y a-t-il une nécessité absolue que les stagiaires prennent en charge les enfants dans leur intimité (change, repas, sommeil…), est-ce obligatoire ?

Exemple : apprendre à mettre une couche, faire des soins, est-ce l’essence d’un métier quel qu’il soit dans le secteur de la petite enfance ? Est-ce indispensable d’apprendre sur un enfant ? Une poupée/un mannequin ne peut-elle/il pas remplir ce rôle, comme pour l’apprentissage des gestes de premiers secours ?

Les métiers des professionnels de la petite enfance se situent plutôt sur les questionnements suivants :

          Comment entrer en relation ?

          Comment communiquer avec l’enfant ?

Ça n’a donc rien à voir avec : « comment s’occuper d’un « paquet » ?

Il est nécessaire d’avoir en tête qu’un enfant s’attache comme si c’était une « nouvelle référente ». Il est « trompé ». Il ne sait pas qu’un stage se termine. C’est presque irrespectueux envers un bébé qui ne peut rien dire. Laisser un jeune enfant nouer des liens trop importants avec quelqu’un qui partira est un manque de respect envers ses sentiments. Pourquoi ne pas choisir un enfant plus grand, qui appréhende un peu plus les aller et venus qu’il a déjà pu observer ?

Le savoir-être est primordial et celui-ci ne vient que si une relation est installée. Il serait judicieux de faire remonter ces constats auprès des écoles de formation, afin que soit pris en compte les réactions des enfants et pas seulement « la formation » des stagiaires.

On ne peut pas prendre en compte les besoins de formation des stagiaires au détriment du bien-être d’un enfant. Les enfants ne sont pas des cobayes.

L’accueil d’un stagiaire est donc à penser sérieusement. Le stagiaire est une présence positive qui a sa place dans un projet. L’accueillir est un choix d’une structure. Les échanges sont souvent enrichissants. Les stagiaires apportent de nouveaux questionnement, et parfois même une remise en cause. Le stagiaire a d’autres moyens et intérêts d’apporter son « aide » que dans le savoir-faire auprès des enfants.

L’AVIS DE MIRIAM RASSE AU SUJET DE L’ACCUEIL TEMPORAIRE DES ENFANTS, NOTAMMENT PENDANT LES VACANCES (donc sans adaptation et sans référence) :

Exemple : la semaine au ski = en dessous de 3 ans, ça ne représente aucun intérêt pour un enfant. Quel sens y a-t-il à être accueilli par de parfaits inconnus et en collectivité ? (Elle admet qu’elle répond sans nuance mais personnellement, je la rejoins car j’ai travaillé plusieurs semaines en saison hiver à la montagne et j’ai constaté une majorité de souffrance chez les enfants et très peu d’apport positif dans leur vie, en tous cas durant leur séjour.)

Les parents ne savent pas. Les alerter sur les conditions d’accueil et les réactions de leur enfant serait plus honnête. Éviter les conseils mais se contenter de transmettre des connaissances objectives. Si un parent demande et pose des questions, on se doit de répondre selon ce que l’on sait du développement de l’enfant puis proposer au parent de dire ce qu’il en pense. Souvent il a la réponse mais a besoin d’être aiguillé vers elle.

  •  Conversation sur les différentes formations de base :

Les savoir sanitaire et éducatif sont parfois non partagés d’où des difficultés de cohérence en équipe. Le projet éducatif et les projets pédagogiques relient les pratiques et donnent une base de cohérence.

Exemple : le change-debout, il semblerait que la technique ne soit pas forcément apprise par les stagiaires.

La conversation dévie sur le change en général : Un enfant qui bouge sur la table de change est un enfant qui « parle » par ses mouvements et ses gestes. Il s’exprime. On peut lui demander de l’aide. Il est partenaire du change. On peut lui signifier qu’on n’y arrive pas mais il a le droit de s’exprimer : « j’entends que tu veux me dire quelque chose, mais je ne suis pas d’accord. J’ai besoin que tu m’aides à finir pour que tu puisses faire autre chose quand ce sera fini. » L’enfant décide dans un cadre donné par l’adulte.

Le change-debout est une continuité après une réflexion qui aura débuté dès la table à langer.

Autre exemple : pendant le repas, l’enfant décide ce qui entre dans sa bouche quand c’est devant lui (pas quand c’est dans le réfrigérateur !!).

L’enfant-partenaire ce n’est pas l’enfant-roi. On change une couche ENSEMBLE. On change la couche de quelqu’un. Il ne s’agit pas que de la couche mais de l’individu qui la porte.

Des négociations sont possibles durant les soins :

Par exemple pour un soin de nez, les explications sont utiles sans contention. Ce n’est pas en terme de compétences quand on entend le parent dire « avec vous, il ne dit rien, moi je ne sais pas faire ». Rassurer le parent sur le fait que la relation est de toute façon différente avec les professionnels car il y a moins d’affectif et plus d’empathie = une juste distance professionnelle = un espace en soi pour se mettre à la place de l’autre.

Miriam RASSE insiste sur le cadre professionnel : on ne garde pas nos neveux ou cousins, on accompagne des enfants qui ne sont pas de notre famille (en général) ; on se doit d’être professionnel. Nous avons suivi une formation pour cela.

Retour sur la différence entre la relation parentale et la relation professionnelle :

Selon la pédopsychiatre Myriam David, ce qui prime dans la relation parentale est de l’ordre de l’émotion, du désir, du sentiment. Le parent aime passionnément son enfant (en général).

Ce qui diffère largement de la relation professionnelle  dans laquelle la qualité de l’accompagnement, de la relation, du soin priment. Le professionnel accompagne et construit le soin.

Nécessité de protéger la place du parent même s’il est défaillant. (Didier HOUZEL, les différentes parentalités). Exemple : en pouponnière, même si le parent n’exerce pas la parentalité, il garde l’autorité parentale, il existe. Les parents sont toujours associés au maximum en reconnaissant leurs ressources et leurs limites.

Comment faire exister le parent en son absence ? SANS LE CRITIQUER, même si on n’est pas d’accord.

Aucune attaque à la relation parent-enfant n’est tolérable. Les interventions des professionnels ne se font que dans le cadre de l’accueil au quotidien (en dehors de la sphère privée).

 L’enfant fait avec le parent qu’il a.

Aucune rivalité ni compétition n’aura de sens. On a conscience de la valeur de notre travail.

Le rôle de la référente, en terme de recueil d’informations est primordial. Elle a tout intérêt à écrire le plus possible, afin de relier l’histoire de cet enfant pour maintenir une continuité.

  • La place de la référente : réaliser l’investissement, l’engagement psychique = « être avec ».

Quel accompagnement ? Pour les professionnels qui semblent le moins disposées à adhérer à cette référence ?

Expliquer que le savoir-être est plus important que le savoir-faire.

Le savoir-être est au service du savoir-faire.

C’est aussi un travail d’équipe : celui de regarder l’enfant AUTREMENT, de modifier ses représentations et surtout d’abandonner cette idée de « pouvoir de l’adulte sur l’enfant » qui parasite la relation.

La culture est trop prégnante et prône bien souvent l’individualisme ; la compétition dès l’école. La RÉVOLUTION en marche est un déclic qui permet de comprendre qu’une ALLIANCE est indispensable entre l’enfant et l’adulte et non un rapport de force.

Quand on est référente, la vraie question est : comment être du côté de l’enfant, dans l’empathie ? Trop souvent l’adulte est dans la position inverse : la sanction et la punition. Le rôle des professionnels est de se demander en permanence : « pourquoi l’enfant fait-il cela ? » Au lieu de lui dire d’arrêter de faire ce qu’il fait systématiquement. C’est l’installer à force dans une déconstruction, une perte de repères. Le but est de mettre l’enfant au centre.

Depuis peu c’est l’adulte qui s’adapte à l’enfant, c’est un travail qui se centre sur l’affinement. Les certitudes se déconstruisent, se reconstruisent sans être rigides sur un socle stable grâce au travail de l’équipe d’encadrement avec des questionnements différents : « Que dit l’enfant ? A ton avis ? Hypothèses, réponses ? Qu’est-ce que tu penses que l’enfant exprime ? Qu’est-ce que tu proposes ?

C’est tout un travail d’accompagnement de l’équipe dans l’EMPATHIE.

  • Conversation sur la référence d’un enfant « qui met à mal un professionnel » :

Le relais est fondamental mais il est préparé, pensé, prévu et nommé. C’est la reconnaissance d’une complexité qui doit être organisée. La difficulté est à prendre en compte par l’institution : équipe encadrante : qu’exprime cet enfant ? L’observation est l’outil pour répondre à cette question.

Selon la situation contextuelle (et familiale), une organisation est mise en place et il est indispensable de redoubler d’attention pour l’enfant et le professionnel concernés. Il est normal d’accepter que des situations dépassent parfois nos compétences.

La relation élargie : quand l’enfant « choisit » un autre adulte.

Rien n’empêche l’enfant d’explorer le monde, sûrement pas la référence. Il est tout de même préférable de conserver la référence de départ, même en cas de difficulté prononcée = pour éviter de changer de personne. Il n’y a pas de rigidité mais la stabilité d’un groupe à privilégier (selon des situations intenables). Rien n’est figé. Inutile de s’enfermer. Tout est question de préparation, d’accompagnement d’aléas de la vie. Sans réelle rigueur mais en étudiant chaque solution possible et opter pour la plus favorable, de façon progressive, pensée. Une séparation s’accompagne. Éviter les ruptures brutales car cela est subi.

Même s’il est impossible d’éviter toutes les souffrances, ne pas s’arrêter à cet argument : il est tout aussi inutile de ne pas éviter celles qui peuvent l’être !!

  • Conversation sur la référence de 3 ans :

Avec changement de lieux, de sections. La nouveauté et la découverte sont toujours intéressantes sur la base d’une sécurité. Un changement à la fois, car l’enfant a besoin d’intégrer. Les mots d’ordre sont : progression et continuité.

Attention aux risques d’appropriation, d’attachement trop important. C’est une vigilance à avoir en maintenant du tiers dans la relation.

Un départ se prépare. Les professionnels « grandissent » aussi pendant leur carrière. C’est donc une satisfaction quand le travail est réussi, le but atteint = travailler avec bienveillance et amener vers l’autonomie.

  • points abordés à la fin de l’après-midi, en vrac :

L’ «acquisition de la propreté » est liée aussi à la sécurité affective même si majoritairement en lien avec la maturité physique. D’où l’importance de la référence pour accompagner cette phase du début à la fin.

La complexité d’un suivi sur trois années se situe essentiellement dans la configuration des locaux et aussi selon le taux d’encadrement qui change du passage d’une section de bébé à une section de plus grands. Tout est dans la préparation et l’organisation. L’idéal est de maintenir au moins un professionnel sur une section.

Un suivi peut-il sembler « lourd » sur 3 ans ?  Les professionnels témoignent plutôt positivement de cette expérience de suivi des enfants et des familles notamment dans la construction de la parentalité par exemple et l’évolution des enfants en référence. L’intérêt s’avère réciproque : de nombreux parents apprécient ce suivi personnalisé.

C’est vécu comme un engagement dans la relation. Il est nécessaire d’être prêt pour cela.

Rappel de l’importance de l’adaptation qui permet les prémices de la construction de la relation avec l’enfant et sa famille. La confiance se construit avec des hauts et des bas. Le parent a besoin de « preuves ». Il a une place, il introduit l’enfant progressivement. Les professionnels veillent à ce que cela se déroule en protégeant la paisibilité du groupe. Trop d’aller et venues insécurise le bébé, on ne le dira jamais assez. Les locaux traversants sont, par exemple, source d’insécurité.

Les besoins des uns ne peuvent pas systématiquement être pris en compte au détriment des autres.

Miriam RASSE, à l’issue de cette journée conclut en disant qu’il y a peu d’écrits sur les sujets abordés car il est important que rien ne soit figé. Il n’existe pas une bonne pratique mais des pratiques pensées selon un contexte précis.

 

 

Image-emotion

A la demande d’une internaute, voici le résultat de mes recherches sur l’accueil des émotions de l’enfant lors de la séparation du matin en structure petite enfance. Cela est valable avec les émotions des retrouvailles du soir. Même si les émotions et leur expression diffèrent, il y a souvent des similitudes.

Quand j’accueille un enfant le matin, je reçois ses émotions. Elles vont de la joie à la détresse selon les jours, le contexte, les circonstances…Dans mon métier, le public que j’accompagne au quotidien traverse une période dite ‘sensible’ pour les enfants de moins de trois ans : la redoutée angoisse du 8ème mois qui commence parfois avant et s’étale, hélas, longtemps après… heureusement c’est variable selon les enfants.

Mon fils n’a pas été épargné. J’ai même une photographie pour ne pas oublier : je me suis éloignée pour immortaliser mon fils et ses copains de chez la nounou dans une rue parisienne et il s’est mis à hurler alors que j’avais bien prévenu de ce que j’allais faire. Impossible de le calmer, j’ai donc une photo-souvenir de cette fameuse période. Je ne la publierai pas, pas fière d’avoir à préciser que le bébé rouge pivoine dans la poussette, c’est le mien !

Les émotions font partie intégrante de la vie des enfants, c’est un de leur moyen d’expression et de communication. Au début de leur vie, c’est le principal car le seul à leur portée. A moins de faire un effort pour les discerner, il reste difficile de communiquer avec eux et surtout de les comprendre.  

L’angoisse de la séparation persiste parfois plus longuement et elle peut se répéter sur des périodes avec des hauts et des bas.

J’ai travaillé en saison dans une structure qui accueillait les enfants des vacanciers à la montagne pendant l’hiver. Les enfants arrivaient chaque semaine dans cette structure collective avec une équipe, un groupe d’enfants inconnus et tout cela sans période d’adaptation. Un vrai défi émotionnel pour tous. Défi relevé, je pense. Ce fut très intense et très enrichissant. Être à l’écoute des familles, des enfants et de l’équipe en un temps aussi court a nécessité de chercher en moi des ressources que je ne soupçonnais pas.

Mettre des mots ou pas sur des émotions visibles ou plus discrètes, sans être sûr de ce que ressent le protagoniste en question, c’est loin d’être simple. Comme il s’agit d’un enfant, c’est une vraie gageure. L’empathie est une qualité essentielle alors que la sympathie peut devenir un piège avec un risque de plier sous le poids de l’émotion de l’Autre. Il y a des signes pour nous aider à repérer des malaises afin d’éviter qu’ils ne s’installent.

« Quand la souffrance n’est pas dite, elle s’exprime parfois par le corps de la mère ou, plus fréquemment, par celui de l’enfant qui somatise : troubles du sommeil, refus alimentaire et fièvres du dimanche soir sont autant d’indices d’un mal-être à prendre en compte s’il s’inscrit dans la durée. De même, un bébé apparemment indifférent, qui refuse le contact avec les autres ou qui fuit dans le sommeil toute la journée doit alerter les parents, car c’est le signe que l’enfant ne s’autorise pas à investir son environnement, à exprimer ses émotions, à être lui-même en dehors du regard de sa mère. »

Il n’y a évidemment pas de recettes toutes faites pour répondre à des expressions d’émotions. Tout dépend de tellement de paramètres. L‘essentiel c’est de permettre à l’enfant et sa famille de les exprimer et les accompagner. Les liens que j’ai recherchés, lus et sélectionnés sont inclus dans les mots surlignés (en couleur), il suffit de cliquer pour y accéder. J’espère que je réponds un minimum au questionnement de la personne qui m’a demandée d’écrire sur ce sujet. N’hésitez pas à compléter, témoigner, suggérer. Je suis disponible et à l’écoute.

Je terminerai pas ces citations :

« Chaque fois, l’enfant doit se séparer d’un monde pour pouvoir en conquérir un nouveau, le plaisir de la conquête venant apaiser la douleur de la perte », affirme Marcel Rufo qui invite les mères à « avoir confiance dans le fait qu’en se séparant d’elles, cet enfant va conquérir sa vie ». 

« Plus se creuse le lit du manque, plus s’installe la vie du désir », avait coutume de dire Françoise Dolto. 

au-coeur-des-emotions-de-l-enfant

Liens :  

les émotions moquées

Pour les parents

Source de l’image mise en avant : illustration