Allô papi Rufo ?

Monsieur Rufo, je me permets de vous appeler papi. Parce que si j’avais eu la chance d’en avoir un, au quotidien, j’aurai bien voulu qu’il soit comme vous…Jusqu’à ce que vous vous mettiez à dire des choses vraiment étranges…C’est donc avec tout mon respect que je vous nomme ainsi. Bon, ça ne colle pas vraiment, niveau âge car vous avez celui de mon père. Il a endossé son rôle comme il a pu, je n’en ai pas besoin de deux ! Donc je choisis papi.

Mais que vous est-il arrivé ? J’ai toujours estimé votre travail. J’ai grandi à Paris entre Mouffetard, Port Royal et Montparnasse. A chaque fois que je passais devant la maison de Solenn, je pensais à votre rôle fondamental auprès de ces jeunes personnes en souffrance (j’étais déjà adulte). J’entendais du positif partout à votre sujet.

C’est sur facebook, il y a quelques années, que j’ai découvert des échos négatifs vous concernant. C’est le propre des réseaux sociaux de balancer son hostilité à la tête des autres, par claviers interposés. Étonnée, j’ai voulu vérifier. Je vous ai vu et entendu à la TV et là : stupeur et déception. Vous n’incarnez plus du tout la bienveillance et la compréhension que je vous avez imaginé. C’est ma faute aussi, je n’avais qu’à me renseigner avant. Je ne pense pas que vous soyez devenu aussi aigri avec l’âge. Il y a forcément quelque chose que vous avez mal vécu enfant. C’est sûrement la faute de votre mère. Je vous renvoie un peu votre façon de faire que j’ai pu observer dans l’émission « Allô Rufo » que vous présentiez avec Églantine Emeyé : vous accusez et vous infantilisez. Comme super Nanny !Inutile de répertorier tous vos dires patriarcaux. C’est loin d’être un procès. Pour information, une pétition est en ligne concernant le magazine Version femina et la pédagogie noire :

https://www.change.org/p/version-femina-pour-une-enfance-sans-violences-cessez-d-inviter-les-promoteurs-de-la-p%C3%A9dagogie-noire

Chacun ira se renseigner sur vos dérapages, vos excuses et vos avis qui, hélas, n’engagent PAS que vous.

En effet, récemment, j’ai pu voir un replay d’une émission animée par un médecin, comme vous. C’était Dr Cymes qui s’entretenait avec la chanteuse Nolwenn Leroy. J’ai vraiment cru qu’il s’intéresserait de manière précise, scientifique et médicale à la question qu’il posait à Nolwenn, au sujet de son allaitement non écourté. Or pas du tout, là aussi stupeur et déception. Au lieu d’informer sur cette cause, il a choisi de traiter ce sujet à la légère, de se moquer ; devant un public, des téléspectateurs et face à cette jeune maman, dont j’applaudis l’humour et la tenue. Sincèrement, à sa place, je lui serai rentrée dans le lard à ce médecin de talk show. Il n’y a vraiment que l’audimat qui compte à la télévision ? Évidemment, suis-je naïve ! En entendant ses remarques déplacées, j’ai immédiatement pensé à vous Pr Rufo. Voilà votre digne héritier. Vous pouvez prendre votre retraite médiatique.

Ce que j’ai énormément de mal à comprendre, c’est cette inertie dans l’ignorance. Au sujet de l’allaitement, la Leche League est une mine d’or. Pour un médecin et un pédopsychiatre, c’est inconcevable d’en savoir si peu à ce sujet en 2019 !!! Cette complaisance à rester dans le passé de la médecine, de la psychanalyse, des jugements à tire larigot, des comportements inappropriés : on ne touche pas les enfants sur un plateau TV, ce n’est pas un lieu de consultation…Tout ça c’est questionnant. Parfois, j’ai été choquée par ce que j’appelle de la goujaterie.

Le monde change. Pour certains aspects, il évolue en mieux, réjouissons-nous. Tout va vite, l’accès à l’information est instantané. Vous dites avoir été « embêté » par la Leche League, mais vous avez persisté à dire que « allaiter 3 mois ça suffit, parce que les seins sont les jouets du papa et de la maman… » comment avez-vous pu…?! Mais si c’étaient des jouets, ils ne fabriqueraient pas de lait !

Je ne peux que vous encourager à lire et à discuter avec Jesper Juul, Catherine Gueguen , Isabelle Filliozat, et même Jean Epstein, Boris Cyrulnik (pourtant vous vous connaissez tous les deux)…si ce n’est déjà fait. Ces rencontres pourraient vous permettre d’ouvrir votre perception, votre angle de vue. Ce qui me chiffonne le plus, c’est ce droit que vous vous octroyez de dire aux femmes ce qu’elles devraient faire ou non au lieu de simplement les écouter et faire preuve d’empathie. Comment vos seuls savoir et savoir-faire peuvent-ils prendre toute la place, sans rien laisser au savoir-être et savoir-vivre ?

Je dis souvent que les erreurs d’une vie ne peuvent occulter l’excellent travail que des personnes, comme vous, ont accompli ou accomplissent encore. Malheureusement, notre société a tendance à ne voir que le verre à moitié vide et à se souvenir du négatif (Mme Dolto en fait les frais). Il n’y a que vous qui puissiez changer la tendance à votre sujet, avant qu’il ne soit trop tard.

Pour finir en douceur, c’est cadeau : (non, non, l’allaitement n’est pas un IR (intérêt restreint))

T’as pas la télé ?

Mais qu’est-ce que tu fais ? Comment tu fais ?

Merci de s’en inquiéter, je me porte bien et ma famille aussi. Vive internet ! Alors c’est vrai, je ne possède pas l’Objet Télévisuel (OT= clin d’œil à Winnicott) en tant que tel. Cependant je reçois des chaînes via la Toile (web).

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S’il ne tenait qu’à moi l’ordinateur serait absent dans mon environnement mais j’en ai besoin pour travailler. Je vivrai mieux sans le téléphone portable, mais il s’avère que je n’ai pas de téléphone fixe…

Que fais-je sans télévision ? Et bien, la liste est longue, quelques exemples d’occupations :

– je regarde la pluie tomber…parfois je me baigne, en famille, dans la Méditerranée quand il pleut et qu’il fait chaud, c’est euphorisant.

– je lis

– je reste allongée à côté de bébé quand il joue.

– je m’ennuie (quand j’ai le temps), activité hautement créative ! Etc.

J’ai déjà parlé de ce choix de vie familial dans cet écrit : la télévision est-elle une menace pour l’enfant ?

Voilà, c’était un petit aparté personnel. Chacun fait ce qu’il veut à son niveau de conscience. Pour ma part, je me protège de ce que je sais néfaste pour mes proches et moi.

Chicken Reality TV

La télévision est-elle une menace pour les jeunes enfants ?

Enfant-télé

Dessins issus d’une étude allemande réalisée sur des enfants de 5 à 6 ans. Cette étude, qui avait été évoquée par Courrier International, a été réalisée par un pédiatre Allemand sur 1900 enfants de 5 à 6 ans, à qui il a été demandé de dessiner un personnage.

Réédition du 20/07/13-Blogspot

La télévision, internet, les écrans…vaste débat ! Sujet toujours d’actualité, souvent débattu sur les réseaux sociaux. Et encore une fois, l’unanimité est loin de caractériser les pratiques des EJE. Tant mieux. Je lis avec intérêt les avis divergents. Ils amènent une réflexion, permettent d’éviter de me scléroser dans des théories qui finalement existent pour nous guider mais jamais pour penser ni pratiquer à notre place. Les théories et les études sont des recours, non des substituts, bien qu’elles se basent sur des faits et des expériences.

Mon avis, je le répète ici, est loin d’être objectif. Je me situe dans la catégorie des individus « victimes » de la TV. En fait, j’irai jusqu’à dire que je suis « esclave » de l’image. Il ne tient qu’à moi de me rééduquer. Ce que je fais au quotidien, avec des hauts et des bas. Pour ma petite histoire, j’ai rarement eu la TV durant mon enfance. Cependant -et peut-être est-ce à cause de son absence -cet objet me fascine trop souvent. Je le gère difficilement, c’est un réel combat. Je n’en ai donc jamais acheté et je ne le possède plus depuis plusieurs années. Pour éviter de punir mes proches, nous recevons les chaînes via un ordinateur (plus maintenant/février 2017). L’avantage de l’ordinateur familial c’est son usage parcimonieux ! Le téléviseur est bien trop facile à allumer, alors j’ai sciemment compliqué l’accès surtout quand j’ai vu mon fils aîné suivre le même chemin de « dépendance télé-visuelle ». Avec l’ordinateur, nos envies se dirigent naturellement vers les jeux, internet et des recherches précises, du travail sur logiciel…et le choix de film selon nos envies.

Quand je lis que l’usage des téléviseurs (et leur contenu médiatique) est anodin dans le milieu de la petite enfance, je me raidis et quand cela va jusqu’à leur présence et utilisation dans les structures petite enfance par des professionnels, j’avoue que je frise l’apoplexie.

Nous sommes suffisamment informés au 21ème siècle sur le développement de l’enfant, sa maturation nerveuse et physiologique, ses étapes, ses apprentissages, ses acquisitions…pour faire au mieux et être garant de son avenir donc de toute son enfance, dans les meilleures conditions. Oui ? Oui !!! Alors, comment est-ce possible d’accepter ou pire de proposer des objets inutiles et superficiels à leur usage ?? Sachant que dans la sphère privée, ils y ont accès la plupart du temps. Je me dis que c’est largement suffisant.

Nous faisons 3 ans d’étude pour prévenir plutôt que guérir, pour faire relais mais autrement jamais à la place des parents, pour pallier les manques ludiques, psychomoteurs… Quand on travaille dans l’intérêt de l’enfant, nous avons la responsabilité d’utiliser des outils à des fins épanouissantes, grandissantes, sécurisantes…oui ? Si quelqu’un me (dé)montre qu’un bébé et même un jeune enfant peut avoir un intérêt majeur à regarder un programme télé, alors écrivez moi par mail, je suis curieuse de nature.

Pour une fois j’ai un avis tranché. Peut-être que je diabolise les écrans et les images mais le contenu du téléviseur me donne régulièrement la nausée alors je ne le mettrai, pour ma part, jamais à disposition des enfants de moins de 3 ans. Et je veillerai toujours, à ce que visionnent les enfants de moins de 12 ans !!

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image trouvée ici

Liens :

TV Lobotomie – La vérité scientifique sur les effets de la télévision

L’impact de la télévision

Trop de télé nuit gravement aux enfants

Lettre ouverte aux parents déconnectés