Tully

Je parle peu cinéma sur ma petite planète. C’est tellement personnel ce que je ressens après avoir vu un film. Je me vois mal partager mon avis sur chacun.

Tully est une exception, pour au moins deux raisons :

1. Ce film raconte du vécu (fictif certes, mais complètement probable, car déjà observé). Marlo cumule : une pré-ado, un enfant « singulier » (elle a raison, qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire !?!) et un bébé « surprise ». C’est beaucoup pour une seule femme. Mais ça arrive plus souvent qu’on ne le pense.

2. La version française cite les AVS et les EJE. J’ai même sursauté quand j’ai entendu : « c’est la baby-sitter, elle est éducatrice de jeunes enfants ». C’est un bon début, même si c’est une baby-sitter et qu’elle est légèrement bizarre.

AVS et EJE dans un même film, c’est suffisamment rarissime pour que ce soit remarquable. Qui d’autre y a fait attention, me demanderez-vous ? Si je vois le verre à moitié plein, j’ose penser que chaque spectateur l’aura, au moins, entendu. C’est déjà ça. Petit à petit.

Pour partager quelques ressentis du film, je l’ai trouvé esthétiquement réussi. Mes yeux ont apprécié la douceur de la caméra et mes oreilles, celle de la bande-son (sauf à Brooklyn). La performance de Charlize Theron est bluffante. Celle de Mackenzie Davis aussi. C’est un film très étrange. La fin dévoile avec finesse le pourquoi de cette sensation de malaise, que j’ai eu dès l’apparition de la « nounou de nuit ».

J’ai pris connaissance des « nounous de nuit » quand j’avais une page Facebook, via la page de la Ptite Sylvia.  En France, le site « ma bonne fée » répertorie des  nurses de nuit (et de jour). L’idée m’avait parue, à la fois, saugrenue et pertinente (cf. mon sens du paradoxe)

Saugrenue parce que le lien entre la mère et le bébé n’appartient qu’à d.eux, les premières semaines. Comment laisser une parfaite inconnue s’immiscer entre d.eux ? Le tiers est le/la partenaire de vie puis la famille, par extension. Cela dit, en France, nous confions nos bébés de 2 mois et demi à de parfaits étrangers, donc…Donc, pourquoi pas à une nounou de nuit ? Pour prendre le relai ? Marlo donne l’impression d’avoir plus besoin d’une aide pour la journée et la fratrie. Pertinente car une mère n’est pas censée être seule, pendant les premières semaines, avec son nourrisson ET un foyer à tenir. C’est une hérésie moderne occidentale qui a créée les fameux burn-out et baby-blues. Ça swingue en anglais. En français c’est plus psychiatrique : syndrome d’épuisement maternel, dépression post-partum et plus si affinités telle que la psychose puerpérale, entre autres.

Quelques traditions qui se rappellent qu’une grossesse, un accouchement et l’arrivée d’un bébé, c’est éprouvant.

« AU JAPON : ANSEI
la maman est aussi choyée que son bébé après l’accouchement. Pendant trois semaines, il est traditionnel pour la jeune maman de rester au lit, voire de séjourner dans la maison de ses parents. C’est aux autres membres de la famille que reviennent le ménage, la cuisine et les autres corvées, afin de lui laisser le temps de se reposer et de créer des liens forts avec son bébé.
EN AMERIQUE LATINE : LA CUARENTENA
Dans certains pays d’Amérique latine comme le Guatemala, la jeune maman qui vient d’accoucher n’a pas le droit de quitter la maison pendant 40 jours après l’accouchement. Le but est de faire en sorte que la jeune maman récupère et accumule suffisamment de forces et de nutriments pour produire un lait maternel riche et épais. »

La nuit, le cododo m’a épargnée de devenir un zombie à force de me lever, de marcher sur des legos et d’attendre que bébé soit suffisamment épuisé pour accepter d’être allongé tout seul dans SON lit…alors que nous venions de fusionner durant 9 mois. Quand le bébé est nourri au sein, ça peut devenir éreintant quand on sait que le lait maternel se digère en 20 minutes. Les nuits de pics de croissance, si tu te lèves à chaque tétée, tu risques d’aller droit dans le mur.

Marlo, elle gère ! Aussi grâce à Tully, mais à quel prix ? Vous le saurez en regardant le film.

L’approche Snoezelen 2

Avec l’aimable accord de Sidonie Fillion, je partage mes notes de la conférence. Merci à elle.

J’ai appris récemment que j’avais une mémoire essentiellement émotionnelle (= je retiens ce que je ressens. Je peux oublier le contenu d’un livre, d’un film mais me rappeler toute ma vie ce que j’en ai ressenti). C’est pourquoi plus j’attends pour écrire un compte-rendu, moins je me souviens de son contenu. Lors de cette conférence, je me souviens avoir senti mon cœur transporté d’enthousiasme de voir une psychomotricienne pieds nus et de l’entendre parler ma langue éducative. Comme lorsque je lis Arnaud Deroo et que je tombe amoureuse de ses idées pédagogiques, sans être capable de les expliquer à quelqu’un d’autre ! <3

Mes notes sont décousues, car écouter Sidonie Fillion donne souvent envie de la regarder.

Snoezelen est un ESPACE TEMPS pour s’apprivoiser soi-même et pour apprivoiser les enfants :

« Si tu veux jouer avec moi, il va falloir m’apprivoiser et créer des liens pas à pas, pour commencer à s’attacher… »

[Même que c’est le but de la fameuse période d’adaptation qui devrait durer au moins 6 mois !]

Je partage l’idée de Sidonie Fillion :

« les enfants de moins de 3 ans sont décérébrés et ne comprennent RIEN. Ils VIVENT tout en DIRECT. Ils sont dans l’INSTANT PRÉSENT. Le passé et le futur n’existent pas. »

Parler d’agressivité est une erreur, il s’agit de violence, d’agitation, de mécanismes animaux. Les enfants sont comme des louveteaux, ils réagissent à leur environnement. Chaque enfant VIT des sensations, des émotions, ils communiquent non verbalement avant tout. Ils sont binaires au quotidien : j’aime-j’aime pas/je me sens en sécurité, je me sens insécure…

« Les enfants viennent d’une autre planète. Ce sont des extraterrestres ».

Les adultes ne parlent pas leur langage. Sidonie Fillion rappelle que le « bain de langage » de Loczy était destiné à recréer une sorte de cordon ombilical symbolique pour des enfants orphelins. L e « bain de langage » avec des enfants qui ont une famille, c’est parler beaucoup, de manière compliquée et ça peut énerver l’adulte car l’enfant ne peut comprendre plus tôt que ses capacités physiologiques le lui permettront.

« L’enfant ne comprend PAS tout ».

Les adultes ont pris l’habitude de se couper de leur corps et leurs émotions, ils s’infligent une sorte d’anesthésie émotionnelle constante. Les anesthésiques utilisés passent du sucre, au tabac, la caféine, les écrans, l’alcool, les drogues etc. Malheureusement des adultes discordants projettent leur fonctionnement sur les enfants. Ils accordent trop d’importance à des notions incomprises des enfants telle que la gestion du temps. Or le temps est ingérable. Il n’est que le résultat des choix des adultes, de leurs priorités…selon un projet éducatif dans les EAJE. Les adultes cultivent un besoin de maîtrise lié à un besoin de perfection. Le langage des adultes est source de malentendus. Nous avons pourtant tous un ENFANT INTÉRIEUR. Nous pourrions mettre notre énergie dans des choses simples, sans imposer aux enfants des concepts d’adultes.

Sidonie Fillion pense que « les professionnels de la petite enfance devraient se rendre compte que l’avenir des enfants est entre leurs mains ! »

C’est quoi un jeune enfant ? (fallait oser poser la question devant une assistance presque exclusivement EJE !)

Un être sensoriel avec 5 sens + le vestibulaire (sens de l’équilibre). L’enfant passe 9 mois dans le ventre de sa mère dans lequel il fait l’expérience de flotter dans du liquide (acqueux) amniotique durant environ 7 mois (après il est à l’étroit) il ressent des vibrations en permanence. Il entend des fréquences graves, il sent le liquide sur sa peau mais il y voit très peu. A sa naissance, le stimuler visuellement manque d’intérêt et de contrastes (petit aparté sur la décoration dans une section de bébé et même une crèche…pour qui ?).

Le monde suffit pour la stimulation et l’éveil du jeune enfant. ça ne sert à rien de stimuler et d’éveiller des enfants. Ils le font tout seul, sans l’aide de quiconque.

« Snoezelen n’est PAS de la stimulation sensorielle ».

L’approche snoezelen est sélective et individuelle. En snoezelen, l’important est la sécurisation (adulte et enfant), l’observation privilégiée (-de 5 enfants), n’avoir aucun objectif et avoir une posture d’ouverture. Ne faire aucune proposition, aucune démonstration, ne proposer aucun apprentissage. Snoezelen est non directif.

« C’est du temps de PLAISIR pour être à l’Écoute DE SOI. »

Le principe c’est de s’accueillir les uns les autres, tels que nous sommes. Être à l’écoute de soi pour être à l’écoute des enfants. En snoezelen, l’adulte est à la recherche de son ENFANT INTÉRIEUR. L’adulte est dans l’être, il lâche le faire, il revient à l’ESSENTIEL.

Les 3 grands axes :

  • Relation AUTHENTIQUE
  • sensorialité comme mode de communication et aucune attente
  • Apaisement/détente (opposé du stress)

« Il n’y a aucune vérité sur l’Humain ».

Grands principes du snoezelen :

  • se/sécuriser
  • s’/apprivoiser
  • prendre le temps
  • observer, s’ajuster sans projeter ni interpréter = rester objectif, descriptif, factuel
  • partager/se rencontrer
  • s’inclure dans le processus
  • se poser/être à l’écoute de soi et de l’autre =  se connecter (rien à avoir avec ne rien faire)
  • être présent/attentif sans être directif
  • utiliser du matériel qui mette à l’aise
  • rester seulement quand on est disponible à 100%
  • prévenir les collègues et mettre une pancarte (occupé)
  • se rééduquer à ÊTRE SOI-MÊME
  • Réciprocité

« Snoezelen c’est un autre regard sur la relation ».

Voilà l’essentiel de mes notes, après je l’ai écouté. Je vous encourage à nouveau vivement à assister à ses conférences.

Snoezelen et la petite enfance 1

La FNEJE PACA est une vraie ressource en matière d’information et de formation. Je la remercie pour toutes ces conférences qui nous sont régulièrement proposées.

La première fois que j’ai entendu parler de Snoezelen c’était lors de mon stage dit « long » en Institut d’Education Motrice (en 2006). Aucune salle n’y était dédiée car le projet était en cours de réflexion.

Je suis passée pour une extra-terrestre à chaque fois que j’ai émis l’idée de l’adapter en EAJE. Personne n’y voyait d’intérêt et je manquais sûrement d’arguments. C’est resté dans un coin de ma petite tête. Depuis quelques années, le concept tend à se « démocratiser » et des expériences ont été tenté et très bien reçues, un peu partout. Et maintenant, c’est une « mode ». Ce mot me déplaît. Il enferme les idées nouvelles et pertinentes dans un schéma de succès éphémère et d’inévitable oubli. Or comme la motricité libre, le portage, le parentage proximal…tout ce qui reconnecte les humains à leur corps et leur nature est pérenne, même si délaissé massivement par des sociétés dites « modernes ».

La conférence était animée par Sidonie Fillion, une dynamique et pétillante psychomotricienne. C’était un régal intellectuel de l’écouter et d’interagir avec elle.

L’information qu’elle a partagée pourrait se résumer (grossièrement) à ces 3 photos que je prends le risque de vous partager. A aucun moment, Sidonie Fillion n’a évoqué son refus de diffuser ces images (peut-être parce que personne n’a demandé) :

Elle nous avait promis de transmettre le contenu du PowerPoint à la FNEJE qui à son tour nous le transmettrait. Je pensais pouvoir en partager un peu plus. Après quelques jours d’attente (j’ajoute que je remercie tous les bénévoles qui sont très réactifs. C’est tout à leur honneur de consacrer du temps libre à la FNEJE. Je ne suis pas assez sociable pour ça !!), j’ai bien reçu les documents MAIS entre temps , j’ai effectué des recherches internet et trouvé très peu d’informations sur l’approche Snoezelen de Sidonie Fillion. J’ai donc demandé l’autorisation à la FNEJE de partager les documents sur Planète EJE. La réponse est non, ce que je comprends très bien même si je trouve aussi cela dommage.

Contrairement aux conférences de Jean Epstein et de Miriam Rasse dont le contenu est en accès libre sur le net, pour Sidonie Fillion c’est réservé aux personnes qui se sont rendues à sa conférence. J’ai aussi demandé si je pouvais partager mes notes personnelles et mon ressenti de cette conférence, j’attends la réponse.

L’approche Snoezelen est comme toutes les idées, philosophies, déjà interprétée à toutes les sauces, incomprise et pratiquée de manière déformée. Je vous encourage vivement à assister à une conférence de Sidonie Fillion pour comprendre l’essence de Snoezelen et permettre une transmission au plus proche de son origine et de son sens.

Si vous souhaitez en savoir plus, voici des liens :

Les pros de la petite enfance (intervention de Sidonie Fillion)

Snozelen France

 

Lectures 9/jeunesse

J’avais fait un vœu, un peu, beaucoup, pieux : celui d’acheter le moins possible de livres et plus du tout de livres neufs. Pour plusieurs raisons : pour laisser les arbres tranquilles, à cause des cartons de déménagement et pour la magie du rangement (mon chéri est allergique aux livres qui ne servent à rien sur une étagère. Une fois lus, ils encombrent. Avec le temps, je partage son avis.)

Pour les livres d’occasion, j’ai une astuce, je les donne dès que j’ai terminé ma lecture. Pour les livres jeunesse, c’est plus difficile. Je garde les coups de ♡ et je donne les autres. Sauf que mes préférés sont souvent différents de ceux de Cadet. Notre bibliothèque se remplit plus qu’elle ne se vide… Pour les neufs, je craque avec parcimonie.

Sans transition, voici ma sélection pour le mois :

As-tu rempli un seau aujourd’hui ?

Surprenante lecture, découverte au gré de mes visites sur la toile. J’avais lu plusieurs commentaires négatifs et j’ai bien fait de rester sur ma curiosité. Les illustrations me plaisent, alors qu’elles ont été qualifiées d’hideuses ! le texte est parfait à mes yeux, alors qu’il a paru redondant et infantilisant à d’autres. Pour information : la répétition et les mots simples sont indispensables pour s’adresser aux enfants (et parfois même à certains adultes).
Le message est clairement orienté vers la bienveillance envers soi-même et les autres et rien que pour cela, ce livre mérite d’être défendu et diffusé !
Je l’ai lu à Cadet et il a posé beaucoup de questions sur le pourquoi du seau vide et surtout quand il est fait mention du « pillage du seau ». Il faut dire qu’au sein de notre petite famille, il nous arrive en état de fatigue très très avancé, de nous lancer le seau à la tête ! Je suis EJE mais je suis surtout une mère parfaitement imparfaite et malheureusement rapidement sujette à l’asthénie (pour faire court). Je peux me transformer en mère dragon de manière assez effroyable, mea culpa !

Merci à Heloïse Weiner pour ces illustrations si justes !

Nous avons donc réussi à imager nos conflits et nous avons compris que nous nous vidions nos seaux mutuellement, notamment quand nous étions en colère les uns contre les autres.
La solution est de remplir le seau (image pour le réservoir affectif). Remplir son seau et celui des autres est d’une simplicité déconcertante. La grande surprise, c’est que remplir le seau des autres permet de remplir le nôtre ! Cela parait logique après réflexion. L’inverse se vérifie également : piller/vider le seau des autres, vide le nôtre de la même manière.
J’évite de spoiler le livre, je pense que c’est un excellent investissement familial. A lire et à relire, sans modération ! Et à pratiquer au quotidien.

Dragons bleus et dragons jaunes

Il vient tout juste de rejoindre nos histoires du soir.

Découvert sur Instagram, il me faisait de l’œil depuis un moment. J’ai attendu raisonnablement d’avoir les finances et le voilà, mon précieux ! Le dragon me fascine depuis toujours. Récemment, Cadet me demandait pourquoi les dragons étaient invisibles. Pour une fois, je lui ai répondu mon ressenti au lieu d’une explication « rationnelle ». J’ai dit qu’à mon avis, les humains sont devenus trop dangereux, alors les dragons ont « disparu » pour se protéger de nous. Il a trouvé mon explication triste. J’aurai pu répondre que les dragons n’existent pas, sauf que je n’ai aucune certitude à ce sujet. Je n’ai plus besoin de voir pour croire. (A ceux qui pensent au Père Noël,  trop d’adultes ont gâché la beauté du « concept ». Je suis toute disposée à y croire, dès que le PN mercantile n’en voudra plus à mon argent ni à la planète !)

J’ai lu « Dragons bleus et dragons jaunes ». J’ai admiré les illustrations un bon moment. Les dragons sont magnifiquement dessinés. L’histoire est simplement belle. C’est un conte dans la plus pure tradition. Cadet l’a écouté sans poser de question (il a l’habitude d’en poser avant même que l’histoire y réponde). Il a quand même voulu savoir, avant que je lise, si les dragons jaunes étaient amis avec les bleus. L’histoire a répondu à sa question. Il a eu l’air d’apprécier l’écouter. Je sais rarement quand une histoire lui plaît, sauf s’il la réclame tous les soirs. Ces temps-ci, il préfère varier les plaisirs.

Ces deux lectures jeunesse ont apporté de la nouveauté, bienvenue, dans notre petite bibliothèque. Je présenterai ma lecture d’adulte sérieuse dans un autre blabla.

 

Version positive

L’aviez-vous remarqué ?

La négation envahit nos dialogues et nos lectures. Depuis que je fais cet effort de tourner mes phrases positivement (et en prime j’enrichis le vocabulaire de Cadet), je constate que le discours ambiant est farci de « ne pas ». Le cerveau (surtout celui des enfants) semble avoir quelques difficultés à traiter ce genre d’informations négatives. C’est Isabelle Filliozat qui aborde ce sujet dans « J’ai tout essayé!« .

C’est un exercice qui demande une attention particulière, quand la formule négative fait partie de notre vie de tous les jours.

Quelques pistes de Working Mama pour changer ses tournures du quotidien : ici.

J’entends déjà les réfractaires au changement : » encore une nouvelle mode! » Peut-être. C’est encore plus à la mode de déclarer que toute volonté de changer est une mode. Les prises de conscience ont cette faculté de naître toutes petites et de prendre une belle ampleur avec le temps. Il y a de la marge avant que le « ne pas » disparaisse. Inutile de fonder un club pour sa protection ! De toutes façons, des tournures négatives sont indispensables. Je remplace très peu le « je ne sais pas » à l’oral, sauf parfois par « mystère et boules de gomme » mais ça donne trop d’indices sur mon âge mental. A l’écrit, je préfère « je l’ignore ».

Ce qui m’agace le plus c’est quand quelqu’un demande : « tu ne veux pas ceci ou cela ? (pour le coup, mon cerveau n’entend que ca !!) Déjà la forme interrogative a disparu…Maintenant je réponds systématiquement « tu viens de décider pour moi. » Est-ce si compliqué de dire : « Veux-tu ceci ou cela ? »

Tout ça pour en revenir à une publication sur Instagram, dans laquelle je répondais que même quand je lis des histoires, je reformule.

Petit exemple d’un livre sur le pot que j’ai trouvé particulièrement inadapté aux enfants concernés, car plein de négation, de « il faut » et de « tu dois » ! Je précise que l’idée est à des lieues de plagier, hein. Inutile de me dénoncer auprès de la maison d’édition, je ne commercialise rien. Je l’utilise à des fins personnelles. Merci de votre tolérance.

Voilà l’idée : (quelques pages du livre « non ! je ne veux pas le pot » chez Fleurus.)

J’ai aussi converti toutes les phrases négatives des « Leo et Popi », mais chuuuuuut !

J’en ai profité pour transformer les félicitations par des encouragements. Est-ce un exploit de faire caca et pipi dans le pot ou les WC ? Pour ma part, j’exprime ma joie de voir mon enfant grandir mais je m’abstiens de lui décerner une médaille à chaque fois… J’encourage en cas d’échec, car oui l’échec fait partie de la vie. C’est l’échec qui permet d’affiner sa perception vers la réussite. Souvenons-nous de son acquisition de la marche, c’est le meilleur exemple : il tombe un nombre incalculable de fois et il se remet debout tout autant, sans hésiter.

Qu’en pensez-vous ? Avez-vous pris cette habitude ? Constatez-vous des changements ?

Dans ma pratique de mère et d’EJE, le constat est remarquable : je répète moins !!

Lecture 8. Puni-cagibi !

Le mois d’août a été tellement chaud que je n’ai eu aucun courage de finir un livre sérieux. Même à temps partiel, j’étais trop cuite pour finir la soirée avec un bouquin qui demande réflexion.

Récemment, j’ai reçu un livre jeunesse des années 90. La première fois que je l’ai vu, c’était en faisant un tri dans un tas de vieilleries pour vider la réserve d’un EAJE. Le titre m’avait consternée. Pour « rire » je l’avais lu à une collègue et je l’avais caché dans le tas de livres trop abîmés pour être entre les mains d’enfants de moins de 3 ans. Et puis, je l’ai oublié.

En faisant des recherches de livres d’occasion sur différents thèmes, je l’ai reconnu. J’ai voulu lire les commentaires sur le net. Ça m’a donné envie de l’acquérir. Tellement étonnée que les uns adorent et les autres détestent. Pour 2 francs six sous, le voilà dans ma petite collection (qui commence à s’agrandir, oups) !

En lisant, je me suis surprise à sourire. L’enfant de cette histoire est, comme la majorité des enfants, vraiment attachant, chiant, attachiant. Son imagination n’a aucune limite, sinon celles du cagibi. Ses idées pour s’y faire envoyer frôlent l’ingéniosité.

Comme il est fait mention ouvertement de ce qui se nomme Violence Éducative Ordinaire, en 2018, j’en profite pour blablater sur ce sujet sulfureux. C’est suffisamment grave, puisque ce pourrait être l’origine de plusieurs formes de violence, voire de la Violence tout court.

Simon se fait PUNIR par retrait dans une toute petite pièce sombre, un placard. Je doute que ce soit pour qu’il se calme et réfléchisse, c’est simplement une mise à l’écart. J’ignore son âge, il me semble jeune, il parle de manière compréhensible. Tout le long de l’histoire Simon est chez lui, avec ses parents. Entre ses parents et lui, il y a très peu de dialogues, à part « vilain garçon, puni-cagibi ! »

Les parents sauvent presque la mise en s’infligeant la même punition, de leur plein gré, mais Simon finit par les faire craquer. Cela dit, cet enfant est souvent seul. Qu’il soit envoyé dans le salon, la salle de bains ou les toilettes, il n’y aucun mots mis sur les actes et leurs conséquences, aucun accompagnement. Il est libre de faire les pires expériences possibles. Logique.

C’est ça qui est formidable dans les histoires, TOUT EST POSSIBLE mais s’il fallait préciser : TOUT EST IRRÉEL !

Je suppose que des enfants qui ont le temps de faire des « bêtises » aussi élaborées sont silencieux pendant un temps suffisamment suspect. Dans ma vie de mère, le silence est une alarme, autant que les cris. Au moindre doute, je bondis. Surtout à partir du moment où bébé/Chérubin se déplace. Je me souviens avoir visionné des vidéos des « pires bêtises » d’enfants et c’est difficile de garder son sérieux. Quand deux enfants se sont dessinés sur tout le corps et que leur papa essaie une tentative d’autorité alors qu’il est plié de rire, c’est communicatif ! Combien de temps il leur a fallut à ces deux chenapans pour être recouverts de feutre/peinture (j’ai oublié) des pieds à la tête ?!

Des bêtises ou des expériences ?

Junior bis a demandé à ce que je lui lise l’histoire deux fois. Il a fait peu de commentaires. Il a dit qu’à l’école il y avait des punitions mais à la maison « vous me puniez pas« . J’ai expliqué que nous préférions dialoguer, expliquer et lui demander de réparer quand c’est possible. A l’école, la menace c’est d’aller dans le bureau d’Untel…parce que c’est le directeur ? parce que c’est un homme ? Je me souviens, en EAJE, je proposais aux enfants (les plus grands) qui avaient atteint leur seuil de tolérance des temps collectifs, d’aller dans le bureau d’Unetelle, la directrice. J’expliquais que le trajet permettrait de se détendre et que je resterais avec lui ou elle pour discuter à 3. Jamais je ne parlais de punition. Au contraire, c’était une opportunité de sortir d’une émotion envahissante et de poser des mots. Ils finissaient par réclamer d’aller discuter avec Unetelle et moi dès qu’ils sentaient que c’était difficile pour eux.

En France, la punition est une valeur-sûre. C’est dommage et dommageable car la sanction est bien plus constructive. Ici ce qu’en dit Jean Epstein.

Punir un enfant de moins de 5 ans (immaturité du cerveau) s’avère comme pisser dans un violon et même pire puisque lourd de conséquences sur la construction identitaire, l’estime de soi et la confiance en les autres. Punir après 5 ans ne semble jamais porter de fruits que ceux de la rancœur. Personne ne pourra dire qu’il l’ignorait.

 

 

Lectures 7. Philosophie et essai politique

Ce mois-ci j’ai beaucoup lu pour moi. C’est une période estivale propice aux lectures légères mais pas que.

Je vous partage un coup de cœur qui a peu à voir avec la petite enfance, sauf le personnage principal   : une sorte de « petit prince » du 21ème siècle. J’ai trouvé ce livre apaisant et puissant.

Extrait :

"Je méditai un temps leurs paroles 
avant de murmurer :"Ainsi, dans 
le pays des hommes, certains 
décident pour d'autres de la 
conduite à suivre. 
Ça veut dire que ces autres
ne sont pas capables de 
se diriger eux mêmes."(p.66)

 

La lecture, petite enfance, du mois est un essai politique, d’une pertinence saisissante. Je découvre cet auteur avec gratitude. Jesper Juul est un grand monsieur et sûrement une belle personne. Peut-être qu’un jour la France s’en inspirera et par extension le monde entier…on peut rêver.

Pour répondre à la question du titre, je crierai un grand oui !! Est-ce bien le cas de tous nos politiques ? Se poser la question est légitime. Nous sommes finalement loin d’être soutenus dans cette démarche…que nous soyons professionnels du secteur médical, social ou petite enfance. Ce serait du déni de ne pas s’en rendre compte. A réfléchir sérieusement et rapidement, afin de passer à l’action.

Voulons-nous vraiment des enfants forts et en bonne santé ?

Extrait de la critique de culturemania :

"Le message de Jesper Juul 
(qui n'a rien à voir avec le rappeur,
non, non, non...)est clair : 
aujourd’hui le modèle éducatif, 
qu’il soit dans les foyers 
ou dans les écoles de l’état, 
ne permet pas aux enfants 
d’avoir une estime de soi 
assez solide pour être heureux 
et en bonne santé, et donc 
de construire une société
à cette image. Il rappelle
que le système scolaire  a été
pensé il y a des années et des
années et qu’il n’est plus
du tout adapté ni aux connaissances
que nous avons du développement
des enfants, ni à leur soif 
innée d’apprendre, 
ni au monde que beaucoup
d’entre nous veulent construire. 
Il dénonce les états d’Europe qui 
n’ont toujours par compris 
le lien entre la façon dont
la société traite
les enfants et le taux de
maladies psychosociales
en constante augmentation. 
Il souligne que ces mêmes états
s’inquiètent de la hausse 
des coûts de la santé et
des affaires sociales alors même
qu’ils ne prennent pas conscience
que ces coûts seraient 
ô combien diminués
si l’éducation, l’école et 
la prévention étaient de bonne qualité.

Je garde le contenu de ces deux lectures dans ma tête et mon cœur en étant sûre que ma pratique s’en imprègne déjà.  Je me contente de partager mes ressentis après lecture. Si ça donne envie, tant mieux.

Quelques passages :

Belles lectures d’été à toutes ET tous ! (Je vous épargne l’écriture inclusive, ça m’est illisible.)

Chèvrerie du bois d’Amon/Alpes-Maritimes

Sortie organisée par des collègues. Je les ai accompagné en tant que professionnelle. J’ai enfin repris une activité d’EJE et je suis enthousiaste ! Comme à chaque début de contrat. Celui-ci est à durée déterminée, par choix. Je n’en dirai pas plus, j’ai remarqué que trop en dire peut porter préjudice.

Je reviens sur le lieu de la sortie car j’ai trouvé le concept vraiment bien pensé et très agréable à vivre. C’est une ferme avec essentiellement des chèvres, mais aussi des chevaux, des poneys, des ânes, des vaches, quelques moutons et trois chiens de berger doux comme des agneaux mais hyper-vigilants. Édith et Pascal sont chevrière et chevrier diplômés.

La journée avec les familles s’est déroulée selon une journée-type proposée sur leur site internet, avec des aménagements selon le public accueilli. Les propriétaires s’adaptent avec facilité et avec le sourire. Ils sont à l’écoute, passionnés donc passionnants, pédagogues et le tout avec humour !

Nous avons commencé par une présentation des personnes, des lieux, des animaux et nous avons parcouru le domaine. Tous les animaux ont reçu notre visite et l’aide des volontaires pour le nettoyage, nourrissage et « câlinage ». Je ne suis pas experte en bien-être des animaux alors mon point de vue reste subjectif : j’ai trouvé les lieux bien entretenus et les animaux semblaient paisibles. Je n’ai ressenti aucun moment de stress durant notre présence sur place tout au long de la journée ; même quand un cheval  a profité de l’absence d’électricité dans les clôtures pour faire une escapade.

Le temps semble s’accélérer avec toutes ces tâches à accomplir auprès des animaux. Nous sommes vite arrivés à l’heure du pique-nique sans nous en rendre compte. La traite des chèvres était prévue dans la matinée. Elle a été reporté après le déjeuner pour le confort des enfants affamés. C’est que ça creuse de travailler à la ferme !

Édith et Pascal ont mangé avec nous. Ce qui a rendu le déjeuner convivial. A la fin du repas, les fromages nous ont été présentés et une dégustation a été proposée. Je serai encore partiale car j’apprécie beaucoup le fromage de chèvre mais comme tous les fromages, je les trouve très souvent trop salés. Les fromages qu’Édith fabriquent sont, sur ce point, parfaits à mon palais. Ils sont salés juste comme j’aime. Elle a confirmé que n’aimant pas le sel, elle en met à peine et ça se sent ! Les plus récalcitrants des enfants se sont laissés convaincre de goûter et ont aimé ! Réussite digne d’un exploit.  Elle nous a aussi présenté les savons de sa confection, au lait d’ânesse et de chèvre.

L’après-midi a débuté par la traite. Les enfants ont pu participer activement. La présentation était pédagogique, ludique et pratique. Quand l’enfant expérimente, il apprend. Le lait a été goûté et validé à l’unanimité. Pascal a expliqué que le moindre doute et la dégustation refusée par un chien de berger l’obligerait à jeter tout le lait de la traite. Les trayons sont donc inspectés un à un (en cas de blessure) et nettoyés. Le lait est ensuite filtré (poils des mamelles, paille etc). Toutes les étapes jusqu’à la fabrication du fromage ont été abordées. Édith a pris le relais pour qu’à notre tour, nous fabriquions du fromage… enfin les enfants, qui ont moins rechigné à mettre les mains dans le lait caillé. Chacun est reparti avec son petit fromage et son diplôme de fermier, tout fiers de la journée passée en plein air et dans la bonne humeur.

Petit bémol, notre journée était trop longue pour les plus jeunes (moins de 3 ans). Ils s’en sont donné à cœur joie. La fatigue s’est faite sentir dans l’après-midi, sans possibilité de repos autre que la poussette canne (refus catégorique) ou à bras, mais au bout d’un moment, ça fatigue l’adulte qui s’y colle. L’idéal aurait été d’avoir un porte-bébé physiologique. Ils se sont, quasiment, tous endormis dans le car pour le trajet du retour.

Tous ont dit être ravis de cette journée passée au soleil, dans un environnement naturel en compagnie de tous ces animaux. Je partage ce ressenti. C’est la vie d’être dehors, de s’occuper d’une manière complète : physiquement et mentalement. Et c’est sûrement gratifiant de profiter des résultats de son travail quotidien. Je recommande ce genre de sortie. C’est une belle échappée du quotidien, surtout pour des citadins en manque de nature. ça reconnecte à l’essentiel. Un grand merci à Édith et Pascal pour leur transmission !

-Qu’avez-vous préféré durant cette journée ? -le traaaaaaacteeeeeeur !

Lecture 6. Écoutez-moi grandir, Sophie Marinopoulos

  

Livre encensé par les pros de la petite enfance :

« On devrait le distribuer aux
parents dans les maternités, 
l’offrir aux jeunes diplômés 
des métiers de la Petite Enfance 
et le remettre aux nouvelles 
assistantes maternelles en même
temps que leur agrément. 
Ce livre est de santé publique ! 
(…)
On sourit beaucoup, on rit 
parfois, on opine, 
et surtout on réfléchit ! 
Ce petit ouvrage devrait trouver
sa place dans la bibliothèque 
de tous les pros ! Car son 
auteur a raison : « Ce livre, 
c’est de la prévention. Il parle
de santé psychique et 
d’éducation ». Ce qui est tout 
aussi important et essentiel 
que la santé physique, nous le
savons tous désormais. »

Mon avis est mitigé. Ce livre ne m’a rien appris, ni rien permis de mieux comprendre. J’ai apprécié le lire car le style est fluide et agréable. Jusqu’à la page 32, c’est un joli voyage dans le monde intra-utérin et les premiers moments de vie d’un petit d’homme. Dès la page 33, j’ai eu des difficultés à le lire, par manque d’attention et d’intérêt (l’intérêt est mon moteur, comme nombre d’entre nous)

En tant que mère, je le trouve léger et simpliste. En tant que pro, même s’il pose des bases, il reste succinct. En prime, il contient quelques jugements, à peine dissimulés bien que très bien emballés. Certaines idées amenées par Elisabeth, de la part de Mme Marinopoulos, me sont légèrement écœurantes, tout de même, surtout dans la « pensée » d’un nourrisson. Ça se veut « ouvert » mais je l’ai ressenti « fermé ».

A sa lecture, j’ai souvent tiqué. Bébé Elisabeth omet de préciser que chaque enfant va à son rythme puisque chacun est différent. Si nous naissions tous identiques en matière de tempérament, de caractère, de vécu in-utéro et de contexte de naissance, alors oui ce qu’elle dit pourrait s’appliquer à d’autres bébés, qu’elle appelle ses « collègues »…or c’est loin d’être le cas. J’aurai préféré que ce soit précisé, car je l’ai compris comme une généralité.

Au sujet du sommeil, j’ai rencontré des bébés [en fait, un seul en vrai. Je ne compte pas les bébés déjà résignés par un dressage à la « Ferber » ; à mon tour d’être subjective !! et un fictif : « Thomas n’a peur de rien »] qui aimaient dormir seuls, dans leur espace. Cela dit, c’est une minorité. Le contraire est plus largement répandu. Après avoir passé 9 mois « collé-serré » comme le dit bébé Elisabeth, être seul c’est compliqué.

Qu’elle décrète que peu importe le lait qu’elle boit, l’important c’est d’être nourrie. Évidemment nous sommes tous d’accord…le choix (parce qu’il existe) reste celui de la mère (en accord ou non avec le père) d’allaiter au sein ou au biberon. Je doute que ce soit judicieux de l’avoir ainsi exprimé. C’est très subjectif. Elisabeth aime les deux, le sein et le biberon (aucune précision sur ce qu’il y a dans le biberon). Pour le risque de confusion sein-tétine, c’est dommage. Si un sevrage est prévu, c’est déjà plus logique .

C’est un écueil de ce livre, il est sujet à interprétation.

Concernant les pleurs, pour un nourrisson, attendre est difficile, c’est observable chez la majorité des bébés. Elisabeth dit que ça lui arrive de pleurer pour pleurer, pour rien…enfin si j’ai bien compris. C’est une championne dans plusieurs catégories car elle aime être seule « pour un laps de temps raisonnable » dès ses premiers jours de vie…elle aime attendre, elle aime tous les laits (?) et elle accepte le biberon sans sourciller.

Le plus gênant (pour moi) sont les comparaisons de son « autonomie » avec celle de ses « collègues » et notamment de sa cousine. A côté, elle le dit « je suis un génie ». La cause du « retard » des autres est identifiée de manière trop ciblée comme étant un refus des adultes de les laisser grandir. Je constate qu’on pourrait penser, une fois de plus, que c’est la faute à… la mère !

Finalement, Elisabeth vit dans une famille presque idéale, comme il en existe peu, voire pas du tout : sa croissance est parfaite (sauf au début, elle prend peu de poids (encore cette obsession du poids ; alors qu’un nourrisson nourri au sein a une croissance différente d’un nourrisson nourri au lait en poudre). Ses parents ont quelques désaccords mais comprennent vite et rectifient parfaitement le tir. Ou alors s’agit-il d’une belle vitrine qui cache les coulisses de l’arrière-boutique ?

Faire parler un bébé, c’est original et touchant. Cela comporte le risque de penser que tout ce qui est relaté par ce charmant bébé concerne tous les bébés, toutes les mères, tous les pères etc.

Comme tout ce qui se dit au sujet de pratiques dites de « maternage », des propos peuvent être mal interprétés. Mes yeux d’EJE se sont écarquillés plusieurs fois pour retrouver leur taille normale quelques lignes ou pages plus loin…trop loin pour éviter les confusions, si j’avais été une jeune mère.

Préciser et même répéter que les ressentis d’Elisabeth n’appartiennent qu’à elle, m’aurait un peu plus rassurée quant à l’impact que peut avoir ce livre sur de jeunes parents déboussolés.

Le message à retenir demeure important en direction des adultes :

les parents savent, ils peuvent se faire confiance et surtout,

la croissance psychologique des bébés est tout aussi importante, sinon plus, que la physiologique.

Je suis bien contente de l’avoir emprunté dans une bibliothèque. Son court format m’a permis de le lire deux fois avant de le rendre, pour être sûre de mon avis. Il est resté incertain et le malaise ressenti à la première lecture n’a pas été dissipé à la seconde. Je suis loin de partager l’encensement de mes collègues du site « les professionnels de la petite enfance ». D’ailleurs j’ai du mal à le comprendre. Je m’en passerai facilement dans ma « carrière » et ma bibliothèque. Je suis allée lire d’autres avis et d’autres ont été déçus, comme moi.

Si vous l’avez lu, je serai curieuse de savoir ce que vous en avez pensé.