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Echecs de societe

Du côté du Canada : merci à Christine BRASSARD pour cet écrit que je partage à tous points de vue. Même constat en France.

  1. Vouvoiement et manque de civisme à l’école,
  2. hausse de la violence chez les enfants en maternelle et
  3. agressions envers les enseignants.

« Trois réalités qui font les manchettes depuis quelques mois et qui révèlent exactement ce que je dénonce depuis 30 ans. Elles avaient déjà été pointées du doigt, à l’époque, par les enseignantes de mon fils, qui ont été de véritables mentors pour moi lorsque j’allais aider en classe plusieurs heures par semaine : la perte du lien (maternant) avec l’enfant.

NOUS RECOLTONS AUJOURD’HUI CE QUE NOUS AVONS REFUSÉ DE VOIR

On s’étonne, aujourd’hui, que les enseignants décrivent leur école comme un milieu de travail violent. On déplore des enfants qui frappent, mordent, crient, agressent. On parle de manque de civisme. On invente des solutions symboliques, comme le vouvoiement, en espérant calmer la tempête.

Mais ce que nous observons dans nos écoles n’est pas une crise soudaine. C’est le résultat d’un choix de société fait il y a plus de vingt ans :  remplacer la présence parentale par l’institution , au nom de l’économie. 

QUAND ON A DÉVALORISÉ LA MÈRE… ON A DÉSTABILISÉ L’ENFANT 

Avec la création des CPE, financés en partie par le retrait des allocations familiales (1997), on a poussé des milliers de mères à retourner travailler,  non parce qu’elles le désiraient toutes, mais parce qu’elles n’avaient plus les moyens de rester à la maison ou faire du temps partiel. 

On a fait croire que :

▪︎ une éducatrice = une mère

▪︎ la stimulation institutionnelle = meilleur développement

▪︎ l’enfant « s’adaptera »

Pendant ce temps, la psychiatrie, la psychanalyse et les neurosciences disaient déjà autre chose.

BOWLBY : l’enfant a besoin d’une figure d’attachement stable pour se sécuriser.

WINNICOTT : “il n’y a pas de bébé sans sa mère”.

SPITZ : la séparation répétée produit retrait, anxiété et détresse.

AINSWORTH: c’est la sécurité affective qui rend l’enfant sociable, pas l’institution.

DAMASIO : le soi et la régulation émotionnelle naissent dans le lien affectif précoce.

Un enfant placé très tôt, qui change souvent de bras, d’adultes, de règles, apprend une seule chose : l’amour est conditionnel.

Et quand l’amour devient conditionnel, 

➡️ la frustration devient insupportable

➡️ l’autorité devient menaçante

➡️ la colère devient son seul langage

L’ÉCOLE REÇOIT DES ENFANTS… MAIS HÉRITE SURTOUT DE BLESSURES 

La maternelle est aujourd’hui le lieu où tout craque. 90 % des enseignantes disent avoir déjà subi de la violence. 

On parle de mordre, pousser, frapper, cracher. La violence augmente et on demande aux enseignants de « gérer », comme si l’école pouvait remplacer des années de manque d’attachement stable.

Ils deviennent pompiers : ils éteignent des feux qui n’auraient jamais dû s’allumer.

Pendant ce temps, les parents courent :

▪︎ départ à 6h

▪︎ retour à 18h

▪︎ souper – bain – dodo

Aucun espace pour parler, expliquer, encadrer calmement. Alors on achète la paix, on promet, on menace, on cède par épuisement.

Pas par manque d’amour. Par manque de temps humain. 

TROP D’AUTORITÉS, PAS ASSEZ D’ATTACHEMENT

Avant la maternelle, certains enfants auront connu :

6, 7, parfois 9 figures d’autorité :

-éducatrices qui changent

-remplacements

-mouvements de personnel

Quand l’enfant vit cela :

▪︎ l’autorité ne devient plus sécurisante

▪︎ elle devient imprévisible

▪︎ elle n’est jamais vraiment liée à lui

L’enfant ne devrait pas avoir plus de 3 ou 4 figures d’autorités dans les 5 premières années de vie et elles doivent être stables, présentes, continues et reconnaissables. 

Les enfants n’ont pas besoin d’être « socialisés » tôt.

Ils ont besoin d’être attachés d’abord.

La socialisation vient naturellement après.

ON A MIS L’ÉCONOMIE AVANT LES ENFANTS

On présente ce système comme un progrès pour les femmes. Pourtant, si Pauline Marois avait vraiment voulu leur liberté, elle leur aurait donné les moyens de choisir.

À la place, elle a créé : 

plus de revenus… mais plus de dépenses, plus de stress, de fatigue, d’épuisement parental et plus de fractures dans le lien parent-enfant.

Et en même temps, on a rempli les coffres de l’État avec :

▪︎ impôts

▪︎ taxes

▪︎ consommation liée au travail

▪︎ consommation compensatoire (ex: alcool, cigarette, voyage, restaurant et autres récompenses ) 

▪︎ consommation de professionnel (massotherapeute, psychologue, avocat pour divorce) 

Pendant qu’on faisait croire qu’une institution pouvait remplacer une maman.

(Grâce au études sur le télé-travail, on sait aujourd’hui que travailler à l’extérieur coûte autour de 11 000$ , alors ajouter les frais de garde, on arrive à 20 000$ par année, minimum)

LE CERCLE VICIEUX 

Un système mal pensé crée :

➡️ détresse chez l’enfant

➡️ pression sur l’école

➡️ départ des enseignants

➡️ explosion des coûts

➡️ ajout de ressources

➡️ complexité accrue

➡️ efficacité réduite

Et maintenant les premiers enfants des CPE ont des enfants. S’ils n’ont pas reçu stabilité, attachement, continuité… comment peuvent-ils le transmettre? Voilà pourquoi la crise est plus grave aujourd’hui.

LE VOUVOIEMENT NE RÉPARERA PAS L’ATTACHEMENT BRISÉ 

On peut imposer le respect par le langage.

Mais on ne peut pas imposer :

▪︎ la sécurité intérieure

▪︎ la confiance

▪︎ la tolérance à la frustration

▪︎ l’empathie

Ces compétences se construisent entre 0 et 3 ans, dans la relation avec une figure d’amour stable.

Ce n’est pas une opinion romantique.

C’est de la science.

CE QU’IL FAUDRA AVOIR LE COURAGE D’ADMETTRE 

Si nous voulons réduire :

▪︎ la violence

▪︎ l’anxiété

▪︎ l’agressivité

▪︎ l’épuisement scolaire

il faudra regarder en amont, pas seulement dans les classes.

Il faudra :

➡️ reconnaître que l’attachement précède la socialisation

➡️ soutenir financièrement la présence parentale précoce

➡️ privilégier des milieux d’accueils, petits et stables

➡️ cesser de culpabiliser les mères qui choisissent de rester à la maison

➡️ remettre l’enfant au centre, pas l’économie

Parce qu’un enfant sécurisé n’a pas besoin de frapper pour exister ou de vouvoyer pour respecter.

ÉGALITÉ, CONFUSION DES RÔLES ET CRISE DE L’AUTORITÉ

Depuis quelques années, nous assistons à une montée inquiétante de la violence chez les enfants, à un rejet généralisé de l’autorité, à un effondrement du respect des règles, des éducatrices, des enseignants et, plus largement, de l’autre. 

On parle de pénurie de ressources, d’écrans, de classes surchargées, de manque de soutien au personnel scolaire. Tout cela existe. Mais ce ne sont pas les causes profondes.

LA CRISE QUE NOUS VIVONS EST AVANT TOUT UNE CRISE DU DÉVELOPPEMENT 

Au nom de l’égalité entre les femmes et les hommes, une revendication juste et nécessaire,  nous avons commis une erreur majeure : nous avons confondu égalité de valeur avec identité des rôles. 

Nous avons voulu tout unifier : les besoins, les fonctions, les trajectoires, sans tenir compte ni de la nature humaine, ni des besoins spécifiques des enfants.

Or, l’égalité ne signifie pas la négation des différences. Elle signifie l’égalité de dignité, de droits, de reconnaissance. Une différence de rôle n’implique pas une hiérarchie de valeur. Les rôles peuvent être différents et tout aussi essentiels.

Dans le développement de l’enfant, cette distinction est fondamentale.

Un jeune enfant a besoin, dans ses premières années de vie, d’un parent qui fusionne avec lui, qui materne, qui sécurise, qui régule son stress, ses émotions, son rapport au monde. Cette fonction de fusion n’est pas idéologique : elle est biologique, neurologique et psychique. Sans elle, l’enfant reste en état d’insécurité interne, incapable d’intégrer un cadre ou une règle.

Mais l’enfant a tout autant besoin d’un autre parent qui sépare, qui introduit la limite, la loi, l’altérité, qui l’aide à sortir progressivement de la fusion pour devenir un sujet distinct. C’est cette fonction séparatrice qui permet la construction du surmoi, du respect des règles, de la loi intérieure, et ultimement du respect de l’autre.

AUJOURD’HUI NOUS AVONS BROUILLÉ CES FONCTIONS

Nous demandons aux deux parents de travailler à temps plein. Nous plaçons les enfants très tôt en services de garde. Les deux parents maternent à temps partiel. Personne n’occupe pleinement la fonction de base de sécurité. Et surtout, personne ne veut incarner la séparation, la frustration, la loi, par peur de ne pas être aimé, par culpabilité liée au peu de temps passé avec l’enfant.

La fonction d’autorité est alors déléguée aux éducatrices et aux enseignants. Mais on leur demande l’impossible : discipliner des enfants avec lesquels ils n’ont pas de lien d’attachement primaire. Et pire encore, lorsque ces professionnels tentent de poser des limites, les parents se rangent du côté de l’enfant, discréditant l’adulte et détruisant toute légitimité de l’autorité.

L’enfant apprend alors une chose essentielle : la loi est négociable, l’adulte n’est pas fiable, l’opposition fonctionne.

Ce n’est pas un hasard si nous observons aujourd’hui plus de violence, plus de désorganisation, plus de conflits. Un enfant qui n’a pas été suffisamment contenu ne peut pas intégrer la règle. Il la combat.

LES FEMMES, DANS CE MODÈLE, SONT AUSSI PARMIS LES GRANDES PERDANTES

Elles ont gagné des droits, certes. Mais elles ont aussi additionné les rôles. Elles continuent de porter la responsabilité des enfants, la charge mentale, souvent celle de la maison, tout en étant désormais obligées de travailler à temps plein pour assurer leur sécurité financière. Avant, elles étaient contraintes de rester à la maison. Aujourd’hui, elles sont contraintes de travailler, même lorsqu’elles souhaiteraient rester auprès de leurs enfants. Le choix réel n’existe plus.

Les hommes, de leur côté, ont perdu leur place symbolique. On leur a retiré le droit d’incarner la séparation et l’autorité sans les culpabiliser ou les disqualifier. Résultat : retrait, désengagement, confusion.

LES ENFANTS, AU CŒUR DE TOUT CELA, PAIENT LE PRIX

Reconnaître les différences entre les femmes et les hommes, entre les rôles parentaux puis reconnaître les fonctions distinctes nécessaires au développement de l’enfant, ce n’est pas un retour en arrière. C’est une condition de santé psychique collective. L’égalité ne passe pas par l’effacement du réel, mais par sa reconnaissance.

Nous ne pourrons pas réparer la crise de l’autorité, de la violence et du lien social sans oser remettre au centre les besoins fondamentaux de l’enfant, ni sans redonner une valeur réelle, sociale, économique et symbolique, au rôle maternant et au rôle séparateur.

Nier la nature n’a jamais libéré qui que ce soit. Elle revient toujours nous rappeler ses lois. »

Christine Brassard

Note : La personne qui remplit le rôle maternel ou paternel peut être une femme ou un homme ; ce n’est pas cela qui importe. Ce qui est important, c’est que la personne ait les qualités nécessaires pour materner, et inversement pour paterner. L’essentiel est que chacun joue pleinement son rôle afin que l’enfant puisse se développer harmonieusement.

L’enfant doit d’abord fusionner avec le parent qui materne, puis, plus tard, être séparé par l’autre parent. Dans mon cas, ce rôle a été joué par ma mère au départ, puis plus tard par mon nouveau conjoint, puisque le père de mon fils ne faisait pas partie de sa vie à cette époque.

Introduction au RÉFÉRENTIEL national de la QUALITÉ d’accueil du jeune enfant

Comme ça s’agite dans la fourmilière, je me suis dis que j’allais y mettre mon grain de sel.

Grande première, je vais exposer ma trombine et à l’ère du self-service/fast food du « je donne mon avis surtout s’il n’est pas sollicité », ça comporte le risque de voir débarquer des haters sur ma petite planète tranquille. Qu’à cela ne tienne, qu’ils s’achètent une vie plus épanouie.

Je ne sais pas encore quel format ni à quelle fréquence ce sera « digeste ». Même si je fais l’effort de ne pas parler pour ne rien dire, j’ai une fâcheuse tendance à la digression.

https://crowdbunker.com/v/o2jUvrbwdP

Merci Dr Michel ODENT

Bibliographie

J’ai eu le privilège de passer 3 jours à l’écouter en visio conférence « PARAMADOULA » avec Liliana Lammers. C’était passionnant. J’ai appris énormément et je remercie d’avoir eu cette opportunité.

« Il a été un pionnier, dont la portée des travaux est, paradoxalement, plus reconnue à l’étranger que dans son propre pays. »

« Dans le contexte d’hyper médicalisation de la naissance, sa vision pour le moins subversive était accueillie par autant de critiques que d’engouements.
Il a milité jusqu’au bout de sa vie, s’adressant encore en visioconférence il y a quelques semaines à des étudiant.e.s sages-femmes, pour partager son enseignement. »

« Depuis plus de vingt ans, Michel Odent était installé à Londres où il s’était fait « sage-femme », assistant à des naissances à domicile, afin d’en savoir plus sur l’influence de l’environnement dans la période qui entoure l’accouchement. Il a été également un avocat inlassable, à travers ses multiples conférences et ateliers, de la cause de la naissance. »

« Michel Odent vient de mourir. Un grand homme nous a quittées. Nous n’oublierons jamais tout ce qu’il a fait pour la cause de la naissance respectée et de l’allaitement. Que son travail perdure encore longtemps !

Ses obsèques auront lieu à Londres dans les jours à venir, et une célébration de sa vie sera annoncée prochainement.

La famille a demandé qu’en lieu et place de fleurs les personnes souhaitant honorer sa mémoire fassent un don à La Leche League. »



Hommage à une maman

partie trop tôt.

Je ne l’ai pas connue en tant que personne publique. Alors je saluerai son rôle de mère. De ce que j’ai vu durant quelques années, elle l’a rempli à merveille, même quand c’était difficile. Toujours avec le sourire. Toujours. Une vraie leçon de vie. Sourire même dans les tempêtes.

Elle fait partie de ces mères qui ont une attention personnalisée pour chacune d’entre celles qui s’occupent de son fils. C’est pas si simple de parler d’elle au passé. La confiance était là et c’était fluide.

Le temps s’est écoulé jusqu’à récemment, la vie en suspend. Quel courage jusqu’au bout.

Merci pour ce petit bout de chemin à vos côtés et aux côtés de votre enfant.

Aurevoir Charline

L’éducation nazie, origines de l’anti-maternage ?

Le régime nazi aurait-il influencé l’éducation en Europe ?

Article de « The parenting class » résumé par le Chat de Mistral.

JOHANNA HAARER
baby alone in a crib



Comment Hitler continue d’influencer l’éducation des enfants aujourd’hui.

Extraits :

»La mère allemande et son premier enfant

En 1934, la médecin Johanna Haarer publia en effet pour son compte La mère allemande et son premier enfant, un recueil illustré visant à guider l’éducation des enfants allemands, que le Troisième Reich voulait durs et sans empathie. Des millions de ménages – dont les parents de Renate Flens – possédaient à l’époque ce livre, également présent sur les étagères des bibliothèques et dans les garderies. Ces « conseils », contre-intuitifs, semblaient attirer particulièrement les parents qui s’identifiaient fortement au régime nazi, et les jeunes femmes qui venaient elles-mêmes de familles émotionnellement affectées. »

« Quant aux pleurs des enfants, il était demandé de les ignorer. « Ne retirez pas l’enfant de son lit (…), ne le bercez pas, ne le caressez pas, ne le retenez pas sur vos genoux et ne le soignez même pas. Sinon l’enfant comprendra vite qu’il ne lui reste plus qu’à pleurer afin d’attirer une âme sympathique et devenir un objet de sollicitude. Dans peu de temps, pouvait-on encore lire, il demandera ce service comme un droit, ne vous laissera pas tranquille jusqu’à ce qu’il soit transporté, bercé ou caressé ». »

Toute ressemblance avec une éducation française est-elle purement fortuite ? Il a bel et bien été conseillé aux mères françaises de laisser pleurer leur bébé pour qu’ils fassent leurs poumons et de ne pas trop les prendre dans les bras sinon ils prennent des mauvaises habitudes, etc.

Pareil outre manche avec un best-seller de Gina FORD :

« En 1999, forte de son expérience auprès de 300 nourrissons que Gina Ford publie The Contented Little Baby Book. Selon elle, la clé du bien-être du bébé repose sur une routine stricte et des règles précises. Mais alors, quelles sont-elles ?

Dans un premier temps, Gina Ford préconise d’habituer bébé à dormir seul dans sa chambre dès les premiers jours, aussi bien de jour que de nuit. Plus surprenant encore, elle conseille de le laisser pleurer seul dans son lit pendant au moins 12 minutes chaque soir. Selon elle, cette méthode permettrait à bébé d’adopter un rythme de sommeil régulier dès sa dixième semaine. Autre règle stricte : pas de sommeil après 7 heures du matin et aucun contact visuel avec l’enfant après 22 heures.

Côté alimentation, les repas doivent être pris à horaires fixes, sans exception. En dehors de ces créneaux, inutile de nourrir bébé. De plus, pas de câlins pendant les repas afin d’éviter qu’il ne s’endorme en mangeant. »

Les sceptiques diront encore et toujours « on en n’est pas mort » et nous répondrons inlassablement que nous avons plus d’ambitions que de seulement maintenir nos enfants en vie.

Ghettossori ou médiocratie ?

Voire cacocratie/kakistocratie. Venant de Tuk-Tak, qui ça étonne ?

Je n’avais vraiment pas envie de savoir en quoi ça consiste… Hélas, j’ai fini par le découvrir.
La magie des réseaux, ou pas.

Maria Montessori faisait déjà la toupie dans sa tombe avec le business grandissant autour de sa «méthode », laquelle je rappelle, n’est pas «positive» et concerne, en premier lieu, les apprentissages, par l’expérience.

Découvrir Montessori


Quel rapport avec un ghetto ?

Le dictionnaire


Définition

Je trouve cette réaction binaire. Toujours ce fumeux « pour ou contre » ? Les mamans qui pratiquent la pédagogie Montessori ne sont pas parfaites et n’empêchent pas leurs enfants de sauter sur le lit, de manger des chips au repas ou autres «écarts de conduite ».

Bridget Jones et ses enfants. Est-elle pour autant une maman ghettosorri ?

RIP mon humour. Je pensais pouvoir rire de tout. Encore faut-il que ce soit drôle.

La pédagogie Montessori n’a jamais autant été à portée de toutes et tous. Et voilà le résultat. Du Gloubi-boulga. Par définition, immangeable et tiède, par dessus le marché.

S’attaquer à ce qui change le monde devient une mode presque dictatoriale. D’où mon wokisme de rébellion.

La pédagogie Montessori est applicable à la maladie d’Alzheimer. Viendra t-il à l’esprit de quelqu’un.e, de prendre le contrepied de cette utilisation pour se vanter de faire l’inverse auprès des malades ? Je ne sais pas. Et oui, je fais des comparaisons saugrenues. Les enfants ne sont pas malades. Les malades d’Alzheimer, par contre, redeviennent des enfants…

Utiliser l’humour pour dénigrer, est-ce de l’humour ?

Hauts les cœurs, l’humanité a besoin de toucher le fond de la piscine. Qu’à cela ne tienne, un bon coup de talon et nous refaisons surface.

La nouvelle femme

En ce 8 mars 2024, entre collègues, nous avons vu ce film émouvant.

Maria Montessori reste fascinante encore au 21ème siècle. Elle a tellement contribué au monde dit « moderne ». Je vois ça plutôt comme un monde plus humain. Enfin, ça dépend des jours… Un monde plus féminin ?

Nos aïeules ont eu des vies souvent difficiles et c’est un euphémisme. C’est encore le cas de femmes aujourd’hui. La condition des femmes change et en même temps ne change pas, selon l’endroit où elles se trouvent sur cette planète. Soit tu as de la chance, soit tu n’en as pas. Soit tu expérimentes le respect, soit tu es une victime. Comme à la roulette russe…Et si tu as un handicap, alors là, t’as tiré le gros lot du pire. Surtout en 1900. Même si en 124 ans, les avancées sont lentes, elles existent.

Lili d’Alengy (Leïla Bekhti, à gauche) présente sa fille déficiente mentale, Tina (Rafaëlle Sonneville-Caby), à Maria Montessori (Jasmine Trinca), médecin qui a ouvert à Rome une école pour handicapés (©Geko Films Tempesta/Ad Vitam).

Nous avons passé un moment dans le passé. C’était prodigieusement agaçant d’entendre le mot «idiot » pour qualifier ces enfants différents. Ils sont authentiquement présents au monde ! Pas comme nous autres, zombies avec tous nos petits masques de personnages, aux egos surdimensionnés. Nous sommes idiots et eux ils sont vivants !

Qu’est-ce qui cloche chez l’humain ?
Il y a forcément quelque chose que l’humanité rate complètement. La compassion ? La compréhension ? L’amour ? La tolérance ? Non, ça existe toujours/encore. Alors qu’est-ce qui ne va pas ? Pourquoi y’a t-il encore tout ce bazar ? Cette incapacité à accepter la différence ?
Qu’est-ce qui nous empêche de permettre à toute une chacune de vivre tranquillement les unes avec les autres ?



« Ma chère tétine » de Héloïse Junier

J’en ai entendu beaucoup de positif sur face de bouc. Il est sorti récemment et j’ai attendu un peu pour le trouver d’occasion, avec un prix un chouilla plus bas.

C’est la première fois que je suis déçue par un album jeunesse. Je n’ai pas du tout accroché. Je le trouve étrange même (l’hôpital qui se fout de la charité, c’est moi aussi parfois). Peut-être avais-je trop d’attentes. Notamment pour accompagner les plus grands du multiaccueil dans lequel j’exerce. Je l’ai emmené sur mon lieu de travail. Une collègue l’a feuilleté rapidement et m’a dit qu’il y avait trop de mots. Ma toute nouvelle collègue EJE a pris le temps de le lire et son ressenti est similaire au mien. Nous n’avons ni le même âge, ni la même expérience et nous ne nous sommes pas concertées avant la lecture.

Je l’ai ramené chez moi. Je trouverai une famille à qui l’offrir. Je le trouve inapproprié, car trop complexe, en établissement d’accueil du jeune enfant. C’est le concret qui y prédomine. Or cet album évoque un monde imaginaire particulier, féerique et en même temps psychologique. Normal, c’est écrit par une psychologue. Et elle le présente comme un conte de surcroît.

Les copains du personnage principal

Les illustrations sont très jolies et collent au texte.

Mon avis n’engage que moi. Comme tout ce qui est écrit sur ce site. Le plus judicieux pour se faire son propre avis c’est de le lire.

Si d’autres l’ont lu, votre avis m’intéresse.

Je dis souvent oui au lieu de dire non

A l’instar de « la parfaite maman cinglante » et d’un de ses écrits, le dernier en date « je suis cette maman qui dit non », j’ai voulu réfléchir plus posément sur la découverte récente du mon Laxisme…Enfin assumé (merci Laurence Dudek). Évidemment, je précise que je suis parfaitement imparfaite : en tant que mère et éducatrice de jeunes enfants. Mes fils sont grands et plutôt heureux et épanouis donc je ferai référence aux jeunes enfants pour lesquels je travaille. C’est différent puisque le lien affectif est tout autre, bien qu’il existe inévitablement. Je reprendrai quelques uns des non de L.Rousseau, car ils ne sont pas tous transposables à la crèche. J’ai dit oui (à mon cadet) à presque tous les non évoqués.

Ludivine Rousseau est inspirante. J’aime lire ses articles (malgré les pubs). C’est peut-être un manque d’originalité de partir de son postulat, mais pourquoi pas ?

Le voici :

« Cette éducation qui lui permet d’apprendre qu’on ne fait pas ce qu’on veut tout le temps et qu’on n’a pas toujours ce qu’on souhaite ».

Je suis certaine que l’on peut faire tout ce que l’on veut tout le temps et que l’on peut toujours avoir ce que l’on souhaite ». Même les enfants.
La détermination de mon cadet me le prouve quotidiennement. La limite étant la Loi.

Merci les zamis de face de bouc

Étant adepte du Laxisme (je lui mets une majuscule parce qu’il a le vent en poupe dans la sempiternelle gueguerre des éducations «c.la.mienne.la.meilleure »), je dis forcément OUI à tout.

Démonstration :

Je suis cette EJE qui dit oui quasiment tout le temps, sauf quand j’en ai ras la casquette. Tout est une question de patience, pour ma part. Chaque jour est différent.

Quand un jeune enfant veut que je le « fasse manger » je dis oui… Bien qu’il sache déjà manger seul. Parce que je n’ai aucune raison de dire non quand j’ai le temps de lui accorder ce temps privilégié. Je considère que s’il demande c’est qu’il en a besoin.

Je dis oui quand un jeune enfant change d’avis : finalement il veut sa tétine et son doudou pour dormir. Finalement il veut la couverture et en fait il ne la veut plus. Il ne sait plus, il est fatigué. Il lutte pour dormir parce qu’il craint la séparation. Il finit par dormir, avec ou sans la couverture. Après avoir jeté sa tétine et/ou son doudou. Qu’est-ce que ça peut faire ?

J’observe quand un jeune enfant veut faire la même expérience (appelée « bêtise » par le commun des mortels) qu’un autre qui vient de tomber et de pleurer. Et l’imitateur n’est ni tombé ni n’a pleuré. L’expérience était la sienne. Elle l’aurait été aussi si elle avait été la même. L’enfant en tire ses propres conclusions. Il recommence ou pas, tant qu’il en a besoin. Je dis oui quand c’est sans danger vital.

Je dis oui pour garder ou enlever les chaussures, les manteaux, par tous les temps. L’enfant est le mieux placé pour savoir ce qu’il ressent : le chaud et le froid. Dans notre société, les enfants sont extrêmement privilégiés. Peu d’entre eux se mettent dans l’inconfort. Par conformisme et pour éviter les plaintes, je rassure tout le monde : je remets inlassablement les chaussures et les manteaux ou je propose à l’enfant de retourner en intérieur. Mais je ne dis pas non.

La nuance est subtile et elle mérite d’être énoncée : je dis oui mais je ne fais pas toujours ce que je dis. Le fameux « fais ce que je dis, pas ce que je fais » des adultes touts- puissants MAIS à l’envers = je suis d’accord avec toi, mais le plus souvent je fais ce que veulent tes parents. Sinon je suis virée (ça je ne le dis pas. Je le lâche là, ça soulage). Le monde des adultes est tout de même souvent extrêmement chiant.

J’évite de dire non, parce qu’après ils le disent tout le temps, pour tout même quand ils voudraient dire oui.
Je préfère dire « et si tu faisais autrement ? ».

Quand j’ai eu la patience, je le faisais pour mes fils.

Et si tu regardais ce jouet dont tu as très envie et que tu l’ajoutes sur ta liste de cadeaux pour les anniversaires ?

Et si nous regardions un film ensemble, plutôt que plusieurs dessins animés ?

Et si tu faisais comme nous et que tu ôtais tes chaussures dans l’entrée de la maison ?

En conclusion, je trouve que la vie est suffisamment frustrante pour en rajouter des couches. Évidemment je le fais aussi, je suis une adulte avec un paquet de blessures, je projette et je perds parfois pieds. Pour autant, je fais l’effort de faire autrement, le plus possible. Histoire d’équilibrer la balance. Ça pèse trop dans l’adultisme. J’aimerai que ça devienne obsolète d’exiger de l’enfant qu’il obéisse juste parce que « c’est comme ça ».


« Tu es trop fusionnelle avec ton fils »

Dans ta face

La première fois que je me suis entendue dire ça, mon bébé n’avait même pas deux ans. Qui plus est par quelqu’une qui était nullipare. Je précise parce qu’elle sait quoi de la relation mère-bébé la nullipare ? Elle se souvient de la sienne avec sa mère ? C’est quoi son expertise ? Elle ne travaillait même pas dans la petite enfance. Et surtout je n’avais posé aucune question sur le sujet. En fait ma relation avec mon enfant ne concerne que lui et moi.

Je ne me rappelle plus ce que j’ai répondu ou pas. Je n’ai jamais pris cette affirmation au sérieux. C’était pourtant une copine. (Je distingue amies, copines et connaissances). Elle connaissait la situation. Une situation complexe par ailleurs. Qui expliquait aisément le pourquoi de la pseudo-fusion. Déjà « trop fusionnelle » qu’est-ce que ça veut dire ? Après la fusion, y’a quoi ? La dissolution ? L’explosion ? Le big-bang ? Je n’embrasse même pas mes fils sur la bouche !!

Y-a-t-il un danger problème ?

Si oui quelle est la solution pour absolument défusionner !?

Ça va être vu. Je ne vois aucun problème à être fusionnelle. Pendant 9 mois, nous l’avons été. L’enfant qui a eu son quota de fusion défusionne tout seul. (Sauf si emprise, déviance, pathologie…) Il n’a qu’un objectif dans la vie c’est découvrir le monde.

Conclusion

Oui déjà, ce sujet ne devrait même plus être débattu. C’est vu et revu et validé et revalidé par des experts de la parentalité et de la petite enfance.
Plus l’enfant est porté, écouté, respecté, câliné selon ses besoins à lui, accueilli dans ses émotions, plus il sera autonome et indépendant.

Si vous vous l’entendez dire comme un reproche, dites-vous que c’est de l’ignorance. Personne ne sait mieux que le parent. Personne.

Si vous avez envie de le dire, gardez le dans votre tête, écrivez-le sur un papier et brûlez-le. C’est une phrase de merte.

Et mes enfants vont bien. Merci.