Hommage aux métiers de la petite enfance

@jout du 23 juillet 2017 :

C’est un écrit moins professionnel (daté de 2013). Et oui je suis aussi remplie de défauts. La bienveillance, je l’ai appréhendée « sur le tas ». Quand j’ai écrit ce texte, je pensais surtout à ma famille et je me suis rappelée de quelques piques par-ci par-là, dans le cadre professionnel, alors je l’ai publié.

Il y a des gens, sur cette planète, qui pensent que s’occuper d’enfants ne demande aucune formation, juste de l’amour et du bon sens. Soit. Sauf que c’est plus compliqué. L’amour c’est insuffisant, incomplet et parfois mal dosé. Pareil pour le bon sens…

Il y a des gens qui pensent même que les formations petite enfance ne servent à rien et qu’il est possible de faire sans… Dans la sphère familiale c’est certain ( et encore, j’en entends et vois des vertes et des pas mûres tous les jours dans la rue, les magasins, les lieux publics…), mais en mode collectif, j’en doute fortement !

Personne n’est parfait, mais quand on se consacre à la petite enfance (en faisant des études pour), en général, c’est par vocation et pour en savoir plus. Les théoriciens et les professionnels sur le terrain , depuis des années, étudient et constatent, de manière clinique et  scientifique, l’évolution de l’Enfant. On en sait de plus en plus sur ce qui est adapté pour Lui.

Alors, ceux qui rejettent en bloc et critiquent tout ce savoir et ces acquis -lesquels sont pourtant mobiles et sans cesse remis en question, évalués et questionnés -et bien tous ces gens je les plains, car au final je pense qu’ils sont juste jaloux de passer à côté de  l’éveil des générations futures.

Toute cette prise de conscience est récente. Les résultats sont peu flagrants… et surtout à l’échelle mondiale, seule une minorité d’enfants en bénéficie.

Quoiqu’il en soit, j’œuvre pour cette cause, celle de l’Enfant. C’est mon métier, c’était celui de ma mère et j’en suis fière.

 

montessori

EJE, le métier, version officielle

En théorie : « l’Éducateur de Jeunes enfants, spécialiste de la petite enfance,

l’éducateur de jeunes enfants assure 4 fonctions :

l’accueil ;

l’éducation ;

la prévention ;

la coordination.

Il intervient auprès d’enfants âgés de 0 à 7 ans, en relation avec leurs parents.

Il les accompagne dans leur apprentissage de l’autonomie, de la vie sociale… Son rôle consiste à stimuler leurs potentialités intellectuelles, affectives et artistiques à travers des activités ludiques et éducatives.

Accompagner l’épanouissement de l’enfant

L’EJE tient compte du milieu familial de l’enfant, dans ses dimensions sociales et culturelles. Il est attentif aux problèmes de santé ou de comportement rencontrés chez les petits et contribue à en prévenir l’apparition. À partir d’un projet pédagogique l’EJE amène les enfants à pratiquer diverses activités (peinture, danse, musique…). Il mobilise leurs sens pour favoriser leur expression verbale et non verbale.

Il leur apprend aussi à vivre en société, étape préalable à une scolarité réussie. »

Liens :

Fédération des EJE

Passerelle EJE (le site a disparu)

 

EJEsource de l’image mise en avant : EJE

 

La cause des enfants

la-cause-des-enfants

Chaque fois que je sors de chez moi, il n’y a pas un jour où je ne vois pas un enfant « mal-traité », très souvent verbalement. Le mot est fort mais d’après moi quand on dit ‘tu me fais ch***‘ à un enfant, oui on le maltraite et encore je n’entre pas dans le détail.

Ce n’est que la partie visible de l’iceberg cet exemple, à côté des gifles et autres vulgarités qui s’ensuivent…

Voici un texte qui prône la bienveillance envers les enfants, êtres humains en devenir.

"Vous dites :
— 'C’est épuisant de s'occuper
 des enfants'.
Vous avez raison.
Vous ajoutez :
— 'Parce que nous devons nous mettre à leur niveau.
 Nous baisser, nous pencher, nous courber, 
nous rapetisser'.
Là, vous vous trompez. 
Ce n'est pas tant cela qui fatigue le plus, 
que le fait d'être obligé de nous élever jusqu'à 
la hauteur de leurs sentiments.
De nous élever, nous étirer, 
nous mettre sur la pointe des pieds, nous tendre.
Pour ne pas les blesser. "

Janusz KORCZAK, prologue de Quand je redeviendrai petit

Traduction AFJK (révisée en 2007).

Cette citation a été publiée en 1990 
et longtemps diffusée par l’Association française 
Janusz Korczak en hommage à la Convention 
internationale des droits de l’enfant (CIDE) 
adoptée par l’ONU en 1989, sous la forme 
d'une carte postale illustrée par le peintre 
surréaliste W. Siudmak, qui a connu un très grand succès.

L’ouvrage de Janusz Korczak dont elle est tirée, 
Quand je redeviendrai petit, est l'un des plus
 beaux romans pour enfants de Korczak dédié 
aux droits de l’enfant. Il a été traduit et publié 
en français sous le titre : Le droit de l’enfant
 au respect, coédition Laffont/Œuvres 
représentatives de l’Unesco, 1979 (épuisé).

C’est humain de penser qu’on est à bout, de le dire, mais à quoi ça sert de le dire de cette façon ?

Les enfants traités ainsi seront les adultes de demain…

Il y a tellement de possibilités d’être aidés aujourd’hui. Quand on n’en peut plus, y-a-t-il besoin de courage pour demander un relais, un avis extérieur…?

Sans doute que oui et surtout encore faut-il se rendre compte qu’on est dans la « douce violence« .

enfant

La cause des enfants montre la voie de la bienveillance. Elle montre aussi la voie de la fermeté. Il n’est pas question de laxisme ni d’abandon de la fonction parentale sinon, l’excès inverse se produit mais au départ, je remarque que l’enfant est dans les deux cas « mal-traité ».

« Il est plus facile d’éduquer un enfant que de réparer un adulte ».

« Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au-dessus d’eux l’autorité de rien et de personne, alors, c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie. »

Platon

Liens :

Comment la famille transmet l’ordre inégal des choses

Éducation non violente et développement du cerveau, un duo gagnant ?

Vidéos :

clip télé contre les violences éducatives ordinaires

Un clip contre la gifle :

Mon imaginaire détaille la vidéo :

-« Tu entends ce que je te dis ?

-« Oui, non, je sais pas, tu es au téléphone donc je suppose que tu parles à quelqu’un d’autre et puis je joue. »

-« claque »

-« Ah tiens, oui je n’ai pas entendu mais j’ai senti. Et pas tout à fait compris. »

– » c’est dingue ça ! »

Source de l’image mise en avant : grandis-moi !

La mère suffisamment bonne

images

Par extension, le parent suffisamment bon

En première année de formation, les formateurs ont demandé de mettre par écrit notre représentation de la « bonne mère » afin de questionner et revoir les exigences que l’on associe à ce rôle. J’ai retrouvé mon écrit. Il date de 2005 :

« Une mère doit être :

– Douce, affectueuse, détendue et reposée

– Disponible

– Équilibrée

– Organisée

– A l’écoute

– Créative

– Complice mais pas copine

– Un appui, une (res)source

– Consciente de ses propres besoins.

Elle doit être garante de :

– la politesse

– La loi

– L’instruction

Dans la foulée j’avais écrit ma représentation du bon père.

Un bon père doit être :

– Garant des limites et de la loi

– Un exemple, un modèle

– L’autorité

– Joueur,

– Compréhensif

– Patient

– Juste

– Tiers séparateur

– Une référence

Il doit assurer le bien-être de ses enfants en travaillant, surtout si la mère reste au foyer. »

J’avais une vision très idéalisée de la parentalité et elle a beaucoup évolué.

Théorie : Selon Winnicott (pédiatre de formation, devenu psychanalyste pour enfants), le développement du concept de mère suffisamment bonne (good enough mother) se définit par trois actes nécessaires : le holding, le handling et l’object presenting.

Le holding ou portage désigne la façon de porter l’enfant, de façon plus ou moins serrée contre soi. Il a une valeur affective. Le bon holding est celui de la mère : il est connu, rassurant. Il s’agit aussi d’une introduction du corps dans l’espace, il influe sur la gestion du risque et de la sécurité de l’enfant plus tard.

Le handling est la manipulation de l’enfant, la façon d’agir sur lui dans le cadre du soin (nourrir, toilette, soins du cordon). Ces soins sont investis de différentes manières par les parents et comprend de nombreuses sensations tactiles et auditives pour le bébé. On encourage d’ailleurs les parents à masser leurs enfants dans un but d’apaisement. Le soin est aussi accompagné de parole. C’est par le handling que l’enfant peut dissocier son corps de l’environnement.

L’object presenting est la présentation de l’objet. Elle aide à découvrir le monde par petit bouts, de façon prémachée d’informations sur l’environnement. Il existait un courant aux USA prônant l’hyperstimulation des bébés en leur présentant des opéras, tableaux de grands maitres etc. Il faut savoir cependant que l’enfant préfère des présentations simples d’objets ayant une connotation affective plutôt qu’une culture froide et impersonnelle.

L’idée de mère suffisamment bonne vient du fait qu’elle ne doit pas l’être trop. Si les parents comblent tous les besoins avant qu’ils se présentent, cela ne laissera pas à l’enfant l’occasion d’éprouver du désir. Cela entraverait la capacité de l’enfant à élaborer face au manque par exemple, à sentir le besoin, à avoir envie de quelque chose, à agir. Il se fait alors l’objet du désir de l’autre. Il ne faut donc pas être trop bon non plus. L’enfant a déjà à s’occuper de l’angoisse d’abandon et une mère trop bonne y ajouterait une angoisse d’intrusion ainsi qu’un renforcement de l’angoisse d’abandon. Il est important à ce niveau de comprendre qu’on ne peut pas rattraper sa propre enfance à travers celle de l’enfant. L’enfant doit apprendre à être soi, tout seul, en présence de l’autre.

En conclusion, ma représentation de la « bonne mère » était trop intransigeante. La mère ne doit pas tout être. Elle fait ce qu’elle peut et ne sera pas tout au même moment. Elle sait doser les réponses qu’elle donne à son tout petit.

Une mère « pas assez bonne » laisse l’enfant dans la souffrance et dans l’angoisse, ce qui ne donne pas suffisamment de possibilités pour que l’enfant se sente exister, en le plongeant dans le néant. Au contraire, une mère « trop bonne » répond à l’enfant par anticipation en ne lui laissant pas ressentir le manque, qui est pourtant essentiel pour le développement de l’enfant, pour qu’il se sente exister comme différent de sa mère. L’enfant ayant une mère « trop bonne » selon cette théorie reste dans l’illusion de la toute puissance, de l’omnipotence. Les deux extrêmes, néant ou toute puissance sont des illusions qui laisseront des conséquences sérieuses sur le développement futur de l’enfant et sur son âge adulte.

La position équilibrée de la mère « suffisamment bonne » est entre les deux, selon Winnicott : ni trop absente, ni trop présente (voire étouffante). Attention à ne pas lire les termes de Winnicott selon des critères moraux : il ne s’agit pas de juger la mère, mais de décrire la relation mère-enfant dans un juste équilibre.

Liens pour approfondir :

Winnicott et la mère suffisamment bonne

Donald Winnicott : « La famille suffisamment bonne »

 

mom enough

photo trouvée ici

le choix des photos est volontairement excessif en parallèle à l’article précédent.

Pour finir : Mamans: soyez vous-même!

Parents indignes? L’enfant s’aligne!

 

Est-ce une mode ce courant de mères qui se disent « indignes« , « mauvaises« …qui s’assument et le revendiquent haut et fort ? Peut-être ou peut-être pas. Depuis Desperate Housewives, Mother Fucker, elles fleurissent comme un printemps arabe les mères qui en ont marre de la mère parfaite lisse et effacée !

Deux livres m’ont été offerts récemment (MERCI encore pour ces cadeaux, j’adôôre les liiiivres) : celui-là et celui-ci.

Les Éducateurs de Jeunes Enfants ont la fâcheuse tendance à se ranger du côté des ZENFANDABORD, en tous cas, je le fais et sans l’ombre d’un remord ! Oui, le bien-être des enfants prime. Donc je commence par LA solution pour les enfants :

« Tes parents sont lourds, fatigants, collants, velus, piquants, barbants, casse-pieds, glissants ? CHANGE !

Ils sont grognonants, dégoulibavants, bavardissants, crottedenazants,mangeproprements ? CHANGE ! (à ce stade de mon billet, le correcteur d’orthographe a rendu l’âme après avoir tenté valeureusement de proposer la bonne orthographe aux mots précédents, RIP le correcteur…).

Ils t’ennuient, ils sont insupportables, ils ne t’écoutent pas, ils rangent ta chambre, ils marchent sur tes jouets, ils refusent de te laisser la maison, ils t’emmènent en Ouikenn’d ? CHANGE DE PARENTS !

Comment ? Le mode d’emploi est dans « Le catalogue des parents pour les enfants qui veulent en changer » ! J’ai un faible pour les composés, Plus on est, plus on rit. Il y a même un bon de commande à la fin du livre et des tas de garanties. Pour l’acquérir, c’est sur le net ou en librairie, c’est encore mieux. Comme dit Bernard Werber : « le secret de la liberté, c’est la librairie ». Ma préférée c’est elle (de rien, amis parisiens). A Nantes, c’est chez les enfants terribles que je trouve mon bonheur.

@tualisation : dans mon nouveau chez moi, j’ai fait le vœu pieux de ne plus acheter de livres neufs et très peu de livres d’occasion. Je fréquente assidûment la médiathèque du coin…(on a troooop transpiré avec les cartons de livres pendant le déménagement et puis c’est vrai que ça fait souffrir les forêts tout ce papier… et une pensée pour mes anciens fournisseurs : c’est malheureux tous ces libraires qui disparaissent à cause du net.)

Bon, un peu d’empathie pour les parents, c’est mon métier aussi. En même temps, j’ai inclus touplein (maintenant que le correcteur ne dit plus rien, j’en profite) de liens pour ceux qui savent lire, j’ai donc bien pensé aux adultes. Un avant dernier pour la route : le SAV des bébés.

Mères indignes, grands tracas et petits plaisirs de mamans : à lire sans modération et  sans fin. Je le garde sur ma table de nuit. Avant de dormir, rire de ce que l’on traverse tous, plus ou moins, ça détend.

Quelques unes des anecdotes que je préfère (les plus courtes) :

« Réflexion fermentée : J’ai un petit garçon adorable de 11 mois et j’allaite encore. Ma mère, pas super fan de l’allaitement prolongé, me demande : – fais attention quand même, t’es sûre que ton lait est encore bon, qu’il n’a pas tourné ? – T’inquiète pas, maman, je passe toutes mes nuits dans le frigo pour pas  briser la chaîne du froid. »

« Lecture : A la maternité, j’avais plusieurs livres pour lire pendant l’accouchement (je riais déjà fort), pour me détendre, et pendant les quelques jours de mon séjour. Je les ai ouverts deux ans plus tard« .(là, je riais à gorge déployée !)

« Garde à vue : Mais non, le parc à barreaux n’est pas une prison. C’est juste de la détention provisoire, le temps de prendre une douche.« 

« Drogue dure : Aujourd’hui, mon fils  de 16 mois était surexcité. c’est en lavant le biberon en fin de journée que je me suis rendu compte qu’il sentait bizarre. Mal réveillée, j’avais confondu le cacao avec le café.« 

« Le zizi, c’est dans la tête : Je surprends ma fille sous la douche, en train d’essayer de faire pipi debout. Moi : – Pourquoi tu fais ça ? Elle : – Pour faire comme les garçons, pipi avec une quéquette. Moi : – T’as pas besoin de quéquette, t’as un cerveau. Le papa : – J’ai entendu !« .

Après avoir lu tout ça, je me dis que le dicton les chiens ne font pas des chats a sûrement un fond de vrai.

Source image mise en avant : Olivia Moore

Place du handicap dans mon parcours

J’ai fait partie des étudiants dont la formation d’éducateur de jeunes enfants a duré 27 mois. Aujourd’hui après une réforme, c’est 6 mois de plus pour obtenir le diplôme d’Etat. La formation comporte une partie théorique et une autre pratique sous forme d’apprentissage en milieu professionnel.

Pendant ma formation, j’ai beaucoup réfléchi au choix des stages. On avait le droit à 3 vœux dans un ordre précis. Les miens ont été exaucés. Tous mes stages ont été formateurs, même quand ça ne s’est pas passé comme je l’aurai souhaité.

Aparté : Je me rends compte avec les problèmes que rencontrent aujourd’hui les étudiants à cause de la gratification des stages, que j’ai eu beaucoup de chance de tous les valider. La formation est d’ailleurs en danger si la loi n’est pas modifiée. Je ne suis pas trop les actualités à ce sujet mais j’espère que les étudiants des promotions en cours obtiendront gain de cause.

Durant la formation, il y a certaines notions que nous ne voyons pas de façon approfondie, telle que le handicap. Par manque de temps. Les stages sont aussi proposés pour répondre à cette lacune.

stage IEM

stage IEM

L’éducateur de jeunes enfants étant amené à travailler auprès de tous les enfants, il a toute sa fonction en milieu spécialisé. J’ai acquis cette conviction grâce à un stage. Le handicap dans la vie d’un enfant prend beaucoup d’espace. Pourtant l’enfant handicapé est avant tout un enfant. Notre rôle est de lui permettre de profiter de son enfance, presque comme les autres enfants de son âge. Nos propositions sont les mêmes, on les réfléchit et on les adapte.

Mon plus long stage s’est ainsi déroulé en Institut d’Education Motrice (IEM) avec des enfants en majorité infirmes moteurs cérébraux (IMC). C’est-à-dire en coque de maintien et en fauteuil roulant. La plupart des enfants ne sont pas autonomes, ne parlent pas (ou pas encore), ne se déplacent pas, mais ils communiquent. Ce fut le sujet de mon mémoire : la Communication Non Verbale.

J’ai été malmenée par la recherche de mon identité professionnelle. Il m’a fallu revoir mes objectifs et j’ai du élargir le sujet de mon mémoire à tous les enfants, pas seulement les enfants porteurs de handicaps. J’ai ainsi abordé le sujet en observant plus attentivement les bébés et les jeunes enfants qui ne parlent pas, durant un stage supplémentaire.

Tout ça pour dire que le handicap, dans notre métier, a sa place. Les concepts parcourus en formation seront revus et forcément approfondis en stage ou sur le terrain. C’est de toute façon une expérience qui mérite d’être vécue. Notre positionnement est parfois mis à mal. L’équipe de collègues devient pluridisciplinaire ce qui rend les échanges de points de vue variés et c’est très profitable à tous.

Aparté : « Être autiste ne signifie pas être inhumain. Cela signifie être étranger. Cela signifie que ce qui est normal pour les autres ne l’est pas pour moi et ce qui est normal pour moi ne l’est pas pour les autres. A certains égards je suis très mal équipé pour survivre dans ce monde comme un extraterrestre échoué sur la terre sans manuel d’orientation. Mais ma personnalité est intacte, ma conscience de moi n’est pas altérée. Je trouve beaucoup de sens et de valeur à ma vie et je n’ai aucune envie d’être guéri de moi-même.
Si vous voulez m’aider, n’essayez pas de me confiner à une mince partie du monde que vous pouvez changer pour me caser. Accordez moi la dignité de me rencontrer selon mes propres ter
mes.
Reconnaître que nous sommes également étrangers l’un à l’autre, que ma façon d’être n’est pas simplement une version déficiente de la vôtre.
Interrogez vous sur vos présupposés. Définissez vos mots. Travaillez avec moi à construire davantage de ponts entre nous. »

Jim Sinclair (personne autiste), citation tirée de ce lien : Récits de personnes autistes

Lecture : le voyage d’Anton

Anton

« les premières années de la vie d’Anton, atteint d’un syndrome neurologique le rendant différent des autres ».

Ou plutôt re-lecture. J’ai lu ce livre il y a dix ans de cela, quand il est sorti. Mon exemplaire est dédicacé par Anton, himself ! J’en suis très fière !

Je relis peu les livres bien rangés dans ma bibliothèque et je me rends compte que c’est dommage car il y a toujours quelque chose qui nous échappe à la première lecture. Je comprends d’autant plus ce besoin qu’ont les enfants de lire ou d’entendre raconter la même histoire, presque inlassablement…

L’émotion a été la même, je m’en souviens encore. Le message, par contre, a résonné bien plus fort !

J’ai fait la connaissance d’Anton quand il était dans la classe Arc-en-ciel. Sans diplôme ni formation, la directrice de l’école m’a accordée cette chance extraordinaire de travailler avec elle, son équipe et tous ces enfants. Durant ma présence dans ce groupe scolaire, ma vocation est née…elle a pris forme, elle était tapie en moi, attendant le déclic.

Toutes ces rencontres restent parmi mes plus beaux souvenirs. Des années intenses et bien remplies…mes collègues sont restés de très bons amis. Relire le voyage d’Anton m’a replongée dans ma vocation première : accompagner des enfants que l’on dit « en difficulté et différents »…plus je les fréquentais plus je pensais que c’était le monde qui avait des difficultés, et pas eux !

Et puis, je suis partie me former. La nécessité d’en savoir plus m’a donnée des ailes. Je suis retournée aux enfants lambda, si je puis dire. Un jour, je reviendrai vers la différence, en me demandant toujours « qu’est-ce donc que la normalité ? ».

C’est sa mère, Mariana Loupan, qui raconte ce parcours atypique, presque un voyage initiatique, dans lequel il y a un vrai voyage.

Extraits : « Pour nous, entendre parler d’école, c’était comme entendre parler du paradis, de quelque chose d’inaccessible  dont nous n’osions même pas rêver. Anton aurait le droit d’aller à l’école comme tout le monde ? Nous étions si épuisés par notre parcours du combattant, par l’hostilité et l’indifférence du système que l’idée même que notre fils ait des droits, nous avait échappé. A commencer par le droit à l’éducation. »

« C’est ce qui arrive souvent aux enfants comme Anton. Il parle peu, on lui parle moins. Il a du mal à tenir son crayon, on dit qu’il n’écrira pas. Il ne comprend pas une consigne, on n’insiste pas. On présume qu’il ne peut pas. On pose des limites. L’univers de l’enfant rétrécit, tout naturellement, et l’enfant reste sur le bas-côté. Je veux qu’on lui tende la main pour prendre la sienne, pour l’aider. Non pas pour lui donner des miettes. Je veux qu’il marche à côté des autres, la tête haute. »

« Parfois, une simple phrase peut changer le cours d’une vie. Pour moi, elle a été prononcée à Jérusalem, un matin de février 2000, par le professeur Reuven Feuerstein : « C’est à vous de choisir… ».

Billet d’humeur (du jour)

chat

Utiliser le sens exact des mots est autant un défaut qu’une qualité chez moi.

C’est plus fort que moi, je bondis intérieurement quand je lis ou j’entends des termes qui me semblent inappropriés (le second degré a bon dos…).

Oui, dans mon cerveau, le mot garderie est presque un gros mot. En tous cas, il me semble appartenir à une autre époque. Pour illustration, relisons la définition du verbe :

garder , verbe transitif

  • Sens 1

    Veiller sur.

    Exemple : Garder les moutons.
  • Sens 2

    Surveiller pour empêcher de sortir.

    Exemple : Garder un condamné.
  • Sens 3

    Conserver sur ou avec soi.

    Exemple : Garder ses papiers sur soi.
  • Sens 4

    Mettre de côté pour soi ou pour quelqu’un.

    Exemple : Il garde sa place.

C’est bien loin de correspondre au travail des professionnels de la petite enfance (en général) qui s’évertuent, parfois dans de mauvaises conditions, à accueillir, prendre soin et accompagner le quotidien des enfants quand leurs parents travaillent.

On accepte d’évoluer dans toutes sortes de domaines, pourquoi pas celui de la petite enfance ? Je prends ça trop à cœur, je m’en rends bien compte.

 C’est avec du temps  que le terme « accueil » entrera dans les mœurs, tout comme le nom patronymique qui est remplacé par le nom de famille depuis la Loi n° 2002-304 du 4 mars 2002.

Aujourd’hui, les lieux d’accueil ont toutes sortes de dénominations. Oui je sais bien, un nom générique comme « garderie » c’est bien commode. Sauf que pour nous, professionnels, surtout pour moi, je vais éviter de parler au nom des autres… c’est un peu comme déconsidérer le travail fait depuis des années pour que les enfants, vos enfants, soient accueillis et non plus « gardés ».

Voici quelques définitions :

Une crèche est une structure adaptée aux besoins des jeunes enfants accueillis dès l’âge de deux mois et demi jusqu’à trois ans. Elle accueille à la journée et de façon régulière les enfants dont les parents travaillent.

Une halte-garderie est un lieu d’accueil ponctuel pour les jeunes enfants. Cette solution est réservée aux enfants dont l’un des parents ne travaille pas, à raison de trois demi-journées maximum par semaine.

Un multiaccueil propose un accueil collectif, en accueil régulier, accueil occasionnel et accueil d’urgence pour des enfants de 3 mois à 3 ans.

Accueil périscolaire :  En dehors des temps d’enseignement, les enfants des écoles maternelles et élémentaires sont accueillis tous les jours dans les établissements scolaires, avant et après la classe, ainsi que sur le temps méridien.

Voilà pour les principaux lieux d’accueil collectifs. D’autres accueils sur ce lien à Paris.

Le mot garde n’est pas à bannir, ni garderie d’ailleurs. Mais c’est un peu comme le terme DDASS, encore utilisé pour parler des enfants confiés et pris en charge en dehors de leur famille, … aujourd’hui et depuis 1983, on parle de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE).

Ces mots ont fait leur temps. Ils appartiennent au passé de la Petite Enfance. Se tourner vers l’avenir permet de visualiser et d’intégrer les changements.

« Le terme « garde d’enfants » a été remplacé depuis de nombreuses années dans tous les propos par le terme « accueil d’enfants » parce que le terme précédent signifiait service et omettait les notions de qualité, la place et le rôle de chacun, au premier rang desquelles celle des parents dans l’éducation des enfants. »

Bien sûr, quand on n’est pas professionnel, il est difficile de tout savoir et puis les médias et parfois même des auteurs Jeunesse continuent à véhiculer les termes du siècle dernier et du précédent le dernier. Et malheureusement le grand site de la petite enfance n’a pas actualisé son vocabulaire non plus. Même la CAF est en retard dans sa mise à jour ! Bref, on n’est pas aidés.

Pourtant « le changement c’est (censé être) maintenant », enfin il parait,  depuis l’année 2012.

 

 

 

Il est où Doudou dis-donc ? Au fait, qui est Doudou ?

 

Un peu de théorie :

« Doudou : objet préféré utilisé par le nourrisson et le jeune enfant pour se réconforter, notamment au moment de s’endormir.

La notion d’« objet transitionnel », introduite par D. W. Winnicott, appartient au domaine de la psychanalyse. L’objet transitionnel, qui a l’effet apaisant d’un substitut maternel, est la première possession de l’enfant qui est extérieure à son propre corps, bien qu’il ne le perçoive pas nécessairement comme tel. Il apparaît généralement entre quatre et douze mois, et permet à l’enfant d’effectuer la transition entre la relation à la mère et la relation avec d’autres « objets » de son environnement.

L’objet élu est généralement un objet matériel de texture douce (ce qui explique le nom familier doudou, provenant de la répétition du mot doux par l’enfant); il s’agit le plus souvent d’une couverture ou d’un bout de couverture ou encore d’un morceau de tissu (serviette, chiffon, mouchoir, par exemple) ou d’un animal en peluche, que l’enfant serre contre lui et suçote.

Ce terme ‘doudou’, de même que les termes anglais security blanket et blankie, sont des termes familiers, alors que les termes objet transitionnel et transitional object relèvent du vocabulaire spécialisé de la psychanalyse. [Office de la langue française, 2002] »

J’ajouterai qu’il est possible qu’un enfant n’ait PAS de doudou. Par contre, il aura un objet transitionnel pas toujours repérable.(Ils parlent même de phénomène transitionnel en psychanalyse)

Ce qui est regrettable, comme pour beaucoup de choses finalement, c’est que ce soit devenu un marché juteux et profitable, encore et toujours aux mêmes, en l’occurrence le lobby de la ‘puériculture’.

Ce qui me désole le plus c’est de voir tous ces sites de ‘doudous perdus‘ qui fleurissent sur le net…ou comment maintenir les enfants dans la dépendance de leurs parents (au doudou)… Oui, car on se demande bien pour qui c’est une catastrophe quand doudou est perdu. D’ailleurs qui panique quand on ne le retrouve pas en fin de journée au multiaccueil ? Pas nous les professionnels et encore moins l’Enfant en question…Bref.

Pour ma petite histoire, c’est au moment de l’inscription de mon fils à une halte-garderie que j’ai dû me pencher sur la question. La directrice a insisté pour que l’Enfant ait ‘quelque chose de la maison’. Sauf qu’il avait choisi les maillots de corps de sa maman le cher Enfant. Il avait décidé que son doudou c’était mon odeur…j’ai eu beau dormir avec le doudou que j’ai choisi pour lui (Vivi la marmotte) et tenter de l’imprégner de mon ‘parfum’, il n’en a pas voulu ! Il a hurlé à plein poumons à chaque fois que je l’ai laissé à la halte-garderie. Pas que 5mn, non, non pendant toute mon absence, échelonnée selon une période d’adaptation. A la fin de ladite période, la directrice a décrété que mon fils n’était pas prêt à passer du temps en collectivité. Il avait 8 mois et j’avoue que je n’étais pas prête non plus.

Le doudou que je lui ai proposé pour aller à la halte-garderie est finalement devenu ‘sa grande amie’ : Vivi la marmotte. Mais quand il ne l’emmenait pas avec lui, on ne retournait pas la chercher. Quand il fallait le passer en machine, il attendait…et pourquoi j’en aurai acheté deux, trois identiques… ???

Un doudou c’est LE doudou (ou alors plusieurs différents, mais pas tous en même temps), sinon c’est une collection d’articles de puériculture.

J’ai toujours expliqué mon point de vue à mon fils sur son doudou, c’était à lui de s’en occuper. On ne peut pas dire que ça demande beaucoup de travail. L’enfant apprend le sens de la propriété et les prémices des responsabilités, Y’a pas d’âge pour inculquer le sens des réalités : « Vivi est restée à la maison ? Tu la retrouveras ce soir » et j’explique, je ne négocie pas, je ne compense pas. L’Enfant sait quand il a besoin de son doudou donc il gère, je peux lui faire confiance. L’adulte est présent pour lui expliquer si c’est possible ou non et pourquoi de garder Doudou dans différentes circonstances. A table, j’ai du mal à accepter sa présence, par exemple…

En fait, si l’adulte ne panique pas, il y a de grandes chances pour que l’Enfant ne panique pas non plus.

@jout : dernier débat en date sur FB : « le doudou peut-il rester à la crèche ? Doit-il faire la navette entre la maison et la crèche ? »
Si ce n’est pas un objet transitionnel, pourquoi pas ? L’enfant exprime t-il le besoin de le prendre avec lui ? Si oui, alors c’est lui qui décide surtout s’il a investi cet objet en tant que tel. Je me demande même pourquoi il y a débat…

Et s’il est perdu ? Et bien, dans la vie il arrive que l’on perde des objets auxquels on tient. Expérimenter la perte et le chagrin ce n’est pas une mauvaise chose. Si c’est accompagné par des mots de réconfort, l’enfant sent qu’il est soutenu et passe à autre chose.

Je conclue sur une phrase de Winnicott qui en dit long sur l’inévitable sevrage :  » Autant la mère doit avoir pu illusionner son enfant sur sa capacité à créer le sein qui le satisfait, autant elle doit s’employer à le désillusionner, en ne s’adaptant qu’incomplètement aux besoins de l’enfant  »

Vous l’aurez compris, je fuis les magasins de puériculture mais pas les créateurs qui ont du talent. Je rajoute donc un lien vers le site d’une amie qui coud des beaux doudous comme je les aime. Pour les voir c’est ici :  doudous de sa page facebook ou là : Bébélyste.

Si vous avez des anecdotes à partager, pour illustrer mon témoignage, je serai ravie de les lire.

Comment informer et protéger l’enfant…du harcèlement, de la « pédophilie… » ?

Réédition du 16/03/13/Blogspot/retravaillé le 18/10/17

Ce sujet me questionne depuis longtemps mais mettre en mot ce que j’en pense est une autre affaire. Je prends le risque.

Une dépêche d’actualité toute récente (aujourd’hui) vient de me piquer au vif ! « La pédophilie doit être traitée comme une « maladie » non comme un crime, selon un cardinal ».

Comme pour de nombreux sujets, j’ai tendance à avoir un avis nuancé. Je fonctionne souvent en mode thèse, antithèse et synthèse. Pareil pour ce billet. Même si c’est loin d’être évident, avec du recul, de saisir un plan dans mon « blabla », vous m’en voyez désolée.  Mes idées restent désorganisées, finalement.

L’avis de ce cardinal est de prime abord choquant. C’est que la « pédophilie » c’est un sujet corrosif (dans tous les sens du terme).

Je partage la définition de Wikipedia et dans le fond le cardinal en question a raison, c’est bien une maladie psychiatrique mais ça devrait se nommer autrement car étymologiquement le terme n’a plus vraiment son sens initial. Si on veut faire une différence, la pédérastie s’apparente au crime car elle est envisagée de façon consciente et préméditée (parfois réciproque, ce qui complique la notion de délit) contrairement à la pédophilie. Je ne débattrai pas plus sur cette nouvelle qui m’a fait réagir, c’est trop prendre partie et ça ne m’intéresse pas. A la limite, je serai capable de dire le fond de ma pensée qui est : si le mariage existait chez les prêtres, peut-être y aurait-il moins de déviances…peut-être bien sûr, car il y a malheureusement des malades qui sont mariés, en couple…bref c’est un très délicat sujet.

La question reste la même quant à la protection des enfants et à la façon dont on peut leur en parler. C’est ce qui nous préoccupe en tant que parent et professionnel.

J’ai lu, un jour, un livre avec des moins de 3 ans en multiaccueil. Il m’a vraiment bousculée. D’habitude, je lis les livres seule avant d’en faire la lecture aux enfants. J’avais fait l’impasse, cette fois-là. J’ai gardé bonne figure parce que je savais que ma compréhension différait complètement de celle des enfants, mais intérieurement j’étais extrêmement mal à l’aise.

Je pense qu’il est important d’en parler en équipe, avec pour objectif une cohérence pédagogique. Les professionnels de la petite enfance envisagent ce sujet de manière différente et souvent subjective. Sans doute parce que c’est un sujet, souvent, oublié en formation. Les sujets de ce genre sont difficiles à appréhender car chacun a son opinion (l’avis personnel jugeant) et c’est presque toujours violent. Je peux comprendre cela. Pourtant, tous les malades, quels qu’ils soient m’inspirent, de l’empathie.

Le problème, à mon sens, c’est l’amalgame médiatique des situations complexes, un peu trop simplifiées et donc mal comprises car rendues confuses au grand public. La désinformation fait vraiment d’énormes dégâts et alimente la haine.

Depuis qu’il est petit, je répète inlassablement à mon fils que son corps lui appartient, que personne n’a le droit d’y toucher. Dès lors qu’il a su se laver seul, ce fut plus simple de lui expliquer que même moi je n’avais pas à insister sur les zones érogènes. Évidemment je lui ai expliqué avec des termes simples et à sa portée de compréhension. J’ai utilisé des mots plus accessibles : « ton zizi il est à toi. Personne ne peut t’obliger à le montrer, à le faire toucher. Ni papa ni maman. Ni qui que ce soit. Même si tu as confiance » etc.

J’ignore si cela suffit à l’alerter du danger et s’il se méfie à bon escient des adultes « déviants ». Il est grand mais est-il à l’abri. Il est plus informé que lorsqu’il était petit car les précisions sont arrivées en fonction de son âge. @jout : l’aîné est proche de la majorité. C’est au tour de son petit frère d’être sensibilisé.

Voici en liens, ce que j’ai trouvé sur le net pour envisager des pistes qui conviendraient éventuellement à chacun, car je ne détiens aucune réponse :

 Pour élargir le thème sur le harcèlement, sous toutes ses formes, l’actualité est propice et même si cela semble choquant, je fais partie de celles et ceux qui sont soulagés que l’abcès CRÈVE. Il sera nécessaire que de vraies dispositions soient prises, face à cet océan de témoignages #moiaussi #balancetonagresseur et autres hashtags qui inondent les réseaux sociaux.

L’enfant est un individu influençable et fragile. L’adulte a pour rôle de le protéger, des malades et des pervers, sans distinction.

L’éducation fait partie des étapes incontournables pour sensibiliser les enfants à ce fléau qu’est le harcèlement. Au quotidien, il y a quantité d’événements qui permettent d’illustrer nos propos. ça peut commencer par répéter inlassablement que le chat ou autre animal est un être vivant, qu’il n’a en aucun cas à supporter que sa queue soit tirée, qu’il soit embêté surtout quand il montre des signes d’énervement et qu’il griffe ou mord en retour. Répéter et agir en conséquences en éloignant l’enfant de l’animal. Il n’y a rien de banal à laisser un enfant « jouer » avec un animal qui montre que ça suffit !
C’est primordial de signifier à un enfant qu’un autre enfant qui recule, qui s’éloigne, qui dit stop ou qui pleure, n’a plus envie. Une fois j’ai perdu mon sang froid en EAJE. Une petite fille pleurait fort et trois garçons étaient sur elle, littéralement allongés en rigolant. Même si une collègue était là, j’ai agis avec mes tripes. Ma voix est montée de deux crans. Je les ai enlevé un par un, (sans brutalité, je précise) et j’ai dit assez fort « elle vous a dit NON !!!!! ». J’ai expliqué à chacun, une fois mon calme revenu, le pourquoi de ma colère. J’ai rassuré cette enfant, en lui disant qu’elle avait eu raison de pleurer très fort et que si une prochaine fois ça arrivait, qu’elle vienne immédiatement prévenir un adulte. Ces comportements enfantins semblent anodins mais non, ça n’a rien d’amusant, de léger, c’est à prendre en compte et c’est vital de mettre des mots dessus, d’expliquer pourquoi c’est interdit d’insister quand l’autre refuse (même en ne disant rien).
C’est un vaste sujet et j’avoue que je suis trop touchée pour en parler sereinement. Ce flot de témoignages est bouleversant.

Diète médiatique

(De la difficulté de prendre de la distance et de la conserver)

 …ou comment se protéger des faits divers sordides et comprendre ces phénomènes :

Pour avancer dans la vie et dans mes projets professionnels et personnels je tiens une résolution depuis plusieurs mois. C’est épatant, d’ailleurs, car c’est rare que je tienne si longtemps et c’est bien parti pour durer. Il s’agit d’une diète médiatique. Le principe (très avantageux) est simplissime : je choisis les informations dont je veux prendre connaissance. C’est un immense soulagement. Franchement, je revis !

Certaines atrocités arrivent à mes oreilles, on ne peut arrêter les conversations des gens autour de soi. J’évite de me focaliser sur ce que j’entends. Tout esquiver c’est autre chose, notamment sur les réseaux sociaux. Mais ça filtre suffisamment et j’en suis vraiment satisfaite. C’est un choix.

Professionnellement, je ne me sens pas incomplète, peut-être un peu hors du temps, (sensation très agréable). Je me concentre sur ce qui est constructif et positif. On entend de nombreux peuples réclamer le changement mais il ne tombera pas tout cuit dans nos assiettes. Pour ceux qui ne connaissent pas voici une parole de Gandhi à méditer :

“Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde.”

 Et il était bien placé pour le dire et le proposer car il en a fait l’expérience et il partait de loin, étant un homme violent.

 

 

Personnellement, je ne m’encombre plus d’événements auxquels je ne peux rien. J’ai suffisamment à faire avec mon entourage et moi-même ! La misère du monde existe, je ne la nie pas, elle ne m’indiffère pas et je travaille en partie contre elle, à ma petite échelle. En savoir trop, ne fera jamais de moi une meilleure personne, ni une meilleure éducatrice de jeunes enfants.

Si j’écris ce billet, c’est parce que j’ai fini par prendre connaissance d’une énième tragédie infanticide, via un réseau social. J’ai voulu lire les commentaires, suite à un lien posté sur une page. Souvent ce qui m’intéresse c’est d’abord ce que les gens en pensent, même si c’est régulièrement le même refrain. Mal m’en a pris, j’ai réagi. L’horreur des commentaires concernant l’infanticide est à la hauteur du fait divers. C’est sans surprises. Depuis toujours, les médias nourrissent les lecteurs, les téléspectateurs, les internautes de sensationnel que ce soit monstrueux ou hallucinant.

Je prends, en général, le parti de ne pas remuer tout ce tas de fumier nouvelles et encore moins de les diffuser.

J’ai bien conscience qu’on est inégaux devant les écrans, les magazines, les journaux quand on apprend des abominations. Alors, j’ai choisi de m’en protéger car dans le social, on est surexposé. Ce que l’on voit et entend suffit largement, c’est souvent trop. L’idéal c’est de pouvoir évacuer sainement pour rester opérationnel.  Chacun a le droit de  réagir en fonction de son vécu, sa sensibilité et sa tolérance. Sauf que, à mon sens, le faire en public (hors de lieux prévus à cet effet : en analyse de pratique pour les professionnels, voire chez des spécialistes, ou mieux, chez soi, entre adultes.) A l’abri derrière son écran, c’est réellement improductif et puis ça véhicule le mépris, la haine et la violence…tout ce contre quoi on ferait mieux de se battre. C’est loin d’être cohérent.

Pourtant, depuis les origines de l’Humanité, on a constaté que les émotions négatives comme la colère, incontrôlée et incontrôlable, entraîne son lot de conséquences, à moins d’être sacrément zen.

C’était un billet un peu éloigné du thème de ce site me direz-vous ? Si peu.

L’infanticide, le déni de grossesse, pour en revenir à ce qui a déclenché mon « inspiration », sont une profonde préoccupation en lien avec la petite enfance.

Sur les réseaux sociaux, tous ces faits divers réveillent les plus bas instincts haineux et primitifs.

Voici un lien pour aller plus loin dans la réflexion :  L’irrésistible attraction du fait divers par Daniel Salles

Sujet convexe (en mathématiques =deux notions bien distinctes quoique apparentées) : le burn-out maternel/paternel :

La difficulté maternelle, paternelle est depuis récemment mise à découvert et pourtant c’est loin de générer de l’empathie.