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Si j’avais eu une vocation…

Si j’avais su quoi faire dès le collège, j’occuperai sans doute un poste, quel qu’il soit, en fonction de mon niveau scolaire, médiocre.

Si j’avais suivi la logique du parcours après le bac STT, je serai secrétaire ou assistante de direction suite à un BTS.

Si j’avais continué les études d’histoires de l’art et d’archéologie, je serai peut-être employée dans un musée ou autre.

Si j’avais été au bout des études entamées en théologie protestante, je prêcherai tous les dimanches en tant que pasteure dans une petite paroisse, quelque part dans le monde.

Si j’avais suivi la cohérence de ma formation d’éducatrice de jeunes enfants, je dirigerai une structure d’accueil petite enfance ou je serai coordinatrice dans une municipalité.

Au lieu de tout ça, je cherchais encore ma voie en 2020. Tous ces « si » sont autant de vies parallèles que je n’ai pas empruntées. Parce que ce n’était pas aligné avec ce que je suis. Tout ce déroulé aurait été peut-être plus fluide si j’avais su qui je suis dès le départ. Or l’école n’aide en rien à se connaître soi-même, ni même à découvrir ce pour quoi l’on est doué.e.

Aujourd’hui, je sais que JE SUIS, c’est déjà ça. Qui ? C’est encore un bout de chemin à parcourir. C’est comme-ci j’attendais toujours mon ordre de mission sur Terre…Mais que suis-je venue faire dans cette galère ? Mystère.

Doula semble être une étape. Ultime ? J’aimerai tant. Ne pas savoir quoi faire de sa vie, c’est usant le plus souvent, surtout pour les proches.

La vocation, c’est tout de même enviable : suivre un tracé jusqu’à un objectif précis et l’atteindre. J’ai l’impression que c’est plus simple. Moins compliqué que d’errer, sans but, d’un intérêt à un autre intérêt dont je fais le tour en moins de deux années…

A défaut de trouver MA voie, j’aspire à en trouver UNE. Je pense avoir ressenti ce qui l’entoure. Il est toujours temps après la quarantaine !

Ce blabla pour les autres comme ça, qui cherchent, cherchent…Des chercheurs et chercheuses de leur potentiel : ce qui fait vibrer leur coeur. Parce que c’est là, forcément, quelque part. Nous avons tous un potentiel, mais lequel ? Et quoi en faire ?

Ce qui fait briller ta lumière, toi seul.e sait où c’est caché. Quand tu accèdes à ta magie, ton âme agit.

Charlotte Hoefman

La magicienne sans pouvoirs magiques

« Conte » (parce qu’il y a  une magicienne) inspiré d’une journée particulièrement folklorique.

Il était une fois une magicienne de la société occidentale moderne …
[Pour situer le contexte : c’était durant sa formation qu’elle a cru qu’elle apprenait la magie. Elle a pensé qu’elle pourrait se servir de toutes les solutions proposées et apprises au pays de la Théorie simplement en pointant sa baguette avec une jolie formule magique. Erreur de débutante. Ce qu’elle a constaté, c’est que la théorie ne sort, pour ainsi dire, jamais des frontières de son pays. Le crédo « en Théorie, tout se passe bien » est véridique, surtout parce qu’en Théorie, il ne se passe rien.
Elle a aussi appris à faire illusion, et encore quand ça fonctionne…l’illusion est un art très peu abordé en formation. C’est sur le terrain que ça se corse quand YakafaukON oblige à développer des stratégies d’illusionnistes. Illusionniste, c’est un autre métier, ça mérite d’être souligné.]

Après sa formation, elle a vite constaté que le pays de la Pratique était fort fort lointain, et surtout à des lieues de celui de la Théorie. Elle avait pourtant lu, dans tous ses livres de magie, qu’il était de l’autre côté du long fleuve tranquille de la Vie. Soi-disant sur l’autre rive. Il suffisait, naguère, de traverser à gué, puis sur un radier, puis sur une planche. Avec le temps la traversée s’est faite sur une passerelle, puis sur pont, puis sur un viaduc…vous aurez compris, les deux rives se sont complètement perdues de vue. Tous ces constats ne l’ont jamais empêchée de rester convaincue qu’elle était magicienne. Sortie diplômée de l’école des magiciens, à priori c’est normal. Tous ses collègues se sentaient prêts et motivés, comme elle.

…Au début de sa « carrière », elle se rendait à son travail, tous les jours, avec bonne humeur et légèreté, jusqu’au jour où elle se rendit compte que sa baguette n’avait aucun pouvoir. Rien, nada, queue dalle…Elle a d’abord pensé qu’elle (la baguette, pas la magicienne ; enfin, pas encore) était en panne. A tort. Finalement, à chaque fois qu’elle avait obtenu un résultat en l’utilisant, c’était simplement grâce à ses compétences professionnelles. Sans magie, aucune. Elle savait réfléchir et agir en fonction des situations simples et même complexes.

Quelle désillusion, tout de même, de posséder un outil inutile quoi qu’accessoirement très joli. Et en même temps, quelle révélation !

Il parait que pour tout problème il y a une solution et s’il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème. C’est bien joli, mais c’est complétement faux. Qui a pondu cette ineptie, au fait ? La magicienne a rencontré, en très peu de temps, des tas de problématiques sans aucune solution envisageable. Non par manque de recherches, de motivation ou d’une éventuelle absence de connaissances…non, non. Aucun « abracadabra » ne fonctionnait. Elle travaillait en équipe, elle n’était jamais seule. Les magiciens du 21ème siècle  travaillent en groupe. Personne ne trouvait de solution. Or il y avait immanquablement un problème, toujours. Elle a tenté l’illusionnisme, sans trop de succès, ça passe quelques temps et puis ça finit par s’effondrer avec pertes et fracas. Avait –elle seulement envie de faire illusion ? C’est comme une imposture de se faire passer pour quelqu’un d’autre. Elle s’y sentait obligée. Cest qu’il FAUT faire bonne figure dans la société occidentale moderne, sous peine de réprimandes.
Pour finir, elle a découvert, durant un long processus usant, une nuance stupéfiante. Il y avait un problème, car rien ni personne n’avait intérêt à ce qu’une solution soit trouvée. Aucun intérêt à ce que les choses changent. La magicienne se retrouvait face à un mur comme un bouclier anti-magie, avec tous ceux qu’elle accompagnait, bon an mal an, depuis des années. Il y avait le choix entre rester devant le mur et se lamenter ou le longer pour trouver une brèche ou faire demi-tour. Tout a été essayé. Chacun qui se retrouve devant ce mur, même avec de la magie sous le coude, décide de la suite des événements. Lorsqu’il y a une brèche, c’est seulement le début d’un parcours du combattant digne des 12 travaux d’Astérix et de l’obtention d’un papier chez les Vogons (cf : le guide du voyageur galactique)

Le laisser passer A38

Quelqu’un a dit un jour à la magicienne que la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Merci bien. Elle avait déjà
remarqué qu’un fleuve est surtout impétueux. Ainsi va la vie. Elle en a déduit que c’est plus simple de suivre le courant que d’essayer de le remonter, surtout à la nage (on n’est pas des saumons)… A chacun de prendre la décision de regagner la rive,
n’importe laquelle, avant de se noyer. Quand on est épuisé, on échoue là où le courant nous porte : Théorie ou Pratique.

La magicienne de ce conte occidental et moderne, s’est faite une raison. Elle tentera tout ce qu’il est impossible de faire sans baguette, grâce à la magie que peut apporter la Vie.

Parfois il y a une issue et s’il n’y en a pas il reste la possibilité de casser le mur. Les plus téméraires peuvent escalader le mur après y avoir fait pousser du lierre…et en s’armant de patience ! Ou alors il suffit de mener sa barque et de rester sur le fleuve à admirer les deux rives, quand on s’en approche. Accoster de temps à autre pour trouver de la nourriture. Mais en restant sur le fleuve, ça sert à quoi d’être une magicienne ? En plus sans pouvoirs magiques ?

Fin

Shrek

Loin de moi la prétention de me faire passer pour une conteuse. J’écris pour faire un peu de place dans mon cerveau, qui mouline sans arrêt. C’est presque thérapeutique. Je le partage car je lis énormément de textes qui me font du bien et que d’autres ont gentiment mis à disposition de tous sur le net.