« Moi aussi, j’ai des droits »

Je vous présente une nouvelle pépite, le livre de Soline Bourdeverre-Veyssière, illustré par Julie Zeitline :

livre avec ses cartes et son poster

J’ai découvert l’autrice et l’illustratrice par le biais d’Instagram. Ce genre de trouvaille me réconcilie, un peu, avec ce dernier réseau social que j’utilise régulièrement…et que je songe souvent à quitter aussi…

Je cherchais, depuis un moment déjà, un moyen bienveillant de faire passer un message à l’équipe éducative de l’école de Cadet (Junior bis pour ceux qui suivent). Je n’ai que rarement observé des réponses « maternantes » aux besoins des enfants, à l’école maternelle. L’aîné, Junior, en a fréquenté 4…(oui c’est énorme…en 4 ans. Une école pour chaque niveau : TPS, PS, MS et GS) dont une dans laquelle j’ai travaillé. Il a survécu. Moi moins. Pourtant, je n’ai toujours pas eu de déclic pour l’Instruction En Famille (IEF). Cadet fréquente donc la maternelle aussi. Pour 3 années.

Les équipes éducatives sont surtout composées de personnel encadrant, la plupart non formé au public qu’ils accompagnent…Triste réalité. Il existe, toutefois, de belles personnes, remplies de bon sens, d’empathie et qui agissent aussi avec leur cœur. Néanmoins, il y a encore beaucoup de travail à faire, à mon sens. Quand j’ai entendu Soline parler de son nouveau bébé-littéraire, j’avais trouvé mon idée de cadeau pour l’enseignante et l’ATSEM ! Cadet a finalement insisté pour en offrir un à la maitresse et garder l’autre exemplaire pour nous. Comme il dit : « c’est maitresse S qui lit les livres ».

Je ne divulguerai pas le contenu ici. Après lecture, Cadet a souligné l’importance de le lire à tous les enfants, car « ils ont le droit de savoir ! » Ma page préférée est celle du bisou. Cœur sur vous Soline et Julie <3 !!

Ce livre sensibilise, en douceur, à ce qu’est un enfant, à ce qui l’anime. Sans ses droits, l’enfance est abîmée. Chaque enfant a le droit de grandir sans avoir besoin de faire appel à la résilience. Je remets mon espoir dans ces livres-pépites qui fleurissent un peu partout, de manière parfois autonomes, (sans besoin d’une maison d’édition qui a pignon sur rue) et quelques fois éco-responsables, pour servir la cause des enfants et des adultes qui ont choisi la bienveillance !

j’ai le droit de…

Au prochain blabla, je vous parlerai de June et sa famille, que j’attends impatiemment sur mon lieu de travail !

Émile

Rien à voir avec celui de Rousseau !

Celui-ci est bien de notre 21ème siècle : déterminé, un rien pince-sans-rire. Tout pour me plaire.

La littérature jeunesse peut être lisse et politiquement correcte à un point lassant parfois. Rire spontanément, c’est rare pour moi. Évidemment chacun son humour, ses goûts, ses couleurs…Mais l’ennui c’est avec parcimonie. Alors quand débarque cet Émile, je me réjouis !

Comme je le partageais sur Instagram, j’ai découvert Émile quand j’étais au fond du gouffre…

…de Padirac dans le Lot, en 2017. Le seul exemplaire était en rapport avec le lieu : Émile veut une chauve-souris. Cela dit, je n’ai croisé aucune chauve-souris là-dessous. Cadet avait 3 ans. Ce livre a plu à moi sa mère bien plus qu’à lui. En 2019, il a 5 ans et il commence à comprendre ce personnage décalé.

Alors j’en ai profité pour compléter la série par des occasions, pour notre grand plaisir d’histoires du soir.

Je suis hilare quand je les lis, je trouve Émile tellement authentique. Une vraie bouffée d’air frais dans notre bibliothèque.

Mon préféré : les mots d’Émile

Alors là, je riais tellement que Junior bis en avait marre d’attendre que je me calme pour connaître la suite ! Un gamin qui dit qu’il est atrabilaire, je l’aime.

C’est comme ça et pas autrement.

Un grand merci à Ronan et à Vincent <3

Lectures 11. Noël/livres jeunesse

Collection 2018

Notre collection familiale sur le thème de Noël s’enrichit grâce à des dons, des occasions et quelques coups de <3 dont j’avais parlé ici : Noël autrement

Petit tour d’horizon :

le Noël de Kimamila : jolie histoire avec des valeurs que j’ai trouvé pertinentes.

Boréal-express : j’adore cette histoire ! Je l’ai découverte quand mon fils aîné était petit, avant le film le Pôle Express.

Juliette fête Noël : Histoire basique, normative, réaliste. Juliette est la petite fille ordinaire qui fait tout comme il faut.

La robe de Noël : Belles illustrations. Difficile de me convaincre qu’un sapin est heureux d’être coupé ou déraciné…

Palmier de Noël : Mignonne petite histoire qui fait sourire. Au moins il s’enracine à nouveau, ouf !

Ernest et Célestine ont perdu Siméon : C’est toujours un coup de cœur pour moi. J’aime la douceur d’Ernest, j’aime la beauté des illustrations, j’aime tout.

Le Père Noël sait-il où j’habite ? De l’imaginaire en veux-tu ? En voilà !! et pourtant le réalisme est présent aussi. C’est un subtil mélange qui m’a plu.

Le cadet n’a aucune préférence. Il demande à lire indifféremment tous les thèmes tout le long de l’année.

Quant à mon avis sur la question du Père Noël, il demeure identique, surtout sa présence en EAJE (ça me hérisse toujours le poil !!!)

Mon fils cadet semble vouloir y croire. Aucun souci. C’est sa liberté. Je n’ai jamais été anti-père Noël. Seulement, il n’aura ni encouragements, ni interdictions de ma part. C’est sa liberté de penser. A la maison, les titres sur Noël sont variés. Il y en a pour tous les goûts, de l’anthropomorphisme au réalisme, en passant par un imaginaire sans limites ! Un peu de tout pour nourrir les rêveries.

A mon sens, il n’est plus question d’être pour ou contre, d’être anti ou fan, d’interdire ou d’entretenir. C’est simple. Je vis très bien ainsi, c’est donc que c’est possible.

Quelques lectures sur le sujet :

Père Noël ou pas Père Noël?

Ces-parents-anti-Pere-Noel

Que votre AVENT se déroule selon votre conscience ! C’est le plus juste que je puisse vous souhaiter.

Bonus : un de mes court-métrage favori, surtout le passage sur les sapins :

Olaf et les traditions de Noël

Lecture 10. Madame Boulot…

…et les joies de la maternité », écrit par Liz Bankes, Lizzie et Sarah Daykin. Toujours illustré par Roger Hargreaves

J’ai commencé à lire les Monsieur Madame récemment (2016). J’ai découvert un univers humoristique et riche en vocabulaire. Je suis sûre que Cadet a en partie développé le sien grâce à ces histoires !

Quand j’ai vu ce nouveau format et un des titres, je me suis arrêtée net pour vérifier que je n’avais pas la berlue. J’ai éclaté de rire dans le rayon librairie de l’enseigne aux 4 lettres, avant de voir la précision « pour adultes ». Impossible de résister à ce titre, surtout après Tully !

C’est très américain, de mon point de vue.

Mais je me suis quand même reconnue par ci par là, surtout chez Mme Range-Tout. 🙈🙉🙊 Le jour où je ressemblerai à Mme Boulot, les poules auront des dents. La blague qui me colle à la peau c’est  » de toute façon, t’es allergique au bouleau ! » Oui, s’il fallait savoir un truc « désopilant » sur moi, c’est bien celui-là. L’arbre qui me fait le plus suer au printemps se prononce comme ce qui, jusqu’à il y a peu (juin 2018), m’a trop souvent transformée en zombie.

Contrairement à ce que j’ai pu imaginer avant de le lire, ce petit livre est politiquement correct. Rien à voir avec les « mange ! » et « dors ! » qui sont bien plus caustiques dans le monde des albums  jeunesse « pour adultes ».

Il fait sourire et c’est le principal.C’était mon choix de lecture pseudo-sérieuse pour octobre. Encore deux mois et j’arrête. Une année c’est long, surtout sans aucun commentaires.

Cadet a choisi son Monsieur Madame.

Contrairement à moi, il est fasciné par la fête qui débarque le 31…à mon grand désarroi. J’ai consenti à avoir 1 seul livre sur ce thème (sans compter Cornebidouille).

Oh surprise ! « Les Madame Monsieur fêtent Halloween », je le trouve génial ! Attention SPOIL : c’est comme le principe du terroriste terrorisé dans Mme Terreur. Ici c’est le farceur farci ! Hé hé hé, bien fait ! Tel est pris qui croyait prendre.

Lectures 9/jeunesse

J’avais fait un vœu, un peu, beaucoup, pieux : celui d’acheter le moins possible de livres et plus du tout de livres neufs. Pour plusieurs raisons : pour laisser les arbres tranquilles, à cause des cartons de déménagement et pour la magie du rangement (mon chéri est allergique aux livres qui ne servent à rien sur une étagère. Une fois lus, ils encombrent. Avec le temps, je partage son avis.)

Pour les livres d’occasion, j’ai une astuce, je les donne dès que j’ai terminé ma lecture. Pour les livres jeunesse, c’est plus difficile. Je garde les coups de ♡ et je donne les autres. Sauf que mes préférés sont souvent différents de ceux de Cadet. Notre bibliothèque se remplit plus qu’elle ne se vide… Pour les neufs, je craque avec parcimonie.

Sans transition, voici ma sélection pour le mois :

As-tu rempli un seau aujourd’hui ?

Surprenante lecture, découverte au gré de mes visites sur la toile. J’avais lu plusieurs commentaires négatifs et j’ai bien fait de rester sur ma curiosité. Les illustrations me plaisent, alors qu’elles ont été qualifiées d’hideuses ! le texte est parfait à mes yeux, alors qu’il a paru redondant et infantilisant à d’autres. Pour information : la répétition et les mots simples sont indispensables pour s’adresser aux enfants (et parfois même à certains adultes).
Le message est clairement orienté vers la bienveillance envers soi-même et les autres et rien que pour cela, ce livre mérite d’être défendu et diffusé !
Je l’ai lu à Cadet et il a posé beaucoup de questions sur le pourquoi du seau vide et surtout quand il est fait mention du « pillage du seau ». Il faut dire qu’au sein de notre petite famille, il nous arrive en état de fatigue très très avancé, de nous lancer le seau à la tête ! Je suis EJE mais je suis surtout une mère parfaitement imparfaite et malheureusement rapidement sujette à l’asthénie (pour faire court). Je peux me transformer en mère dragon de manière assez effroyable, mea culpa !

Merci à Heloïse Weiner pour ces illustrations si justes !

Nous avons donc réussi à imager nos conflits et nous avons compris que nous nous vidions nos seaux mutuellement, notamment quand nous étions en colère les uns contre les autres.
La solution est de remplir le seau (image pour le réservoir affectif). Remplir son seau et celui des autres est d’une simplicité déconcertante. La grande surprise, c’est que remplir le seau des autres permet de remplir le nôtre ! Cela parait logique après réflexion. L’inverse se vérifie également : piller/vider le seau des autres, vide le nôtre de la même manière.
J’évite de spoiler le livre, je pense que c’est un excellent investissement familial. A lire et à relire, sans modération ! Et à pratiquer au quotidien.

Dragons bleus et dragons jaunes

Il vient tout juste de rejoindre nos histoires du soir.

Découvert sur Instagram, il me faisait de l’œil depuis un moment. J’ai attendu raisonnablement d’avoir les finances et le voilà, mon précieux ! Le dragon me fascine depuis toujours. Récemment, Cadet me demandait pourquoi les dragons étaient invisibles. Pour une fois, je lui ai répondu mon ressenti au lieu d’une explication « rationnelle ». J’ai dit qu’à mon avis, les humains sont devenus trop dangereux, alors les dragons ont « disparu » pour se protéger de nous. Il a trouvé mon explication triste. J’aurai pu répondre que les dragons n’existent pas, sauf que je n’ai aucune certitude à ce sujet. Je n’ai plus besoin de voir pour croire. (A ceux qui pensent au Père Noël,  trop d’adultes ont gâché la beauté du « concept ». Je suis toute disposée à y croire, dès que le PN mercantile n’en voudra plus à mon argent ni à la planète !)

J’ai lu « Dragons bleus et dragons jaunes ». J’ai admiré les illustrations un bon moment. Les dragons sont magnifiquement dessinés. L’histoire est simplement belle. C’est un conte dans la plus pure tradition. Cadet l’a écouté sans poser de question (il a l’habitude d’en poser avant même que l’histoire y réponde). Il a quand même voulu savoir, avant que je lise, si les dragons jaunes étaient amis avec les bleus. L’histoire a répondu à sa question. Il a eu l’air d’apprécier l’écouter. Je sais rarement quand une histoire lui plaît, sauf s’il la réclame tous les soirs. Ces temps-ci, il préfère varier les plaisirs.

Ces deux lectures jeunesse ont apporté de la nouveauté, bienvenue, dans notre petite bibliothèque. Je présenterai ma lecture d’adulte sérieuse dans un autre blabla.

 

Lecture 8. Puni-cagibi !

Le mois d’août a été tellement chaud que je n’ai eu aucun courage de finir un livre sérieux. Même à temps partiel, j’étais trop cuite pour finir la soirée avec un bouquin qui demande réflexion.

Récemment, j’ai reçu un livre jeunesse des années 90. La première fois que je l’ai vu, c’était en faisant un tri dans un tas de vieilleries pour vider la réserve d’un EAJE. Le titre m’avait consternée. Pour « rire » je l’avais lu à une collègue et je l’avais caché dans le tas de livres trop abîmés pour être entre les mains d’enfants de moins de 3 ans. Et puis, je l’ai oublié.

En faisant des recherches de livres d’occasion sur différents thèmes, je l’ai reconnu. J’ai voulu lire les commentaires sur le net. Ça m’a donné envie de l’acquérir. Tellement étonnée que les uns adorent et les autres détestent. Pour 2 francs six sous, le voilà dans ma petite collection (qui commence à s’agrandir, oups) !

En lisant, je me suis surprise à sourire. L’enfant de cette histoire est, comme la majorité des enfants, vraiment attachant, chiant, attachiant. Son imagination n’a aucune limite, sinon celles du cagibi. Ses idées pour s’y faire envoyer frôlent l’ingéniosité.

Comme il est fait mention ouvertement de ce qui se nomme Violence Éducative Ordinaire, en 2018, j’en profite pour blablater sur ce sujet sulfureux. C’est suffisamment grave, puisque ce pourrait être l’origine de plusieurs formes de violence, voire de la Violence tout court.

Simon se fait PUNIR par retrait dans une toute petite pièce sombre, un placard. Je doute que ce soit pour qu’il se calme et réfléchisse, c’est simplement une mise à l’écart. J’ignore son âge, il me semble jeune, il parle de manière compréhensible. Tout le long de l’histoire Simon est chez lui, avec ses parents. Entre ses parents et lui, il y a très peu de dialogues, à part « vilain garçon, puni-cagibi ! »

Les parents sauvent presque la mise en s’infligeant la même punition, de leur plein gré, mais Simon finit par les faire craquer. Cela dit, cet enfant est souvent seul. Qu’il soit envoyé dans le salon, la salle de bains ou les toilettes, il n’y aucun mots mis sur les actes et leurs conséquences, aucun accompagnement. Il est libre de faire les pires expériences possibles. Logique.

C’est ça qui est formidable dans les histoires, TOUT EST POSSIBLE mais s’il fallait préciser : TOUT EST IRRÉEL !

Je suppose que des enfants qui ont le temps de faire des « bêtises » aussi élaborées sont silencieux pendant un temps suffisamment suspect. Dans ma vie de mère, le silence est une alarme, autant que les cris. Au moindre doute, je bondis. Surtout à partir du moment où bébé/Chérubin se déplace. Je me souviens avoir visionné des vidéos des « pires bêtises » d’enfants et c’est difficile de garder son sérieux. Quand deux enfants se sont dessinés sur tout le corps et que leur papa essaie une tentative d’autorité alors qu’il est plié de rire, c’est communicatif ! Combien de temps il leur a fallut à ces deux chenapans pour être recouverts de feutre/peinture (j’ai oublié) des pieds à la tête ?!

Des bêtises ou des expériences ?

Junior bis a demandé à ce que je lui lise l’histoire deux fois. Il a fait peu de commentaires. Il a dit qu’à l’école il y avait des punitions mais à la maison « vous me puniez pas« . J’ai expliqué que nous préférions dialoguer, expliquer et lui demander de réparer quand c’est possible. A l’école, la menace c’est d’aller dans le bureau d’Untel…parce que c’est le directeur ? parce que c’est un homme ? Je me souviens, en EAJE, je proposais aux enfants (les plus grands) qui avaient atteint leur seuil de tolérance des temps collectifs, d’aller dans le bureau d’Unetelle, la directrice. J’expliquais que le trajet permettrait de se détendre et que je resterais avec lui ou elle pour discuter à 3. Jamais je ne parlais de punition. Au contraire, c’était une opportunité de sortir d’une émotion envahissante et de poser des mots. Ils finissaient par réclamer d’aller discuter avec Unetelle et moi dès qu’ils sentaient que c’était difficile pour eux.

En France, la punition est une valeur-sûre. C’est dommage et dommageable car la sanction est bien plus constructive. Ici ce qu’en dit Jean Epstein.

Punir un enfant de moins de 5 ans (immaturité du cerveau) s’avère comme pisser dans un violon et même pire puisque lourd de conséquences sur la construction identitaire, l’estime de soi et la confiance en les autres. Punir après 5 ans ne semble jamais porter de fruits que ceux de la rancœur. Personne ne pourra dire qu’il l’ignorait.

 

 

Lectures 7. Philosophie et essai politique

Ce mois-ci j’ai beaucoup lu pour moi. C’est une période estivale propice aux lectures légères mais pas que.

Je vous partage un coup de cœur qui a peu à voir avec la petite enfance, sauf le personnage principal   : une sorte de « petit prince » du 21ème siècle. J’ai trouvé ce livre apaisant et puissant.

Extrait :

"Je méditai un temps leurs paroles 
avant de murmurer :"Ainsi, dans 
le pays des hommes, certains 
décident pour d'autres de la 
conduite à suivre. 
Ça veut dire que ces autres
ne sont pas capables de 
se diriger eux mêmes."(p.66)

 

La lecture, petite enfance, du mois est un essai politique, d’une pertinence saisissante. Je découvre cet auteur avec gratitude. Jesper Juul est un grand monsieur et sûrement une belle personne. Peut-être qu’un jour la France s’en inspirera et par extension le monde entier…on peut rêver.

Pour répondre à la question du titre, je crierai un grand oui !! Est-ce bien le cas de tous nos politiques ? Se poser la question est légitime. Nous sommes finalement loin d’être soutenus dans cette démarche…que nous soyons professionnels du secteur médical, social ou petite enfance. Ce serait du déni de ne pas s’en rendre compte. A réfléchir sérieusement et rapidement, afin de passer à l’action.

Voulons-nous vraiment des enfants forts et en bonne santé ?

Extrait de la critique de culturemania :

"Le message de Jesper Juul 
(qui n'a rien à voir avec le rappeur,
non, non, non...)est clair : 
aujourd’hui le modèle éducatif, 
qu’il soit dans les foyers 
ou dans les écoles de l’état, 
ne permet pas aux enfants 
d’avoir une estime de soi 
assez solide pour être heureux 
et en bonne santé, et donc 
de construire une société
à cette image. Il rappelle
que le système scolaire  a été
pensé il y a des années et des
années et qu’il n’est plus
du tout adapté ni aux connaissances
que nous avons du développement
des enfants, ni à leur soif 
innée d’apprendre, 
ni au monde que beaucoup
d’entre nous veulent construire. 
Il dénonce les états d’Europe qui 
n’ont toujours par compris 
le lien entre la façon dont
la société traite
les enfants et le taux de
maladies psychosociales
en constante augmentation. 
Il souligne que ces mêmes états
s’inquiètent de la hausse 
des coûts de la santé et
des affaires sociales alors même
qu’ils ne prennent pas conscience
que ces coûts seraient 
ô combien diminués
si l’éducation, l’école et 
la prévention étaient de bonne qualité.

Je garde le contenu de ces deux lectures dans ma tête et mon cœur en étant sûre que ma pratique s’en imprègne déjà.  Je me contente de partager mes ressentis après lecture. Si ça donne envie, tant mieux.

Quelques passages :

Belles lectures d’été à toutes ET tous ! (Je vous épargne l’écriture inclusive, ça m’est illisible.)

Lecture 6. Écoutez-moi grandir, Sophie Marinopoulos

  

Livre encensé par les pros de la petite enfance :

« On devrait le distribuer aux
parents dans les maternités, 
l’offrir aux jeunes diplômés 
des métiers de la Petite Enfance 
et le remettre aux nouvelles 
assistantes maternelles en même
temps que leur agrément. 
Ce livre est de santé publique ! 
(…)
On sourit beaucoup, on rit 
parfois, on opine, 
et surtout on réfléchit ! 
Ce petit ouvrage devrait trouver
sa place dans la bibliothèque 
de tous les pros ! Car son 
auteur a raison : « Ce livre, 
c’est de la prévention. Il parle
de santé psychique et 
d’éducation ». Ce qui est tout 
aussi important et essentiel 
que la santé physique, nous le
savons tous désormais. »

Mon avis est mitigé. Ce livre ne m’a rien appris, ni rien permis de mieux comprendre. J’ai apprécié le lire car le style est fluide et agréable. Jusqu’à la page 32, c’est un joli voyage dans le monde intra-utérin et les premiers moments de vie d’un petit d’homme. Dès la page 33, j’ai eu des difficultés à le lire, par manque d’attention et d’intérêt (l’intérêt est mon moteur, comme nombre d’entre nous)

En tant que mère, je le trouve léger et simpliste. En tant que pro, même s’il pose des bases, il reste succinct. En prime, il contient quelques jugements, à peine dissimulés bien que très bien emballés. Certaines idées amenées par Elisabeth, de la part de Mme Marinopoulos, me sont légèrement écœurantes, tout de même, surtout dans la « pensée » d’un nourrisson. Ça se veut « ouvert » mais je l’ai ressenti « fermé ».

A sa lecture, j’ai souvent tiqué. Bébé Elisabeth omet de préciser que chaque enfant va à son rythme puisque chacun est différent. Si nous naissions tous identiques en matière de tempérament, de caractère, de vécu in-utéro et de contexte de naissance, alors oui ce qu’elle dit pourrait s’appliquer à d’autres bébés, qu’elle appelle ses « collègues »…or c’est loin d’être le cas. J’aurai préféré que ce soit précisé, car je l’ai compris comme une généralité.

Au sujet du sommeil, j’ai rencontré des bébés [en fait, un seul en vrai. Je ne compte pas les bébés déjà résignés par un dressage à la « Ferber » ; à mon tour d’être subjective !! et un fictif : « Thomas n’a peur de rien »] qui aimaient dormir seuls, dans leur espace. Cela dit, c’est une minorité. Le contraire est plus largement répandu. Après avoir passé 9 mois « collé-serré » comme le dit bébé Elisabeth, être seul c’est compliqué.

Qu’elle décrète que peu importe le lait qu’elle boit, l’important c’est d’être nourrie. Évidemment nous sommes tous d’accord…le choix (parce qu’il existe) reste celui de la mère (en accord ou non avec le père) d’allaiter au sein ou au biberon. Je doute que ce soit judicieux de l’avoir ainsi exprimé. C’est très subjectif. Elisabeth aime les deux, le sein et le biberon (aucune précision sur ce qu’il y a dans le biberon). Pour le risque de confusion sein-tétine, c’est dommage. Si un sevrage est prévu, c’est déjà plus logique .

C’est un écueil de ce livre, il est sujet à interprétation.

Concernant les pleurs, pour un nourrisson, attendre est difficile, c’est observable chez la majorité des bébés. Elisabeth dit que ça lui arrive de pleurer pour pleurer, pour rien…enfin si j’ai bien compris. C’est une championne dans plusieurs catégories car elle aime être seule « pour un laps de temps raisonnable » dès ses premiers jours de vie…elle aime attendre, elle aime tous les laits (?) et elle accepte le biberon sans sourciller.

Le plus gênant (pour moi) sont les comparaisons de son « autonomie » avec celle de ses « collègues » et notamment de sa cousine. A côté, elle le dit « je suis un génie ». La cause du « retard » des autres est identifiée de manière trop ciblée comme étant un refus des adultes de les laisser grandir. Je constate qu’on pourrait penser, une fois de plus, que c’est la faute à… la mère !

Finalement, Elisabeth vit dans une famille presque idéale, comme il en existe peu, voire pas du tout : sa croissance est parfaite (sauf au début, elle prend peu de poids (encore cette obsession du poids ; alors qu’un nourrisson nourri au sein a une croissance différente d’un nourrisson nourri au lait en poudre). Ses parents ont quelques désaccords mais comprennent vite et rectifient parfaitement le tir. Ou alors s’agit-il d’une belle vitrine qui cache les coulisses de l’arrière-boutique ?

Faire parler un bébé, c’est original et touchant. Cela comporte le risque de penser que tout ce qui est relaté par ce charmant bébé concerne tous les bébés, toutes les mères, tous les pères etc.

Comme tout ce qui se dit au sujet de pratiques dites de « maternage », des propos peuvent être mal interprétés. Mes yeux d’EJE se sont écarquillés plusieurs fois pour retrouver leur taille normale quelques lignes ou pages plus loin…trop loin pour éviter les confusions, si j’avais été une jeune mère.

Préciser et même répéter que les ressentis d’Elisabeth n’appartiennent qu’à elle, m’aurait un peu plus rassurée quant à l’impact que peut avoir ce livre sur de jeunes parents déboussolés.

Le message à retenir demeure important en direction des adultes :

les parents savent, ils peuvent se faire confiance et surtout,

la croissance psychologique des bébés est tout aussi importante, sinon plus, que la physiologique.

Je suis bien contente de l’avoir emprunté dans une bibliothèque. Son court format m’a permis de le lire deux fois avant de le rendre, pour être sûre de mon avis. Il est resté incertain et le malaise ressenti à la première lecture n’a pas été dissipé à la seconde. Je suis loin de partager l’encensement de mes collègues du site « les professionnels de la petite enfance ». D’ailleurs j’ai du mal à le comprendre. Je m’en passerai facilement dans ma « carrière » et ma bibliothèque. Je suis allée lire d’autres avis et d’autres ont été déçus, comme moi.

Si vous l’avez lu, je serai curieuse de savoir ce que vous en avez pensé.

Lectures 5. Dans la peau d’un parent indigne, mais doté d’humour.

Je connais mal la Perfection, je n’y suis jamais allée. J’en ai une vague idée, tellement floue que souvent c’est comme un mirage. Je connais mieux la Théorie, le pays où tout est censé se passer bien, mais l’abîme le fossé à traverser est périlleux glissant. De toute façon, comme je réside au pays des Bisounours, mes ressentis sont un peu biaisés.

Ce blabla risque de surprendre. Certains se demanderont si je suis en train de basculer du côté obscur de la Force. Non, non, je suis simplement allée y faire un tour. C’est toujours constructif d’explorer la part d’ombre de l’humanité (et la sienne par la même occasion). ça l’est d’autant plus quand on parvient à en revenir.

Il s’agit d’Humour…plus subjectif que ça, y’a les Goûts et les Croyances. Ça ne devrait pourtant jamais virer au pugilat…L’Humour c’est un peu comme la Religion, on s’aperçoit vite qu’il y a des humours. Le rire était censé rassembler (il le fait. Sous forme de clans), mais voilà, comme les religions, il finit par diviser…bref, je m’égare.

J’avais lu, il y a quelques années, No Kid : Quarante raisons de ne pas avoir d’enfant. Dans mon souvenir, c’était drôle mais j’étais déjà mère. J’ai fini le livre sans être convaincue de me contenter d’un seul enfant.

Ce coup-ci j’en ai lu 4 d’un coup. Un genre de petite overdose d’humours.

Livre 1. Cocoricoooo. Même si son nom a des sonorités anglo-saxonnes, peut-être écossais ou irlandais, Marion McGuinness est française. En tous cas, elle vit en France. Je suivais sa page dédiée au blog Maxi best of Mcmaman sur Facebook. A l’époque (ok d’accord, c’était en 2013) je comprenais mal son humour. Et puis à cause de mon sens du détail, je me suis pris la tête… « Les enfants sont formidables » est paru en 2015 (oui je lis rarement les livres à leur parution). J’y ai lu les mêmes anachronismes. Donc, message personnel à Mme McGuiness :

"la DDASS s'appelle l'ASE 
depuis 1983 
(loi de décentralisation).

Aparté : l’humoriste la Bajon fait la même « erreur » dans son spectacle bidonnant « Vous couperez ».(Avec plaisir pour la découverte, elle me fait pleurer de rire.)

Et sinon, c'est plus juste 
de parler d'accueil 
petite enfance
que de garderie."

Ça reste un livre hilarant. Son style est agréable à lire. Difficile de ne pas se reconnaître en tant qu’enfant et/ou parent. Par contre, dire que l’enfant n’a aucun humour, je trouve que c’est injuste et inexact. J’en ai rencontré des centaines et ils ont bel et bien de l’humour. Un humour bien à eux. Un humour qui les rassemble (lui au moins !!). Sauf quelques rares exceptions ; j’en parle parce que je faisais partie, déjà enfant, de cette catégorie à ne rien comprendre à l’humour, pourtant dit « universel » du fameux, « pipi caca prout » ! Mon fils aîné n’a jamais compris non plus. Résultat, nous sommes passablement agacés par l’ardeur du Cadet à traverser cette période qui nous semble « intermilooooonnnngue ».

Livre 2. « Dors ! »La traduction française a gardé le niveau de grossièreté. Cela dit, j’exagère, pour beaucoup de gens, c’est du langage courant. Best-seller polémique Outre-Altantique…il y a 7 ans. Je n’en avais jamais entendu parler. C’est une réalité, le sommeil des enfants peut souvent virer au drame familial cauchemar. Écrire ou chanter est un exutoire et si ça fait rire tant mieux. Pour les curieux sur Europe 1.fr. Je le trouve moins drôle que « mange ! »

Livre 3. Dans la même veine, le titre sur l’alimentation et du fameux « mange ! ». Chez les enfants, c’est récurrent d’en parler. J’ai gagné le gros lot, mes deux fils ont joué sur les deux tableaux ! Miam miam. A leur décharge, j’ai fais suer mes parents, donc je paie. C’est sûrement la monnaie de ma pièce… de théâtre (une vraie comédie à table, d’après mon père). C’est mon préféré, surtout les illustrations.

Livre 4. Un guide au titre encore plus croustillant que celui pour embobiner son enfant. Dommage, je me suis ennuyée en le lisant. C’est le portrait en 7 profils, de la majorité des parents d’hier, d’aujourd’hui et de demain. J’y ai reconnu les miens et j’y ai constaté les conséquences. Finalement, le contenu est juste caustique. Peut-être, en avais-je déjà marre de ce type de lecture ? Au bout d’un moment, c’est devenu lassant. J’ai eu du mal à finir.

Comment traumatiser votre enfant…

C’était une parenthèse lecture amusante. Je cherche d’autres titres à présenter ici. Sans retours de lecteurs, c’est moins motivant, à vrai dire. Je pense que ce site me sert plus de carnet de bord que je partage. Tant pis pour l’interactivité.

Mange !

Lectures 4. Satomi Ichikawa

Pour avril, je lis plusieurs livres en rapport avec la petite enfance mais je n’ai aucune inspiration pour partager leur contenu.

Ce manque d’idées m’a donné  envie de changer un peu. Je préfère partager ce que m’inspire une autrice jeunesse japonaise.

Je n’ai jamais lu ni vu d’albums de cette autrice dans les EAJE où j’ai travaillé. Peut-être parce que ça semble s’adresser aux enfants de plus de 3 ans. C’est dommage comme restriction. Cadet a apprécié toutes les histoires dès ses 2 ans. J’ai entendu parler de Satomi Ichikawa dans une vidéo d’Amélie Blot de Famille épanouie.

Je ne me souviens plus quand les animaux humanisés ont commencé à m’agacer. Sûrement déjà avec l’aîné quand je regardais, avec lui, les zouzous. Autant je conçois que les animaux communiquent, que nous pouvons les comprendre et que les dessins animés nous proposent une traduction instantanée…autant les personnages comme Petit Ours brun, l’âne Trotro ou encore Tchoupi,  sortis de leur environnement réel et calqué sur un mode de vie complètement humain, bah ça me gonfle. Cadet de 4 ans croient qu’ils vivent vraiment comme nous…et pourtant je lui explique et je choisis des livres avec des personnages humains le plus souvent possible. Il a aussi vu des dessins animés tels que Zou, Pepa pig and co qui ont augmenté sa confusion. C’était temporaire mais ça l’a dérangé. Il demandait souvent pourquoi ces cochons ne vivent pas dans une porcherie, par exemple. Malgré mes explications sur le côté imaginaire de l’inventeur de ces personnages, il a eu des difficultés à faire la part des choses et beaucoup plus avant ses 4 ans.

Suite à la vidéo d’Amélie, j’ai trouvé plusieurs livres (11 titres) d’occasion de Satomi Ichikawa. Nous avons  agrandi notre bibliothèque d’histoires un peu plus réalistes pour cette période, très terre à terre, de Cadet.

Je n’ai rien contre le monde imaginaire, bien au contraire. J’observe néanmoins une période, chez l’enfant, pendant laquelle ça devient compliqué de s’identifier à  une tortue (Franklin/Benjamin) qui fait ses lacets alors qu’elle ne porte pas de chaussures…

C’est presque un défi à chaque fois que nous allons à la médiathèque pour trouver des livres qui racontent des histoires de petits d’hommes avec des préoccupations spécifiquement humaines.

Avec Satomi Ichikawa tout nous fait voyager : les lieux de ses histoires, ses textes, ses personnages et leur culture  et ses magnifiques illustrations. Elle nous transporte en Afrique, en Asie, en Amérique du sud…J’apprécie beaucoup et ça s’est transmis à mon fils surtout durant  sa période « réaliste ».

C’est important, à mon sens, d’être à l’écoute des envies et/ou des préoccupations des enfants concernant la lecture de contes et histoires. Ils vivent toutes sortes d’émotions et ils peuvent avoir besoin de s’identifier à des personnages qui vivent soit les mêmes, soit d’autres complètement différentes. Ça les rassure et ça leur ouvre des horizons culturels variés. D’après moi c’est un des objectifs de la littérature jeunesse. Le choix des histoires ne peut donc se focaliser sur un même genre, avec toujours les mêmes personnages.

Quels auteurs remportent du succès chez vous ou sur votre lieu de travail ?