Harjès devient Harpèges

Suite au probable 100ème féminicide de l’année 2019, le sort de la femme victime de violences a été mis sous le feu des projecteurs et a vivement fait réagir l’opinion publique. Salomé, 21 ans est décédée sous les coups de son petit ami, en août dernier.

Tous les matins je passe devant l’atelier de sculptures de sa mère dans le centre historique de Grasse, pour me rendre au travail à Harjès. En résumé, c’est une association qui regroupe un centre social, un pôle juridique d’aide aux victimes, entre autres, et un pôle hébergement qui accueille des femmes isolées, avec ou sans enfants, souvent victimes de violences conjugales et/ou intrafamiliales.

Je suis EJE au sein du pôle hébergement depuis juin 2018. L’association a fusionné tout récemment avec une autre association grassoise, le Centre Maternel et Infantile, reconnue d’utilité publique et se nomme aujourd’hui Harpèges, les accords solidaires. Quand j’ai vu le nouveau nom à la réunion de présentation, j’ai tout de suite pensé aux accords Toltèques, les couleurs, le slogan, le style.

Je peux parler d’Harjès avec un recul de seulement 18 mois et j’y achève ma mission en même temps que se termine l’année 2019. Harpèges ne fera pas partie de mon aventure professionnelle. Pour les curieux, un site internet verra le jour, début 2020 : www.harpeges.fr

Le Kiosque de la ville de Grasse a publié une double page de cette fusion- événement, célébrée presque comme un mariage, qui mérite l’attention des citoyens de la ville, du département, de la région… Et par extension, pour servir de modèle, la France entière peut s’inspirer du travail effectué au sein d’Harpèges, les accords solidaires…Ne serait-ce que pour honorer le Grenelle des violences conjugales qui s’est achevé le 25 novembre dernier.

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Je pense que c’est l’aventure humaine et professionnelle la plus intense, de part sa durée et ses particularités, que j’ai pu vivre jusqu’à présent. Les rencontres et les situations, qu’elles se situent du côté des collègues ou du côté des résidentes, sont d’une richesse qui dépasse ce que j’aurai pu imaginer du genre humain…Je suis souvent ébranlée. C’est difficile de rester professionnelle quand les émotions peuvent me gagner parfois quotidiennement.

Les raisons de mon départ sont variées, la plus simple est la fin du CDD…Mais honnêtement, je ne suis pas prête pour l’ampleur de la tâche demandée. Je manque trop de confiance en moi. Je ne me sens pas du tout à la hauteur. Je sais surtout répondre aux besoins des « usagers » mais rarement aux attentes de la direction.

Je remercie tous les salariés d’Harpèges, avec lesquels j’ai parcouru un bout de chemin, que je ne suis pas prête d’oublier !! Mention très spéciale aux collègues de l’étage logement !!! Clin d’œil à celle du centre social avec qui j’ai fait un combat de sumo au parc Phoenix !! Cette association est remplie de belles personnes et de beaux projets. Comme partout, il y a des hauts et des bas, mais vraiment le proverbe qui dit que « seul on va plus vite et ensemble on va plus loin », s’y vérifie la plupart du temps.


Lectures 7. Philosophie et essai politique

Ce mois-ci j’ai beaucoup lu pour moi. C’est une période estivale propice aux lectures légères mais pas que.

Je vous partage un coup de cœur qui a peu à voir avec la petite enfance, sauf le personnage principal   : une sorte de « petit prince » du 21ème siècle. J’ai trouvé ce livre apaisant et puissant.

Extrait :

"Je méditai un temps leurs paroles 
avant de murmurer :"Ainsi, dans 
le pays des hommes, certains 
décident pour d'autres de la 
conduite à suivre. 
Ça veut dire que ces autres
ne sont pas capables de 
se diriger eux mêmes."(p.66)

 

La lecture, petite enfance, du mois est un essai politique, d’une pertinence saisissante. Je découvre cet auteur avec gratitude. Jesper Juul est un grand monsieur et sûrement une belle personne. Peut-être qu’un jour la France s’en inspirera et par extension le monde entier…on peut rêver.

Pour répondre à la question du titre, je crierai un grand oui !! Est-ce bien le cas de tous nos politiques ? Se poser la question est légitime. Nous sommes finalement loin d’être soutenus dans cette démarche…que nous soyons professionnels du secteur médical, social ou petite enfance. Ce serait du déni de ne pas s’en rendre compte. A réfléchir sérieusement et rapidement, afin de passer à l’action.

Voulons-nous vraiment des enfants forts et en bonne santé ?

Extrait de la critique de culturemania :

"Le message de Jesper Juul 
(qui n'a rien à voir avec le rappeur,
non, non, non...)est clair : 
aujourd’hui le modèle éducatif, 
qu’il soit dans les foyers 
ou dans les écoles de l’état, 
ne permet pas aux enfants 
d’avoir une estime de soi 
assez solide pour être heureux 
et en bonne santé, et donc 
de construire une société
à cette image. Il rappelle
que le système scolaire  a été
pensé il y a des années et des
années et qu’il n’est plus
du tout adapté ni aux connaissances
que nous avons du développement
des enfants, ni à leur soif 
innée d’apprendre, 
ni au monde que beaucoup
d’entre nous veulent construire. 
Il dénonce les états d’Europe qui 
n’ont toujours par compris 
le lien entre la façon dont
la société traite
les enfants et le taux de
maladies psychosociales
en constante augmentation. 
Il souligne que ces mêmes états
s’inquiètent de la hausse 
des coûts de la santé et
des affaires sociales alors même
qu’ils ne prennent pas conscience
que ces coûts seraient 
ô combien diminués
si l’éducation, l’école et 
la prévention étaient de bonne qualité.

Je garde le contenu de ces deux lectures dans ma tête et mon cœur en étant sûre que ma pratique s’en imprègne déjà.  Je me contente de partager mes ressentis après lecture. Si ça donne envie, tant mieux.

Quelques passages :

Belles lectures d’été à toutes ET tous ! (Je vous épargne l’écriture inclusive, ça m’est illisible.)

Les écrans avant 3 ans ?

Quand je ne savais pas, c’est à dire en 2000, fin du 19ème siècle, et bien sans réfléchir ou par excès de confiance, mon fils aîné a utilisé le téléphone mobile.  Pour entendre les amis au loin, la famille, ses grands-parents, dont un qui vit à 10000km…voilà je ne savais pas et comment aurais-je pu m’en douter ? Je n’y connais rien.

Merci, il se porte bien. Rien à signaler de dramatique. A l’époque le mobile-phone ne faisait ni appareil photo, ni grille-pain ou bouilloire (private joke), il était utilisé juste pour dire « bonjour, tout va bien et blablabla ».

Puis, j’ai lu diverses informations, en voici un éloquent résumé :

-Téléphone portable, Wi-Fi – Ondes : la vérité est-elle ailleurs ?

-Les ondes

 

Ni une ni deux, j’ai éteint le plus possible le-dit objet. On a remplacé le wifi par du filaire…sans certitudes que ce soit mieux ou non.

Pendant ma seconde grossesse, j’ai éloigné le plus possible le téléphone, pareil depuis la naissance. Mais est-ce que cela suffit ? Les ondes sont partout, même dans la cuisine quand le micro-ondes fonctionne.

Je lutte mais parfois je tape quand même des sms près de bébé, je navigue sur FB quand l’ordi n’est pas disponible…

Cette génération sera ce qu’elle sera. C’est fou de se dire qu’on ne sait pas ce qui les attend et quand on le saura, il sera peut-être trop tard. C’est vraiment exaspérant et flippant.

alice

Alice au pays des merveilles, le dessin animé le plus déjanté de l’époque…

En attendant, en agissant,… bref, pour le moment, le principe de précaution, me semble une alternative raisonnable. En tous cas, on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas.

bééé

source : google

Mais rassurons-nous  :

théorie

source : google images

Si c’est utile de le préciser : en EAJE, je trouve que c’est normal que les téléphones soient interdits à proximité des enfants… c’est au-delà du bon sens.