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« Monte dans ta chambre ! »

C’est ce que demande/ordonne le père de Robert à son fils quand il se met à table avec sa colère.

Grosse colère de Mireille d’Allancé

Un classique

Des EAJE et écoles maternelles. J’avoue que je n’ai jamais été choquée par le fait que Robert soit sommé de s’isoler dans sa chambre « pour se calmer ». C’est un conditionnement qui me parait encore « ordinaire » dans l’éducation.
Je ne saurai donner d’âge à Robert. Il rentre seul le soir de son cours de tennis. C’est l’heure de dîner. J’imagine qu’il a au minimum 7 ans.

@jout : il est en capacité de raisonner un minimum. Quand « j’isoles » un enfant à la crèche (moins de 3 ans). Je reste près de/avec lui. Je pose des mots sur la situation. Je reste disponible s’il a besoin de contenance. Souvent l’enfant pleure fort et un court moment. Puis il s’apaise et passe à autre chose.

Quand c’est possible, ça donne ce résultat.

Quel est le problème ?

Loin de moi l’idée de juger ce père fictif qui est peut-être seul à s’occuper de son fils (ou alors seulement ce soir-là). Il a peut-être passé sa soirée à préparer le dîner : il est dessiné dans la cuisine, avec un fouet à la main et ensuite il tient un plat avec des maniques.
Qu’aurait-il pu faire ? Arrêter de préparer le dîner et faire un gros câlin à son fils ? Est-ce que ça aurait arrêté-là l’histoire ? Est-ce que c’est plus salutaire à Robert que cette colère sorte un bon coup (avec les dégâts occasionnés) ? Je suis bien mal placée pour le savoir. Qui a la réponse ? C’est du cas par cas. Je ne connais pas Robert comme son père le connaît.

Je n’ai aucun souvenir d’avoir ordonné à mes fils d’aller dans leur chambre «  pour se calmer ». Pour jouer oui, et ce n’était pas un ordre. Aucun souvenir non plus d’avoir été obligée d’aller dans la mienne. J’ai eu une chambre à 13 ans et j’y passais le clair de mon temps, tellement ravie d’avoir enfin mon espace privé.

La Tribune



C’est cette fumeuse tribune hallucinante qui m’a fait penser à cette histoire (Souvent réclamée, ces derniers jours à la crèche) . Une tribune pour défendre le droit à isoler un enfant dans sa chambre. Je vous laisse la chercher. Pas envie de lui donner du crédit.

Ça me parait sidérant, parce que la loi passée en 2019 n’est que préventive. Aucune sanction n’est encore prévue contre les Violences Éducatives Ordinaires. C’est une information ajoutée au discours lors d’une union entre deux individus qui éventuellement souhaiteraient accueillir un enfant.
Pour moi une injonction c’est une loi et/ou un ordre et/ou une phrase qui commence par « tu dois » et « il faut que ». Le reste c’est notre interprétation.

Légifrance

Ça va comme loi. C’est une information affirmative, certes mais je n’entrevois aucune menace là-dedans. Tout au plus, une prise de conscience. Évidemment si les adultes n’en tiennent pas compte, la loi deviendra peut-être répressive. Ça devient français.

Le côté obscur de la Force

Se sentirait-il menacé par la Bienveillance et la « Positive attitude» ? Il parait que c’est « à la mode » et même un peu trop et même ce serait devenu une injonction de rester positif et bienveillant.

Je me pose souvent la question : qui nous force ? A part nous-mêmes ? Y a t-il quelqu’un.e qui nous met un révolver sur la tempe pour être positif et bienveillant H24 ? Est-ce même possible ? Me concernant pas du tout. Je ne cache nulle part que je me transforme (de moins en moins) en dragon quand je sature de tout et que mes proches prennent mon épuisement et ses conséquences en pleine face ! Je fais tout de même en sorte de n’accuser personne, de n’humilier personne et de ne blesser personne. Et je m’excuse.

Alors pourquoi défendre un droit que tout le monde a encore ? C’est étrange. Qui va savoir que tu isoles ton enfant dans sa chambre ? Ton voisin ou ta conscience ? La délation a déjà tant progressé en France ? Ah oups pardon, ça devient un sport national. J’avais oublié l’espace d’un instant la collabo et les deux années que nous venons de vivre. Mea culpa.

C’est sur face de bouc que j’ai appris le schmilblick :

Les enfants libres

Quel remue-ménage/méninges. Ça ressemble à la bataille ultime entre le « c’est mieux comme ça » et le « c’était mieux avant ». Quand les recherches montrent les écueils de l’autoritarisme, c’est un genre de déni collectif de ne pas voir l’iceberg.

Je suis une fervente amie de la cause des enfants. C’est mon enfant intérieur qui me guide sur ce chemin. J’écris sur ce blog/site depuis 2013. J’avais commencé en 2012 suite à une convalescence. C’était loin d’être la mode de la bienveillance. J’avais même fermé ma page facebook pro tellement les commentaires étaient haineux.

Dans le milieu de la petite enfance, Christine Schuhl évoquait les « douces violences » depuis les années 2010. Je reconnaissais ce que j’avais vu quand j’étais petite sur le lieu de travail de ma mère et ce que je voyais dans les magasins, les parcs… Tous les endroits où j’observais toute ces violences envers l’enfant que les adultes appelaient « éducation ».

L’avis d’Héloïse Junier (La psy contre-attaque sur IG et FB)

Time Out

La réponse à la tribune = une lettre ouvert au président M.Macron. Ici.

Extrait : « 

Pourquoi est-il urgent de nous préoccuper de la qualité des pratiques parentales de notre pays ?

La frontière entre la maltraitance et la violence éducative ordinaire (VEO) est floue : justifier la violence par l’éducation ouvre la porte à des maltraitances encore plus graves. » Etc.

Pétition

Pour conclure

C’est lassant tout ça. Des pour et des contre et toute cette binarité. Entretuez-vous verbalement si ça vous chante. J’ai fini de participer à cette gueguerre stérile (c’est souvent dur dur !!). On va finir par vous regarder avec du pop corn.


Nous


Petit rappel de définitions

J’ai souvent remarqué que les mots ont le sens que leur donne leur utilisateur. C’est gênant dans une conversation ou un échange sur les réseaux sociaux.

Quand j’étais à l’école, j’ai appris à utiliser un dictionnaire. Dans un dictionnaire, il y a tous les mots de la langue française et chaque mot a une définition, avec parfois plusieurs sens, selon un contexte.

Il me semble que trop de mots perdent leur sens initial et sont utilisés à toutes les sauces, sauf la-leur.

Je commence par celui que je considère comme un gros mot. Son utilisation est le plus souvent péjorative et cible uniquement le comportement de l’enfant quand l’adulte est responsable à 100% de ce qui arrive.

Rappel de définition : CAPRICE

Je l’attribue à des célébrités qui surjouent, en mode diva. Par exemple Unetelle qui a exigé de se laver les cheveux avec de l’eau minérale en bouteille. Autres caprices ici.

Puisque ce mot existe encore et toujours dans le champ de la petite enfance, voici la définition que je préfère, trouvée sur face de bouc. Grand merci à son autrice Mélody Sweetlove.

Les enfants n’ayant pas la capacité neurologique d’obtenir ce qu’ils désirent (pas ce dont ils ont besoin) en contraignant et/ou menaçant leur entourage, j’estime que ça ne les concerne pas.

Rappel de définition : BIENVEILLANCE

Je ne saisis pas en quoi éduquer avec bienveillance pourrait engendrer une catastrophe éducative future.

Rappel de définition : ENFANT ROI

Il me paraît important de préciser que ce terme date des années 68 dans sa signification péjorative, elle aussi.

L’enfant roi définition

Rappel de définition : POSITIF

L’éducation dite positive :

Son histoire : « Également appelée « parentalité » ou « parentalité positive ». C’est une éducation qui vise à accompagner l’enfant afin qu’il se développe affectivement et socialement. Tout au long de son enfance, il sera soutenu par ses parents qui lui accorderont bienveillance et confiance. Le but de ce concept est de réveiller chez l’enfant sa confiance en lui, son sens de la responsabilité pour le rendre beaucoup plus épanoui. 

L’éducation positive est un concept récent, mais avant qu’il ne soit mis au point, de nombreux psychologues, pédagogues et éducateurs se sont penchés sur le sujet pour assurer le développement de l’enfant. Une des précurseurs les plus célèbres de ce concept fut Maria Montessori (1870-1952) qui a donné naissance à un système d’éducation bien particulier que de nombreux établissements scolaires appliquent jusqu’à nos jours. 

Ce n’est que dans les années 70 que le psychologue Marshall B. Rosenberg véhiculera pour la première fois le terme d’éducation positive. Comme son nom l’indique, ce concept repose sur la non-agressivité des paroles adressées à l’enfant et sur l’empathie. En d’autres termes, il s’agit de ne pas lui crier dessus, de ne pas porter de jugement et de favoriser le dialogue et la compréhension. »

Les bases de l’éducation positive

  • Des parents qui prennent soin d’eux
  • Les enfants ont des émotions
  • Avoir de la bienveillance
  • Être ferme

Peut-être que j’interprète mal ce que je lis, mais je ne vois pas le rapport entre l’éducation positive et le phénomène d’enfant-roi.
Comment vouloir du bien en reconnaissant les émotions de nos enfants ; en leur expliquant fermement ce qui est possible ou pas, ; en sanctionnant quand la règle n’est pas respectée ; comment un enfant pourrait devenir toxique avec du positif ?

Si quelqu’un.e a une réponse argumentée et sourcée, ça m’intéresse. Attention, je ne parle pas de surinvestissement éducatif qui fait de l’enfant le centre de l’attention, ni de laxisme qui est une attitude permissive et décourageante.

Je remets ça là pour visualiser la différence :

il manque le surinvestissement parental.


Souvent dans les « débats », discussions, échanges sur les réseaux sociaux, les « haters » (pardon mais je ne vois pas comment les qualifier tellement ils sont certains que l’éducation « normale » comporte obligatoirement du négatif, de l’obéissance et souvent la fessée « parce qu’on en n’est pas mort » pardi !) me qualifient de « perroquet » et m’accusent de brandir des concepts dangereux pour les enfants et donc de compromettre l’avenir de la France. C’est pas rien quand même.

Je les invite ici, en commentaire, à discuter de l’intérêt du mot « caprice » dans l’éducation et de partager ce qu’ils reprochent à la bienveillance et à la parentalité positive.

Merci d’avance pour vos lumières.



« Je compte jusqu’à 3!! »

Jamais compris. Jamais pratiqué. De ce que j’ai observé, soit ça fonctionne avant le 1, soit à 2 trois quart, le gamin n’a pas bougé d’un iota…Le suspens est intenable alors que presque toujours l’issue est plus que décevante. Il ne se passe RIEN ou alors un truc complètement hors sujet, puisque qu’aucune conséquence n’a été prononcée avant. Souvent c’est « je compte jusqu’à 3, après je me fâche »…

Aujourd’hui je blablate à ce sujet suite à une récente publication de la talentueuse @fannyvella sur instagram.

Ça va barder !

Dans le même registre, je partage l’illustration de la drôlissime @heloiseweinerandco

Itsamumslife

Impossible de pratiquer le comptage jusqu’à 3. Je serai « incrédible » (contraire de crédible, inventé par mes soins). Une fois, j’ai entendu un enfant répondre « soleil !!! » J’étais pliée de rire.

Je pourrai expliquer la menace à Cadet, ou plutôt le danger. « Petit chou, si je compte jusqu’à 3, méfie-toi. C’est que je suis en train de me transformer en dragonne qui crache du feu ». Ça serait le prendre pour un naïf, il sait déjà que je vire au vert comme Hulk, dès que j’ai haussé la voix.

Si compter jusqu’à 3 ne sert qu’à ce que l’enfant obéisse, je comprends encore moins. C’est dommage que des termes militaires se soient infiltrés dans l’éducation des enfants. Les enfants ne connaissent rien du monde dans lequel ils naissent. Les adultes sont là pour leur montrer. Est-ce que c’est comme diriger un escadron qui n’aurait pas le droit à l’erreur ?! Si oui, il y aura un gagnant et un perdant. C’est ça éduquer ? Cest la guerre ?

Que je sois enfant ou adulte, je n’ai aucun ordre à recevoir. Je ne me soumets plus à personne. Les règles sont extensibles et changeantes, sauf celles qui sont en rapport avec la vie ou la mort. Bien qu’il y ait des nuances partout.

Ma vérité personnelle m’empêche de compter jusqu’à 3. Surtout parce que comme William, je sais compter bien au-delà !! D’ailleurs, ça peut servir à appréhender la notion du temps qui passe, sans punition (ou rien) à la clé.

Et chez vous, ça fonctionne comment ?

chez papa cube😆

Version positive

L’aviez-vous remarqué ?

La négation envahit nos dialogues et nos lectures. Depuis que je fais cet effort de tourner mes phrases positivement (et en prime j’enrichis le vocabulaire de Cadet), je constate que le discours ambiant est farci de « ne pas ». Le cerveau (surtout celui des enfants) semble avoir quelques difficultés à traiter ce genre d’informations négatives. C’est Isabelle Filliozat qui aborde ce sujet dans « J’ai tout essayé!« .

C’est un exercice qui demande une attention particulière, quand la formule négative fait partie de notre vie de tous les jours.

Quelques pistes de Working Mama pour changer ses tournures du quotidien : ici.

J’entends déjà les réfractaires au changement : » encore une nouvelle mode! » Peut-être. C’est encore plus à la mode de déclarer que toute volonté de changer est une mode. Les prises de conscience ont cette faculté de naître toutes petites et de prendre une belle ampleur avec le temps. Il y a de la marge avant que le « ne pas » disparaisse. Inutile de fonder un club pour sa protection ! De toutes façons, des tournures négatives sont indispensables. Je remplace très peu le « je ne sais pas » à l’oral, sauf parfois par « mystère et boules de gomme » mais ça donne trop d’indices sur mon âge mental. A l’écrit, je préfère « je l’ignore ».

Ce qui m’agace le plus c’est quand quelqu’un demande : « tu ne veux pas ceci ou cela ? (pour le coup, mon cerveau n’entend que ca !!) Déjà la forme interrogative a disparu…Maintenant je réponds systématiquement « tu viens de décider pour moi. » Est-ce si compliqué de dire : « Veux-tu ceci ou cela ? »

Tout ça pour en revenir à une publication sur Instagram, dans laquelle je répondais que même quand je lis des histoires, je reformule.

Petit exemple d’un livre sur le pot que j’ai trouvé particulièrement inadapté aux enfants concernés, car plein de négation, de « il faut » et de « tu dois » ! Je précise que l’idée est à des lieues de plagier, hein. Inutile de me dénoncer auprès de la maison d’édition, je ne commercialise rien. Je l’utilise à des fins personnelles. Merci de votre tolérance.

Voilà l’idée : (quelques pages du livre « non ! je ne veux pas le pot » chez Fleurus.)

J’ai aussi converti toutes les phrases négatives des « Leo et Popi », mais chuuuuuut !

J’en ai profité pour transformer les félicitations par des encouragements. Est-ce un exploit de faire caca et pipi dans le pot ou les WC ? Pour ma part, j’exprime ma joie de voir mon enfant grandir mais je m’abstiens de lui décerner une médaille à chaque fois… J’encourage en cas d’échec, car oui l’échec fait partie de la vie. C’est l’échec qui permet d’affiner sa perception vers la réussite. Souvenons-nous de son acquisition de la marche, c’est le meilleur exemple : il tombe un nombre incalculable de fois et il se remet debout tout autant, sans hésiter.

Qu’en pensez-vous ? Avez-vous pris cette habitude ? Constatez-vous des changements ?

Dans ma pratique de mère et d’EJE, le constat est remarquable : je répète moins !!