« Moi aussi, j’ai des droits »

Je vous présente une nouvelle pépite, le livre de Soline Bourdeverre-Veyssière, illustré par Julie Zeitline :

livre avec ses cartes et son poster

J’ai découvert l’autrice et l’illustratrice par le biais d’Instagram. Ce genre de trouvaille me réconcilie, un peu, avec ce dernier réseau social que j’utilise régulièrement…et que je songe souvent à quitter aussi…

Je cherchais, depuis un moment déjà, un moyen bienveillant de faire passer un message à l’équipe éducative de l’école de Cadet (Junior bis pour ceux qui suivent). Je n’ai que rarement observé des réponses « maternantes » aux besoins des enfants, à l’école maternelle. L’aîné, Junior, en a fréquenté 4…(oui c’est énorme…en 4 ans. Une école pour chaque niveau : TPS, PS, MS et GS) dont une dans laquelle j’ai travaillé. Il a survécu. Moi moins. Pourtant, je n’ai toujours pas eu de déclic pour l’Instruction En Famille (IEF). Cadet fréquente donc la maternelle aussi. Pour 3 années.

Les équipes éducatives sont surtout composées de personnel encadrant, la plupart non formé au public qu’ils accompagnent…Triste réalité. Il existe, toutefois, de belles personnes, remplies de bon sens, d’empathie et qui agissent aussi avec leur cœur. Néanmoins, il y a encore beaucoup de travail à faire, à mon sens. Quand j’ai entendu Soline parler de son nouveau bébé-littéraire, j’avais trouvé mon idée de cadeau pour l’enseignante et l’ATSEM ! Cadet a finalement insisté pour en offrir un à la maitresse et garder l’autre exemplaire pour nous. Comme il dit : « c’est maitresse S qui lit les livres ».

Je ne divulguerai pas le contenu ici. Après lecture, Cadet a souligné l’importance de le lire à tous les enfants, car « ils ont le droit de savoir ! » Ma page préférée est celle du bisou. Cœur sur vous Soline et Julie <3 !!

Ce livre sensibilise, en douceur, à ce qu’est un enfant, à ce qui l’anime. Sans ses droits, l’enfance est abîmée. Chaque enfant a le droit de grandir sans avoir besoin de faire appel à la résilience. Je remets mon espoir dans ces livres-pépites qui fleurissent un peu partout, de manière parfois autonomes, (sans besoin d’une maison d’édition qui a pignon sur rue) et quelques fois éco-responsables, pour servir la cause des enfants et des adultes qui ont choisi la bienveillance !

j’ai le droit de…

Au prochain blabla, je vous parlerai de June et sa famille, que j’attends impatiemment sur mon lieu de travail !

Émile

Rien à voir avec celui de Rousseau !

Celui-ci est bien de notre 21ème siècle : déterminé, un rien pince-sans-rire. Tout pour me plaire.

La littérature jeunesse peut être lisse et politiquement correcte à un point lassant parfois. Rire spontanément, c’est rare pour moi. Évidemment chacun son humour, ses goûts, ses couleurs…Mais l’ennui c’est avec parcimonie. Alors quand débarque cet Émile, je me réjouis !

Comme je le partageais sur Instagram, j’ai découvert Émile quand j’étais au fond du gouffre…

…de Padirac dans le Lot, en 2017. Le seul exemplaire était en rapport avec le lieu : Émile veut une chauve-souris. Cela dit, je n’ai croisé aucune chauve-souris là-dessous. Cadet avait 3 ans. Ce livre a plu à moi sa mère bien plus qu’à lui. En 2019, il a 5 ans et il commence à comprendre ce personnage décalé.

Alors j’en ai profité pour compléter la série par des occasions, pour notre grand plaisir d’histoires du soir.

Je suis hilare quand je les lis, je trouve Émile tellement authentique. Une vraie bouffée d’air frais dans notre bibliothèque.

Mon préféré : les mots d’Émile

Alors là, je riais tellement que Junior bis en avait marre d’attendre que je me calme pour connaître la suite ! Un gamin qui dit qu’il est atrabilaire, je l’aime.

C’est comme ça et pas autrement.

Un grand merci à Ronan et à Vincent <3

Lectures 11. Noël/livres jeunesse

Collection 2018

Notre collection familiale sur le thème de Noël s’enrichit grâce à des dons, des occasions et quelques coups de <3 dont j’avais parlé ici : Noël autrement

Petit tour d’horizon :

le Noël de Kimamila : jolie histoire avec des valeurs que j’ai trouvé pertinentes.

Boréal-express : j’adore cette histoire ! Je l’ai découverte quand mon fils aîné était petit, avant le film le Pôle Express.

Juliette fête Noël : Histoire basique, normative, réaliste. Juliette est la petite fille ordinaire qui fait tout comme il faut.

La robe de Noël : Belles illustrations. Difficile de me convaincre qu’un sapin est heureux d’être coupé ou déraciné…

Palmier de Noël : Mignonne petite histoire qui fait sourire. Au moins il s’enracine à nouveau, ouf !

Ernest et Célestine ont perdu Siméon : C’est toujours un coup de cœur pour moi. J’aime la douceur d’Ernest, j’aime la beauté des illustrations, j’aime tout.

Le Père Noël sait-il où j’habite ? De l’imaginaire en veux-tu ? En voilà !! et pourtant le réalisme est présent aussi. C’est un subtil mélange qui m’a plu.

Le cadet n’a aucune préférence. Il demande à lire indifféremment tous les thèmes tout le long de l’année.

Quant à mon avis sur la question du Père Noël, il demeure identique, surtout sa présence en EAJE (ça me hérisse toujours le poil !!!)

Mon fils cadet semble vouloir y croire. Aucun souci. C’est sa liberté. Je n’ai jamais été anti-père Noël. Seulement, il n’aura ni encouragements, ni interdictions de ma part. C’est sa liberté de penser. A la maison, les titres sur Noël sont variés. Il y en a pour tous les goûts, de l’anthropomorphisme au réalisme, en passant par un imaginaire sans limites ! Un peu de tout pour nourrir les rêveries.

A mon sens, il n’est plus question d’être pour ou contre, d’être anti ou fan, d’interdire ou d’entretenir. C’est simple. Je vis très bien ainsi, c’est donc que c’est possible.

Quelques lectures sur le sujet :

Père Noël ou pas Père Noël?

Ces-parents-anti-Pere-Noel

Que votre AVENT se déroule selon votre conscience ! C’est le plus juste que je puisse vous souhaiter.

Bonus : un de mes court-métrage favori, surtout le passage sur les sapins :

Olaf et les traditions de Noël

Lectures 4. Satomi Ichikawa

Pour avril, je lis plusieurs livres en rapport avec la petite enfance mais je n’ai aucune inspiration pour partager leur contenu.

Ce manque d’idées m’a donné  envie de changer un peu. Je préfère partager ce que m’inspire une autrice jeunesse japonaise.

Je n’ai jamais lu ni vu d’albums de cette autrice dans les EAJE où j’ai travaillé. Peut-être parce que ça semble s’adresser aux enfants de plus de 3 ans. C’est dommage comme restriction. Cadet a apprécié toutes les histoires dès ses 2 ans. J’ai entendu parler de Satomi Ichikawa dans une vidéo d’Amélie Blot de Famille épanouie.

Je ne me souviens plus quand les animaux humanisés ont commencé à m’agacer. Sûrement déjà avec l’aîné quand je regardais, avec lui, les zouzous. Autant je conçois que les animaux communiquent, que nous pouvons les comprendre et que les dessins animés nous proposent une traduction instantanée…autant les personnages comme Petit Ours brun, l’âne Trotro ou encore Tchoupi,  sortis de leur environnement réel et calqué sur un mode de vie complètement humain, bah ça me gonfle. Cadet de 4 ans croient qu’ils vivent vraiment comme nous…et pourtant je lui explique et je choisis des livres avec des personnages humains le plus souvent possible. Il a aussi vu des dessins animés tels que Zou, Pepa pig and co qui ont augmenté sa confusion. C’était temporaire mais ça l’a dérangé. Il demandait souvent pourquoi ces cochons ne vivent pas dans une porcherie, par exemple. Malgré mes explications sur le côté imaginaire de l’inventeur de ces personnages, il a eu des difficultés à faire la part des choses et beaucoup plus avant ses 4 ans.

Suite à la vidéo d’Amélie, j’ai trouvé plusieurs livres (11 titres) d’occasion de Satomi Ichikawa. Nous avons  agrandi notre bibliothèque d’histoires un peu plus réalistes pour cette période, très terre à terre, de Cadet.

Je n’ai rien contre le monde imaginaire, bien au contraire. J’observe néanmoins une période, chez l’enfant, pendant laquelle ça devient compliqué de s’identifier à  une tortue (Franklin/Benjamin) qui fait ses lacets alors qu’elle ne porte pas de chaussures…

C’est presque un défi à chaque fois que nous allons à la médiathèque pour trouver des livres qui racontent des histoires de petits d’hommes avec des préoccupations spécifiquement humaines.

Avec Satomi Ichikawa tout nous fait voyager : les lieux de ses histoires, ses textes, ses personnages et leur culture  et ses magnifiques illustrations. Elle nous transporte en Afrique, en Asie, en Amérique du sud…J’apprécie beaucoup et ça s’est transmis à mon fils surtout durant  sa période « réaliste ».

C’est important, à mon sens, d’être à l’écoute des envies et/ou des préoccupations des enfants concernant la lecture de contes et histoires. Ils vivent toutes sortes d’émotions et ils peuvent avoir besoin de s’identifier à des personnages qui vivent soit les mêmes, soit d’autres complètement différentes. Ça les rassure et ça leur ouvre des horizons culturels variés. D’après moi c’est un des objectifs de la littérature jeunesse. Le choix des histoires ne peut donc se focaliser sur un même genre, avec toujours les mêmes personnages.

Quels auteurs remportent du succès chez vous ou sur votre lieu de travail ?

La passion du Livre

Quand on est EJE, je dis ON car je pense que nombreux sont les EJE à partager ce point de vue (pas tous, mais quelques-uns…) donc quand on est EJE, en général, on aime beaucoup beaucoup les livres.

Quand j’entends que « celui-ci » ou « celui-là » n’est pas/plus « adapté » et bien ça m’agace.
Dans le secteur jeunesse, je ne mets aucune tranche d’âge. Le lecteur, de sa naissance à sa mort, a la liberté de lire ce qu’il veut !!!

De quel droit un adulte déciderait à la place d’un enfant ? ça vous plairait que quelqu’un vous impose une lecture ? C’était déjà bien suffisant durant notre scolarité !

La lecture, les livres, ce n’est pas forcément par étape, par thème, par acquisition, par événement.

Par exemple, si un enfant veut lire cacaboudin

alors qu’il ne porte plus de couches depuis longtemps, pourquoi pas ? Quelle est la contre-indication ?

Un enfant a des questionnements, des envies qui nous échappent. Parfois, il les gère seul (au moyen d’histoires) et c’est très bien.

Je vous partage les droits des lecteurs selon Daniel Pennac :

droits_du_lecteur_de_Pennac

Belles lectures à tous !!!

Mon livre préféré en littérature jeunesse : (et Cadet de presque 4 ans, l’écoute avec plaisir depuis longtemps !)

y’a pas d’âge pour le plaisir de lire.